Mercedes F1 ciblée : Russell dénonce une tentative de freinage politique

L’affaire de l’aileron avant attise les tensions

Auteur : Franck Drui
26 mars 2026 - 09:17
Mercedes F1 ciblée : Russell dénonce une tentative de freinage politique

George Russell n’a pas mâché ses mots à Suzuka. Le pilote Mercedes F1 estime qu’il est "injuste" de voir ses rivaux tenter de freiner l’élan des Flèches d’Argent, alors que l’équipe allemande est sous le feu des critiques concernant le comportement de son aileron avant.

Depuis le Grand Prix de Chine, remporté par Kimi Antonelli, les images de la monoplace Mercedes ont suscité l’attention. L’aileron avant y apparaissait totalement à plat en ligne droite, avant de passer par une position intermédiaire au freinage, sans se refermer immédiatement.

Un comportement en apparente contradiction avec le règlement technique, qui impose une transition maximale de 0,4 seconde entre les deux états des ailerons dans le cadre du « Straight Line Mode ».

Face aux interrogations, la FIA a ouvert des discussions avec Mercedes. L’écurie affirme qu’il ne s’agit pas d’un dispositif intentionnel, mais d’un effet lié aux forces aérodynamiques. Un problème apparemment réglé, comme nous vous le rapportions ce matin ici.

Leader du championnat avec quatre points d’avance sur Antonelli, Russell a tenu à clarifier la situation.

"Ce n’était pas intentionnel, et ce n’est certainement pas un avantage."

"C’est en fait un problème, donc quelque chose que nous essayons de résoudre. Ce n’est pas une solution simple, mais il n’y a clairement aucun avantage, car lorsque nous freinons, l’aileron avant est encore ouvert."

"Kimi a eu un blocage de roues [en fin de course]. Je pense que cela a été influencé par l’aileron avant, donc ce n’est clairement pas intentionnel."

Dans ce contexte, Russell regrette l’attitude de certaines équipes concurrentes, alors que Mercedes a remporté les deux premières courses de la saison, lui-même et Antonelli ayant chacun signé une victoire après avoir résisté aux attaques initiales de Ferrari.

Le directeur de l’équipe, Toto Wolff, avait déjà évoqué des "couteaux politiques" visant Mercedes, notamment après que Charles Leclerc et Lewis Hamilton ont reconnu l’écart de performance avec la W17.

"C’est comme ça que fonctionne le sport, pour être honnête. Ça a toujours été le cas," poursuit Russell.

"Nous avons travaillé très dur pour en arriver là, et la meilleure équipe doit gagner. Nous avons connu quatre années difficiles. D’autres équipes ont dominé pendant cette période."

"Maintenant que nous sommes de retour au sommet, je ne pense pas que ce soit juste que tout le monde essaie de nous ralentir, surtout après seulement deux courses."

Un avantage réel… mais fragile

Le Britannique reconnaît toutefois que Mercedes bénéficie actuellement d’un avantage, tout en appelant à la prudence.

"La saison est longue, les choses vont évoluer. Nous avons déjà vu que Red Bull est en surpoids, et d’après ce qui a été rapporté la semaine dernière, McLaren n’a pas encore apporté d’évolution et roule toujours avec son package de Bahreïn."

"Nous avons un avantage actuellement, mais nous avons simplement très bien débuté la saison. Nous espérons que cela continuera."

En parallèle, la FIA a introduit une modification pour les qualifications à Suzuka, réduisant l’énergie récupérable de 9 à 8 mégajoules, afin de limiter le « superclipping » et permettre une approche plus naturelle des virages.

Une évolution validée à l’unanimité par les cinq motoristes - Mercedes, Ferrari, Red Bull-Ford, Audi et Honda - mais que Russell relativise.

"Ce n’est qu’un petit détail. Cela ne change rien. Vous pouvez récupérer moins d’énergie, donc vous devez être un peu plus malin dans son utilisation. L’idée est que nous serons peut-être un peu plus lents au milieu de la ligne droite, mais légèrement plus rapides à la fin."

"C’est un ajustement mineur. Je n’ai pas encore vu les données comparatives avec le simulateur, donc je ne sais pas exactement."

Enfin, Russell rappelle que la hiérarchie pourrait évoluer grâce aux mécanismes de développement prévus par le règlement, notamment les périodes d’ADUO (Additional Development and Upgrade Opportunities).

Ces fenêtres permettent aux motoristes en retrait — à plus de 2 % du meilleur moteur thermique — de bénéficier d’opportunités de développement supplémentaires. La première est prévue après la sixième manche, à Monaco, bien que le calendrier puisse évoluer après les annulations de Bahreïn et d’Arabie saoudite.

"Dans ce contexte, la bataille est loin d’être figée, croyez-moi !" conclut Russell.


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