’Un malentendu’ : Honda F1 contre-attaque face aux critiques de Newey !
Watanabe défend son organisation et promet des progrès
Le président et CEO de Honda Racing Corporation (HRC), Koji Watanabe, a tenu à répondre aux récentes inquiétudes exprimées par Adrian Newey concernant le manque de continuité au sein des équipes impliquées dans le programme Formule 1 du constructeur japonais. Selon lui, ces critiques reposent avant tout sur "un malentendu". Mais les propos tenus par le Japonais restent lunaires quand on sait ce qu’exige la F1 en tant qu’expertise et continuité !
Le directeur et responsable technique d’Aston Martin F1 avait révélé en Australie avoir découvert tardivement, aux côtés du propriétaire Lawrence Stroll, que le groupe d’ingénieurs basé à Sakura avait profondément changé entre le précédent groupe propulseur, très performant, et le projet actuel.
Une évolution qui s’inscrirait pourtant dans la culture de Honda. Le constructeur japonais a toujours appliqué une politique de rotation de ses ingénieurs, alternant les profils entre la compétition et d’autres secteurs de pointe comme les technologies de production de série ou des domaines avancés (aéronautique, eVTOL, hydrogène).
Cette rotation a toutefois été accentuée par le retrait officiel de Honda de la Formule 1 fin 2021, suivi d’un redémarrage du programme en 2023 après la confirmation de son engagement pour la nouvelle génération de groupes motopropulseurs.
À Melbourne, Newey avait ainsi souligné : "Ils sont revenus avec, disons, seulement avec 30 % de leur équipe d’origine. Et aujourd’hui, avec le plafonnement budgétaire, ils sont partis avec un sérieux retard, et malheureusement ils ont eu du mal à revenir au niveau."
Interrogé sur ces propos, Watanabe (en photo ci-dessous) a tenu à clarifier la situation : "Fondamentalement, je pense qu’il s’agit d’un malentendu. Notre politique est de faire tourner régulièrement les ingénieurs du sport automobile vers la production de masse ou vers des technologies plus avancées comme les jets, les eVTOL ou l’hydrogène."
Il poursuit : "Nous avons toujours fonctionné ainsi. Peut-être que mes explications n’étaient pas suffisantes. Bien sûr, reconstruire l’organisation a pris du temps, et c’est sans doute ce qui l’inquiétait. Mais aujourd’hui, nous disposons d’une structure et de talents suffisants."
Des progrès en cours, mais des défis persistants
Sur le plan technique, Honda continue de travailler activement à la résolution des problèmes de fiabilité, notamment liés aux vibrations affectant certaines zones critiques du groupe motopropulseur.
"À l’heure actuelle, nous nous concentrons sur l’amélioration de la situation des vibrations, en particulier les dommages au niveau de la batterie," explique Watanabe.
"Mais pour Suzuka, nous avons également amélioré la gestion de l’énergie afin d’optimiser les performances en piste."
Le dirigeant met en lumière une difficulté majeure : le décalage dans le calendrier de développement par rapport à la concurrence. Et le Japonais n’hésite pas à aussi faire porter le chapeau des vibrations à Aston Martin F1 !
"Le point le plus difficile est que nous avons commencé le développement plus tard que les autres. Et même si les tests au banc montrent un niveau de vibrations acceptable, une fois intégré dans le châssis, celles-ci deviennent bien plus importantes. Aston Martin a donc une responsabilité de ce côté."
"Nous ne pouvons pas résoudre ce problème uniquement avec le groupe propulseur. Nous travaillons donc très étroitement avec Aston Martin, non seulement sur le moteur, mais aussi sur le châssis."
Watanabe reconnaît également que les gains de performance resteront limités dans le cadre réglementaire actuel, notamment avec les contraintes du système ADUO qui restreint les évolutions possibles en cours de saison.
"Avec la réglementation actuelle, il est difficile d’améliorer les performances en elles-mêmes. Nous nous concentrons donc sur la fiabilité, tout en cherchant à augmenter la puissance dans les limites du règlement."
"Nous avons un plan de redressement avec Aston Martin, mais nous ne pouvons pas en dire davantage aujourd’hui."
"Nous collaborons étroitement avec Aston Martin et Aramco, tant sur le plan technique que sur l’ensemble de ses aspects, afin de bâtir un partenariat solide. Aston Martin, Aramco et Honda ne sont pas seulement constructeur de Formule 1 et motoriste ; nous travaillons en étroite collaboration, comme une seule et même équipe."
"Dans notre usine au Japon, les ingénieurs d’Aston Martin et Aramco travaillent en étroite collaboration avec nos ingénieurs de Sakura. Le plus important, à mon avis, est de poursuivre notre progression étape par étape."
Pense-t-il que le moteur actuel puisse être amélioré au niveau requis cette saison, ou Honda doit-il déjà privilégier le développement d’un nouveau modèle pour 2027 ?
"C’est difficile à dire, mais nous devons au moins améliorer non seulement la fiabilité, mais aussi les performances. Avec la réglementation actuelle, il est difficile d’améliorer les performances elles-mêmes ; nous nous concentrons donc actuellement sur l’amélioration de la fiabilité, tout en devant, dans le respect du règlement, améliorer les performances. Voilà."
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