Officiel : la F1 annule les Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie saoudite
Sans course de remplacement, le championnat 2026 retombe à 22 GP
L’annulation des Grand Prix de Bahreïn de Formule 1 et du Grand Prix d’Arabie saoudite de Formule 1 est désormais actée de manière officielle. La décision a été prise en concertation avec les équipes et les pilotes après plusieurs jours d’évaluation de la situation sécuritaire au Moyen-Orient.
Les deux épreuves étaient devenues incertaines depuis le début des hostilités dans la région du Golfe le 28 février, à la suite de frappes conjointes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran.
Depuis lors, la Fédération Internationale de l’Automobile et la FOM suivaient de près l’évolution de la situation en coopération avec les promoteurs et les autorités locales de Bahreïn et de Djeddah.
Aucune course de remplacement n’est prévue pour combler ces deux annulations. Le calendrier du championnat du monde de Formule 1 2026 passe donc de 24 à 22 Grands Prix. L’organisation d’épreuves à Portimão (Portugal), Imola (Italie) ou Istanbul (Turquie) a été envisagée.
Cependant, il a été admis que le délai d’organisation était trop court dans chacun de ces lieux et que les chances d’obtenir une rémunération pour le prix du plateau étaient minimes.
Cette décision laisse un intervalle de quatre week-ends sans course entre le Grand Prix du Japon fin mars et celui de Miami début mai. A noter que le communiqué officiel parle simplement du fait qu’ils "ne se tiendront pas en avril", mais il n’y a pas de report prévu non plus. Il s’agit certainement là de points contractuels à régler.
Si la sécurité des équipes et du personnel reste évidemment la priorité, l’annulation d’une course de Formule 1 implique toujours des considérations commerciales complexes. Les promoteurs saoudiens étaient notamment très désireux de maintenir leur événement si cela avait été possible.
Mais l’absence d’amélioration de la situation dans la région, combinée aux perturbations persistantes du trafic aérien, a finalement conduit à une décision rapide afin de permettre aux équipes et aux partenaires d’organiser la logistique. Des milliers de vols et de réservations d’hôtel doivent ainsi être annulés ou modifiés.
Un casse-tête logistique pour la F1
Un facteur déterminant était le calendrier du fret. Le matériel de Formule 1 devait quitter le Japon après la course de Suzuka pour rejoindre Bahreïn, puis Djeddah.
Ce fret sera finalement redirigé directement vers les États-Unis pour le Grand Prix de Miami, une opération logistique de grande ampleur.
Compte tenu de la pause de quatre semaines, des discussions sont en cours pour savoir si le matériel sera envoyé directement en Floride ou s’il fera une escale dans un centre de stockage climatisé avant la prochaine course.
Les équipes disposent également d’une autre option : rapatrier leurs châssis en Europe pour effectuer des travaux dans leurs usines avant de les expédier vers Miami. Une telle opération entrerait toutefois dans le cadre du plafond budgétaire.
Les catégories juniors également touchées
La situation est également complexe pour les championnats supports. Le fret de la Formule 2 et de la Formule 3 se trouve encore à Melbourne.
Les deux catégories devaient courir à Bahreïn, tandis que la F2 devait ensuite se rendre à Djeddah. Il n’est pas encore confirmé si ces courses seront reprogrammées, mais cela reste probable compte tenu des implications contractuelles : les pilotes ont notamment payé pour une saison complète.
Autre complication pour les équipes de F1 : une partie importante du matériel maritime se trouve toujours à Sakhir, sur le site du circuit de Bahreïn, où les essais hivernaux ont eu lieu et où les garages sont restés entièrement installés.
Certains acteurs ont laissé encore plus d’équipement sur place. Pirelli, McLaren et Mercedes F1 étaient restés à Bahreïn pour un test pneumatique finalement annulé lorsque les hostilités ont commencé.
Du matériel maritime se trouve également déjà à Djeddah, mais celui-ci est encore dans des caisses, ce qui pourrait faciliter son redéploiement vers une autre destination.
Habituellement, les équipes disposent de plusieurs jeux de fret maritime qui circulent autour du monde en alternance. Chez Ferrari il y en a 6 par exemple, tous identiques. Les équipes doivent donc désormais réorganiser entièrement ces rotations logistiques pour les courses qui devaient initialement être desservies par les lots bloqués au Moyen-Orient.
L’annulation des deux Grands Prix offre toutefois un avantage inattendu aux équipes : un mois complet à l’usine pour analyser les données des trois premières courses de la saison.
Les pilotes disposeront également de davantage de temps pour travailler au simulateur... et se ressourcer après deux mois intenses.
Les programmes de développement devront cependant être ajustés : certaines évolutions initialement prévues pour Bahreïn et Djeddah seront désormais introduites seulement à Miami.
La suppression de deux courses modifie aussi le calendrier technique du championnat. Le changement réglementaire concernant le test du taux de compression moteur prévu le 1er juin à Monaco interviendra désormais après cinq courses seulement, et non plus après sept.
Dans le paddock, les directeurs d’équipe ont jusqu’ici évité de commenter en détail la situation à Bahreïn et à Djeddah. La plupart se sont contentés d’exprimer leur confiance envers la FIA et la F1 pour prendre les décisions appropriées.
Une chose est désormais certaine : la saison 2026 de Formule 1 se poursuivra avec un calendrier réduit à 22 courses, et un début de championnat déjà profondément bouleversé par les événements géopolitiques.
Les promoteurs comprennent cette décision
Même si la guerre se calme dans l’année, on imagine difficilement que ces courses trouvent leur place dans une fin de championnat qui comporte deux triplés de courses sur sept semaines pour terminer la saison.
A noter que la F2, la F3 et la F1 Academy, qui avaient des manches prévues sur ces week-ends, voient aussi leurs calendriers amputés de ces courses, et aucun remplacement n’est prévu non plus pour les formules de promotion.
Stefano Domenicali, PDG de la Formule 1, a justifié cette décision : "Bien que ce fût une décision difficile à prendre, c’est malheureusement la bonne à ce stade, compte tenu de la situation actuelle au Moyen-Orient."
"Je tiens à saisir cette occasion pour remercier la FIA ainsi que nos incroyables promoteurs pour leur soutien et leur totale compréhension, alors qu’ils se réjouissaient de nous accueillir avec leur énergie et leur passion habituelles. Nous avons hâte d’être de retour à leurs côtés dès que les circonstances le permettront."
Mohammed Ben Sulayem, Président de la FIA, a lui aussi rappelé l’importance de la sécurité : "La FIA placera toujours la sécurité et le bien-être de notre communauté et de nos collègues au premier plan."
"Après mûre réflexion, nous avons pris cette décision en gardant fermement cette responsabilité à l’esprit. Nous continuons d’espérer le calme, la sécurité et un retour rapide à la stabilité dans la région, et mes pensées vont à tous ceux qui sont touchés par ces événements récents.
"Bahreïn et l’Arabie saoudite sont incroyablement importants pour l’écosystème de notre saison de course, et j’ai hâte de retourner dans ces deux pays dès que les circonstances le permettront. Mes sincères remerciements aux promoteurs, à nos partenaires et à nos collègues de l’ensemble du championnat pour l’approche collaborative et constructive qui a conduit à cette décision."
Le Cheikh Salman bin Isa Al Khalifa, directeur général du Circuit International de Sakhir, comprend parfaitement ce choix de la Formule 1 : "Nous soutenons pleinement la décision de la Formule 1, et nous leur sommes reconnaissants, ainsi qu’à la FIA, pour leur soutien et leur partenariat durable."
"Nous avons hâte d’accueillir à nouveau des fans du monde entier à Bahreïn lors du retour de la F1. Au nom de nous tous au BIC, je profite de cette occasion pour remercier sincèrement tous ceux de la communauté F1 qui ont pris le temps de nous envoyer des messages de soutien."
Le Prince Khalid bin Sultan Al-Abdullah Al-Faisal, Président de la Fédération Saoudienne de l’Automobile et de la Moto (SAMF) et Président de la Saudi Motorsport Company (SMC), est sur la même longueur d’ondes.
"La Fédération Saoudienne de l’Automobile et de la Moto respecte la décision prise par la Formule 1 concernant le calendrier des courses de 2026. Les fans à travers le Royaume se réjouissaient une fois de plus d’accueillir le Grand Prix d’Arabie Saoudite de Formule 1 STC à Djeddah en avril prochain, mais nous comprenons les considérations derrière cette décision et restons en partenariat étroit avec la Formule 1."
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