Pluie, froid et pneus critiqués : le cocktail explosif qui inquiète pour la course à Montréal

Pirelli sous pression avant un probable chaos annoncé s’il pleut

Pluie, froid et pneus critiqués : le cocktail explosif qui inquiète pour la course à Montréal
Auteur : Franck Drui
24 mai 2026 - 10:15

L’arrivée de Dario Marrafuschi à la tête des opérations F1 de Pirelli intervient dans un contexte particulièrement tendu pour le manufacturier italien. À Montréal, où la pluie menace le Grand Prix du Canada, les inquiétudes autour du comportement des pneus pluie avec les monoplaces 2026 se multiplient dans le paddock. Entre critiques des pilotes, difficultés de mise en température et interrogations sur l’évolution rapide des voitures, Pirelli se retrouve déjà sous pression pour améliorer ses pneus alors qu’il n’y a pas encore eu une seule course sous la pluie !

Mario Isola a quitté son rôle opérationnel de premier plan chez Pirelli, laissant désormais Marrafuschi superviser les activités du manufacturier en F1. Une transition délicate alors que les équipes et les pilotes expriment ouvertement leurs doutes sur les pneumatiques pluie développés pour la réglementation technique 2026.

À Montréal, la menace d’une course disputée dans des conditions humides a ravivé les critiques. Les pilotes craignent notamment que les pneus pluie peinent à fonctionner correctement avec les températures basses attendues dimanche sur le Circuit Gilles Villeneuve.

George Russell a reconnu après sa pole position hier que les préoccupations étaient largement partagées dans le paddock.

"Comme il n’y a pas encore eu de courses sur piste mouillée, la FIA a décidé de réduire la puissance de la batterie de 350 à 250 kilowatts. On a toujours des centaines de chevaux sous le pied, nous pouvons le gérer. Mais je pense que tout le monde parle des pneus. Les pilotes ne pensent pas que les pneus soient suffisamment bons," a expliqué le pilote Mercedes. "Ces pneus semblent seulement fonctionner lorsqu’ils ont suffisamment de température. C’est en tout cas ce que Lewis a découvert lors de ses tests à Fiorano je crois (à lire ici, ndlr)."

Le Britannique a également insisté sur les difficultés attendues avec des températures ambiantes très basses : "Avec seulement 12 ou 13 degrés en course, cela va être vraiment compliqué."

"Ce sera très difficile d’assouplir la gomme pour obtenir l’adhérence nécessaire. Mais en réalité, c’est pareil pour tout le monde. Ce sera risqué. Ce sera un vrai défi. Ce ne sera probablement pas très agréable, mais ça fait partie du jeu et je suis impatient de relever ce défi."

Même son de cloche du côté de Fernando Alonso, qui redoute une course particulièrement piégeuse dans ces conditions. "C’est déjà un circuit avec très peu d’adhérence sur le sec, donc je pense que ce sera un défi pour tout le monde de simplement terminer la course," a averti le pilote Aston Martin.

Isack Hadjar, qui a participé plus tôt cette année aux essais pluie de Pirelli, s’est montré encore plus critique à l’égard des pneumatiques italiens.

"Je ne pense pas que ces pneus soient conçus pour une course avec 22 voitures," a lâché le pilote Red Bull. "Il n’y a pas d’adhérence et il est très difficile d’atteindre la bonne fenêtre de température."

Au-delà des inquiétudes liées à la pluie, Pirelli doit également surveiller l’évolution extrêmement rapide des monoplaces. Les équipes continuent d’introduire des évolutions majeures et les charges générées par les voitures augmentent sensiblement à chaque Grand Prix.

Présent à Montréal, l’ingénieur Pirelli Simone Berra a confirmé que le manufacturier suivait la situation de très près.

"Nous sommes vraiment concentrés sur les prochaine courses," a-t-il indiqué. "Nous surveillons la situation."

Selon Berra, le très exigeant circuit de Barcelone constituera un premier véritable point de référence pour mesurer l’évolution des performances des nouvelles F1.

"Pour le moment, nous sommes encore dans le flou," a-t-il reconnu. "Il y a déjà eu une étape importante ici pour les évolutions et je pense qu’il y en aura une autre à Barcelone."

L’Italien a également tenu à démentir les rumeurs selon lesquelles Pirelli pousserait en interne pour une réduction de l’appui aérodynamique dans le cadre des règles 2027 afin de limiter les contraintes sur les pneus.

"Honnêtement, je peux dire que nous, et moi personnellement, n’avons pas poussé pour une réduction de l’appui," a insisté Berra.

Reste que les débats déjà engagés autour d’éventuelles modifications moteur, châssis et aérodynamiques pour 2027 pourraient forcer Pirelli à réagir.

"Nous devons définir des objectifs très rapidement et réagir vite après ces premières courses. Si quelque chose doit changer, nous devrons simuler ces changements lors des prochains essais privés."


Debriefing du Grand Prix du Canada de F1

Notre debriefing habituel post GP se déroulera lundi soir à 20h30 sur notre chaine Twitch. N’hésitez pas à vous abonner !

Comment suivre au mieux l’actualité de notre site ?

Vous appréciez nos actus ? Alors sélectionnez Nextgen-Auto.com comme source privilégiée sur Google, pour voir davantage de news F1 de ce site dans vos résultats d’actualités. Vous ne manquerez plus aucune information et serez parmi les premiers à lire nos interviews et analyses.

S’abonner est simple : il vous suffit de cliquer sur ce lien et de cocher les sources Nextgen-Auto.com.

Vous pouvez aussi vous abonner à notre chaîne WhatsApp Nextgen-Auto.com pour recevoir en temps réel les "breaking news" et quelques informations exclusives avant leur publication !

Nous suivre sur notre Profil Google afin que nos news vous soient présentées en priorité dans votre fil d’informations sur votre smartphone ! Il suffit de cliquer sur "Suivre sur Google".


Partage

xpb_1410766_hires.jpg