Norris et Bearman ne sont pas convaincus par les modifications pour les qualifications
"Cela nous rend plus lents !" selon le pilote Haas F1
L’ajustement de dernière minute décidé par la FIA sur la gestion de l’énergie en qualifications à Suzuka a fait débat dans le paddock lors des conférences de presse des pilotes aujourd’hui. Si l’objectif affiché est de réduire les phases de lift and coast, la mesure est loin de faire l’unanimité, certains pilotes craignant même un effet inverse.
Ce jeudi matin, la FIA a officialisé une réduction de l’énergie maximale récupérable en qualifications, passée de 9 à 8 mégajoules. Une décision destinée à limiter les pratiques devenues emblématiques de cette nouvelle ère hybride, notamment le lift and coast et le super clipping.
Avec la réglementation 2026, reposant sur un équilibre 50/50 entre puissance thermique et électrique, les pilotes sont contraints de gérer finement leur énergie. Résultat : ils ne peuvent plus rouler à pleine charge sur l’ensemble d’un tour, devant lever le pied dans des zones autrefois parcourues à fond.
Dans son communiqué, la FIA explique vouloir garantir l’équilibre entre le déploiement de l’énergie et la performance du pilote. Mais sur le terrain, les réactions restent mitigées.
Le plus direct dans ses propos est Oliver Bearman, pilote Haas, qui voit dans cette mesure un compromis peu convaincant.
"Cela nous rend simplement encore plus lents."
"D’un côté, nous n’avons plus besoin de faire de lift and coast, ce qui est probablement un peu mieux pour nous, mais nous devons toujours recharger l’énergie."
"Et nous passons beaucoup de temps sans énergie, car nous perdons un mégajoule par rapport à ce que nous avions en simulation."
Le Britannique estime que d’autres solutions auraient pu être envisagées.
"Je pense qu’il existe de meilleures façons d’obtenir le même résultat. Si nous pouvions récupérer de l’énergie à 350 kW tout en restant à pleine charge, cela simplifierait la vie de tout le monde. Mais bon, c’est aussi une solution, j’imagine."
Champion du monde en titre, Lando Norris préfère attendre de tester cette évolution en piste avant de trancher.
"C’est différent. Je dois d’abord aller rouler avec pour me faire une idée."
"Je pense que cela va supprimer certains aspects et en modifier d’autres. Sur certains circuits, cela fonctionnera très bien ; sur d’autres, cela ne changera pas grand-chose."
"Cela devrait être un peu mieux ici. Ce n’est pas comme si cela allait tout changer, mais honnêtement, je dois d’abord rouler pour comprendre."
La question se pose alors : un circuit aussi emblématique que Suzuka peut-il perdre de son caractère avec ces nouvelles contraintes énergétiques ?
Norris se veut rassurant, tout en reconnaissant un possible impact.
"On ne peut jamais gâcher ce circuit. Je ne pense pas que ce soit possible. Est-ce que ce sera aussi spectaculaire ? Je ne pense pas. Mais cela restera un circuit incroyable à piloter."
Le Britannique évoque notamment certaines courbes rapides, comme Spoon, où l’approche pourrait changer.
"Il y aura des endroits où ce sera moins spectaculaire… Vous allez commencer à ‘clipper’ dans Spoon. L’an dernier, on n’avait même pas besoin de freiner à l’entrée…"
Dans un échange taquin avec Bearman, Norris ajoute : "Degner 1, même pas un vrai lever de pied, ce genre de choses…"
Avant de conclure : "Ce sera différent. Peut-être que certaines sections seront moins impressionnantes qu’avant, mais cela restera très sympa à piloter en qualifications."
Bearman partage cette inquiétude, pointant directement les virages emblématiques du tracé japonais.
"Je pense que certains des meilleurs aspects de ce circuit pourraient être moins impressionnants cette année, simplement à cause des contraintes énergétiques."
Il cite notamment Degner 1 et Spoon, où la gestion d’énergie pourrait primer sur l’attaque : "Nous devons recharger dans ces virages, et cela change complètement leur nature."
Plus globalement, il souligne un double facteur pénalisant : "Nous avons aussi perdu beaucoup d’appui par rapport à l’an dernier."
Une combinaison qui pourrait transformer certains virages rapides en sections limitées par la puissance plutôt que par l’adhérence.
"Degner pourrait ne plus être un virage limité par le grip, mais par la puissance - ce qui est un peu dommage."
"Voyons ce que cela donnera une fois en piste."
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