Moteurs F1 de 2027 : un timing déjà critique pour les équipes ?

L’heure tourne, même si les changements semblent faire consensus

Moteurs F1 de 2027 : un timing déjà critique pour les équipes ?
23 mai 2026 - 07:53

La F1 court déjà après la montre pour l’an prochain : nous arrivons presque à l’été, et le règlement moteur ajusté pour l’an prochain n’est toujours pas fixé. Si la F1 envisage bien une nouvelle répartition 60 % / 40 % entre le thermique et l’électrique, afin de donner un côté moins artificiel aux Grands Prix, ce changement n’a pas été encore entériné dans le marbre. Or c’est maintenant que les V6 futurs doivent être développés ! Voilà qui plonge le paddock dans une situation d’incertitude…

Y a-t-il une équipe qui bloque en particulier les changements ? Peut-être Mercedes ? Ou Audi ? Les patrons ont été interrogés quoi qu’il en soit sur ce sujet central et capital.

Pour Red Bull Powertrains, Laurent Mekies a clairement dit qu’il était en faveur des changements proposés par la F1 : ce n’est donc pas Red Bull qui bloque…

« Nous soutenons toute démarche que le sport souhaite entreprendre pour se rapprocher de qualifications et de courses à fond. En tant que Red Bull Ford Powertrains, nous soutenons très certainement ce changement. Vous ne trouverez personne à l’aise avec l’idée de changer les choses si tard pour l’année prochaine, et c’est pourquoi il y a tant de discussions. Mais nous sommes assurément ravis de sortir de cette zone de confort pour le bien de la discipline et pour mettre quelque chose en place pour 2027. »

« Y a-t-il un sentiment d’unanimité ? Forcément, comme ce sont des conversations qui nous sortent tous de notre zone de confort, cela demande pas mal de débats. C’est un travail en cours, et j’ai confiance dans le fait que nous arriverons au bon résultat. »

Si Laurent Mekies est pour ce changement de règlement, c’est aussi parce que Max Verstappen s’est dit satisfait par ces nouveautés… cela semble même un impératif pour pouvoir le conserver en F1 l’an prochain.

« Je suis certain que vous lui avez posé la question directement » poursuit Laurent Mekies. « Mais Max se soucie du sport, et la raison pour laquelle il s’exprime autant est qu’il tient sincèrement à ce que la Formule 1 reste le sommet du sport automobile. Il veut voir, comme la plupart d’entre vous j’en suis sûr, des qualifications à fond. Il veut voir les pilotes les plus rapides capables d’attaquer aussi fort qu’ils le souhaitent dans les virages sans perdre de temps au tour à cause de cela. »

« Et il a été écouté, comme vous l’avez dit. Il y a eu une fantastique ouverture d’esprit de la part des parties prenantes, de la FIA, de la F1 et de toutes les équipes pour dire : "Oui, nous devons faire quelque chose". Par conséquent, je suis sûr que cela a été encourageant pour lui et pour nous tous de voir que nous sommes tous prêts à prendre des mesures pour régler cela, et je pense que c’est important pour notre sport. »

Si la F1 passe en 60/40, cela nécessitera de gros changements à faire en peu de temps : débit de carburant, taille du réservoir, exploitation de l’unité de puissance… autant de paramètres à revoir.

Une autre solution serait de raccourcir les courses, afin d’avoir des réservoirs moins grands et donc moins de puissance à exploiter sur la durée d’un Grand Prix.

Alan Permane, chez Racing Bulls, a été interrogé à ce sujet : est-ce une solution réaliste selon lui ? Et d’autre part, les équipes seraient-elles en mesure de développer un nouveau châssis F1 à temps ?

« Du côté du châssis, nous avons déjà discuté et sommes parvenus à un accord, en tout cas au niveau des directeurs d’équipe : si quelqu’un souhaitait conserver son châssis et que celui-ci n’était pas tout à fait assez grand pour effectuer une course de 305 kilomètres, nous examinerions des courses ciblées et, bien sûr, uniquement là où c’est absolument nécessaire, en les raccourcissant d’un ou deux tours, et en limitant à un seul le nombre de tours pour se rendre sur la grille. Ainsi, nous maximiserons la longueur potentielle de chaque course, mais cette mesure est déjà en place et prête à être appliquée. »

Est-ce une solution également souhaitable cette fois selon Andrea Stella, le patron de McLaren F1 ?

« Je suis d’accord. Du point de vue du châssis, c’est tout à fait possible. Il y a des éléments facilitateurs intégrés dans cette proposition qui la rendent réalisable. Cette proposition du 60/40 est faite pour le bien du sport. L’intérêt général prévaut sur l’intérêt particulier, et c’est une opportunité importante pour la communauté de la F1 de s’assurer que notre discipline soit dans une position de force. Nous espérons donc que ce processus sera couronné de succès. »

« Du côté du châssis, il n’y a pas vraiment de stress là-dessus » confirme Laurent Mekies pour Red Bull.

« Il y a en revanche une certaine tension du côté de l’unité de puissance d’un point de vue du timing, et c’est pourquoi nous essayons tous de converger le plus rapidement possible à présent. »

L’ADUO en débat dans le paddock

L’heure tourne également pour la FIA concernant l’ADUO, le processus de rattrapage des performances moteur pour les mal classés. Chacun s’attend à ce que Honda bénéficie de budget et d’opportunités de développement supplémentaires.

Mais Ferrari, Audi, Red Bull Powertrains espèrent aussi être sélectionnés… Alors même que Toto Wolff a estimé que seul Honda devrait y avoir droit. Dans le même temps, Charles Leclerc affirme que Ferrari est « en retrait même par rapport à Red Bull Ford. »

Est-ce flatteur pour Laurent Mekies, le patron de Milton Keynes ? Ou au contraire est-ce un jeu psychologique de Ferrari qui espère glaner des opportunités de développement supplémentaires ?

« Vous nous demandez donc d’entrer dans le jeu ? Non, plus sérieusement, la façon dont nous voyons les choses... je peux seulement vous donner ce que nous pensons être la hiérarchie. Faites-en ce que vous voulez. Nous pensons que les gars de Red Bull Ford Powertrains ont fait un travail extraordinaire pour nous aligner sur la grille en position de nous battre, à partir d’un projet qui n’était au départ qu’un terrain vague derrière l’usine Red Bull Racing il y a quelques années. Cela a été tout simplement phénoménal. »

« Ensuite, la seconde d’après, vous regardez votre écart par rapport aux meilleurs concurrents, et aujourd’hui nous pensons que la hiérarchie place Mercedes en tête du peloton en termes de motorisation, et cela représente huit voitures, ce qui est très significatif. Derrière eux, il y a un groupe où nous nous situons avec Ferrari et Audi - ne me demandez pas de citer des chiffres car ce serait jouer le jeu -, mais nous constatons un écart constant par rapport aux monoplaces propulsées par Mercedes-Benz. Enfin, il est probablement juste de dire que nous voyons Honda plus loin derrière. Nous découvrirons bientôt comment tout cela va s’intégrer dans les calculs que la FIA tente d’effectuer. »


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