Officiel : la FIA impose le retour du V8 en F1 malgré certaines réticences

Ben Sulayem prêt à passer en force s’il le faut

Auteur : Franck Drui
3 mai 2026 - 11:26
Officiel : la FIA impose le retour du V8 en F1 malgré certaines réticences

Coup de tonnerre qui sera apprécié par l’énorme majorité des fans de F1. Et s’il y avait bien une décision populaire que le président de la FIA pouvait prendre, c’est bien celle-ci : Mohammed Ben Sulayem a confirmé que la Formule 1 se dirigeait vers un retour aux moteurs V8 au début de la prochaine décennie, marquant un tournant potentiel majeur dans l’orientation technique de la discipline.

Ce sujet, débattu depuis plusieurs mois, a pris de l’ampleur avec l’introduction cette année des nouveaux groupes propulseurs, caractérisés par une répartition à parts égales entre énergie thermique et électrique. Une architecture largement critiquée, tant pour sa complexité que pour son coût.

Ben Sulayem avait déjà exprimé l’an dernier son souhait de voir la F1 revenir à des moteurs V8 ou V10 alimentés par des carburants durables. Une idée initialement rejetée par les motoristes, engagés dans le cycle réglementaire actuel. Mais les mentalités évoluent progressivement, notamment en raison des coûts élevés des unités de puissance actuelles, toujours importants malgré la suppression du MGU-H, ainsi que du poids conséquent lié aux batteries nécessaires à la partie électrique.

Par ailleurs, les constructeurs ne sont plus exclusivement focalisés sur l’électrification de leurs gammes routières, s’ouvrant davantage aux carburants durables. Un contexte qui favorise le retour d’architectures plus simples, comme les V8, utilisés en F1 entre 2006 et 2013 et très appréciés du public.

Interrogé sur ce projet à Miami, Ben Sulayem se montre même catégorique : "Ça arrive. Oh oui, ça arrive. Au final, ce n’est qu’une question de temps."

Il précise également le cadre réglementaire qui pourrait accélérer ce changement : "En 2031, la FIA aura le pouvoir de le faire, sans aucun vote des motoristes. Ce sont les règles."

"Mais l’objectif est plus ambitieux. Nous voulons l’introduire un an plus tôt, ce que tout le monde demande désormais en dehors. Quand vous en parlez aux motoristes, ils disent non, mais ce qui doit arriver arrivera, et le pouvoir reviendra à la FIA."

Au-delà des aspects techniques, le président insiste sur la philosophie de ce retour.

"Ne parlons pas de la partie technique. Parlons de la mission. La mission sera de réduire la complexité, pas comme aujourd’hui. Quand le MGU-H existait, il avait un objectif, mais aucun constructeur n’en a réellement tiré bénéfice dans le monde réel."

"Maintenant, avec seulement le MGU-K, c’est le même moteur. C’est un turbo, un 1,6 litre."

La piste d’un retour aux V10 semble en revanche écartée, faute de pertinence pour les constructeurs.

"Si je demande aux constructeurs actuels s’ils produisent des voitures avec un V10... c’était une époque où beaucoup le faisaient, mais aujourd’hui, non."

Le V8 apparaît ainsi comme la solution privilégiée.

"Le plus populaire et le plus simple à exploiter, c’est le V8. Vous avez le son, moins de complexité, un poids réduit."

Il précise toutefois que cette future génération ne sera pas totalement dépourvue d’hybridation.

"Vous en entendrez parler très bientôt, et ce sera avec une électrification très, très limitée, mais l’essentiel viendra du moteur thermique."

"Ce ne sera pas comme aujourd’hui, avec une répartition 50-50. Il y aura très peu d’énergie électrique."

Ben Sulayem met également en avant la cohérence avec l’industrie automobile.

"Le V8, vous le voyez sur les voitures de route chez Ferrari, Mercedes, Audi, Cadillac. Vous le voyez chez la plupart des constructeurs, et cela permet d’avoir une voiture plus légère."

Quant au calendrier, l’objectif est clairement fixé : "Je vise 2030. Un an avant la maturité des règlements actuels. Cela arrivera."

Enfin, malgré des positions encore partagées, le président se veut confiant quant à l’adhésion des motoristes : "Ils veulent que cela arrive."

Et même en cas de blocage, la décision semble déjà actée : "Mais disons que les constructeurs ne votent pas pour, alors un an plus tard, en 2031, ce sera fait. Ce n’est pas une question de savoir si j’ai besoin de leur soutien. Non, cela se fera. Le V8 arrive."


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