La FIA envisage d’avancer l’évaluation des moteurs F1 et du développement
Le mécanisme pourrait être activé plus tôt afin de limiter les écarts
Face aux inquiétudes croissantes autour de l’équilibre des forces en Formule 1, la FIA pourrait accélérer l’introduction d’un mécanisme clé destiné à aider les motoristes en difficulté à combler leur retard sur Mercedes.
L’instance dirigeante s’apprête à proposer d’avancer la première évaluation du système de développement des moteurs, l’ADUO (Additional Development and Upgrade Opportunity), notamment à la suite de l’annulation des Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie saoudite.
Initialement, la première comparaison des performances entre motoristes devait intervenir après six courses. Mais la suppression des manches d’avril a repoussé cette échéance jusqu’au Grand Prix de Monaco, début juin.
Un report qui aurait mécaniquement avantagé Mercedes, dont le groupe propulseur domine actuellement le plateau.
Pour contrer cet effet, la FIA envisagerait de rétablir le calendrier initial en déclenchant plus tôt l’analyse ADUO, potentiellement dès après le Grand Prix de Miami. Une initiative qui devrait recueillir un large soutien parmi les équipes à l’exception probable de Mercedes, principal bénéficiaire de la situation actuelle.
L’ADUO, un levier pour rééquilibrer les forces
Le système ADUO prévoit d’accorder des libertés de développement supplémentaires aux motoristes accusant un retard supérieur à 2 % par rapport à la référence. C’est le cas pour tous les motoristes par rapport à Mercedes, sans surprise. Des concessions accrues sont même prévues en cas d’écarts plus importants et concerneraient notamment Audi et surtout Honda.
Un outil potentiellement déterminant dans le contexte actuel, comme l’a reconnu le directeur de Ferrari, Frédéric Vasseur : "Ce sera une opportunité de combler l’écart."
"Mais la performance ne dépend pas uniquement du moteur. La gestion de l’énergie, le châssis, les pneus, tout compte."
Cette volonté d’accélérer le dispositif intervient alors que les critiques se multiplient concernant la réglementation 2026. Entre interrogations sur le concept des nouveaux groupes propulseurs, préoccupations liées à la fiabilité et déséquilibre de performance déjà visible, le paddock s’agite.
Certains observateurs redoutent un scénario similaire à celui du début de l’ère hybride en 2014, marqué par une domination sans partage.
Un constat partagé par l’ancien pilote de F1 Felipe Massa, qui en avait bénéficié chez Williams Mercedes à l’époque. Le moteur allemand avait tellement dominé que son équipe était souvent la 2e ou la 3e force du plateau selon les circuits.
"Il y a clairement une situation où les équipes les plus performantes vont chercher à maintenir le statu quo, tandis que les autres voudront faire évoluer les règles," a-t-il confié à Diario Sport.
"S’ils ne modifient pas la réglementation, cela pourrait être similaire."
Et Massa a aussi répondu aux soupçons de "party mode" lancés par Lewis Hamilton à Shanghai.
"Peut-être que Mercedes a encore de la marge ou un bouton magique," a-t-il lancé avec un sourire, laissant entendre que l’écart réel pourrait être encore plus important qu’il n’y paraît.
"Ce ne sont que des spéculations. Mais si tel est le cas, il n’est pas dans leur intérêt de trop dominer s’ils ont de la réserve. Ils ont certainement tiré la leçon de 2014 même si cette année-là ils roulaient encore bien plus en dessous des limites."
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