Taux de compression : les motoristes F1 se réunissent pour trancher avant l’échéance du 1er mars
Mercedes isolé avant une réunion qui s’annonce décisive
Une réunion potentiellement cruciale impliquant les motoristes de Formule 1, la FIA et la FOM (Formula One Management) doit se tenir ce mercredi matin à Bahreïn, à un moment particulièrement sensible du calendrier.
Son timing n’a rien d’anodin : la date limite d’homologation des groupes propulseurs est fixée au 1er mars, laissant peu de marge de manœuvre alors que la controverse autour des règlements moteurs continue d’agiter le paddock.
Au cœur de cette agitation figure l’affaire dite du taux de compression, qui s’est développée tout au long de l’hiver. Dans ce contexte, le Power Unit Advisory Committee (PUAC) doit se réunir à nouveau aujourd’hui, le même jour que la réunion programmée de la Commission F1.
Si plusieurs sources indiquaient depuis quelque temps qu’une telle réunion était attendue, un certain flou persistait quant à sa date exacte. Une discrétion surprenante, alors que la logique aurait voulu que ce dossier soit traité le plus rapidement possible, compte tenu de l’échéance imminente de l’homologation moteur.
C’est donc certain maintenant deux réunions distinctes sont bien prévues ce matin : l’une pour la Commission F1, l’autre pour le PUAC. Chacune disposera de son propre ordre du jour, mais il est probable que les conclusions de l’une alimentent directement les discussions de l’autre.
Le taux de compression au centre des tensions
Le PUAC s’est déjà réuni à plusieurs reprises ces dernières semaines, les motoristes cherchant à obtenir des clarifications sur la manière dont le taux de compression doit être mesuré. La polémique repose sur des soupçons selon lesquels Mercedes exploiterait une zone grise du règlement, identifiée après des mouvements de personnel entre constructeurs, qui auraient mis en lumière cette interprétation en interne.
Le règlement stipule que le taux de compression autorisé pour chaque cylindre est limité à un maximum de 16:1. Il précise également que ce taux doit être mesuré dans des conditions bien définies, notamment à température ambiante.
Toutefois, Mercedes serait soupçonné d’utiliser un procédé permettant de fonctionner à des taux de compression plus élevés lorsque le moteur est en température sur la piste, tout en restant conforme aux critères de mesure réglementaires.
Cette hypothèse n’a pas été formellement démentie par le patron de Mercedes F1, Toto Wolff. La semaine dernière, l’Autrichien a reconnu que le constructeur était prêt à "encaisser le coup" en cas de modification du règlement, tout en avertissant qu’une telle décision pourrait avoir un impact négatif sur les performances de ses groupes propulseurs.
Du point de vue des quatre autres motoristes, la situation supposée constitue une infraction à l’esprit - voire à la lettre - du règlement. Mercedes se retrouverait ainsi isolé dans ce débat, d’autant plus que Red Bull Powertrains, initialement plus mesuré, aurait récemment changé de position pour rejoindre le camp opposé au constructeur allemand.
En matière de gouvernance des moteurs, le PUAC est l’organe compétent. Il regroupe les cinq motoristes, la FIA et la FOM. Il est distinct de la Commission F1, qui inclut les onze équipes engagées, en plus de la FIA et de la FOM.
Les quatre motoristes non liés à Mercedes comptent présenter une nouvelle méthodologie visant à mesurer le taux de compression à chaud. Leur objectif est clair : obtenir une supermajorité afin d’intégrer ce test dans le règlement le plus rapidement possible.
Pour y parvenir, ils devront non seulement s’accorder entre eux, mais également obtenir le soutien de la FIA et de la FOM, condition indispensable pour soumettre la modification réglementaire au Conseil Mondial de la FIA en vue d’une ratification officielle.
Un scénario explosif à l’horizon de Melbourne
Si une supermajorité venait à être obtenue, une question majeure se poserait immédiatement : Mercedes, ou tout autre motoriste concerné, serait-il en mesure d’apporter les modifications nécessaires à son groupe propulseur avant la date d’homologation du 1er mars ?
Dans le cas contraire, le paddock pourrait se diriger vers une vague de protestations après le Grand Prix d’Australie, manche inaugurale de la saison, ciblant les monoplaces propulsées par des moteurs Mercedes.
À l’inverse, si la supermajorité n’était pas atteinte, le risque de contestations resterait bien réel. Certaines équipes pourraient en effet décider de déposer des réclamations sur les résultats à Melbourne, si la conviction persiste que la zone grise exploitée par Mercedes va à l’encontre du règlement.
Alors que le cœur du problème réside dans l’ambiguïté même du texte réglementaire, reste à savoir si les quatre motoristes parviendront à présenter un argumentaire suffisamment solide pour convaincre la FIA et la FOM qu’une modification du règlement est nécessaire, et surtout urgente.
De son côté, la Commission F1 devrait faire le point sur les premiers essais de Bahreïn et notamment sur la nécessité d’adapter ou non les procédures de départ pour s’adapter aux latences des turbos des F1 de 2026. Jusqu’à 10 secondes peuvent être nécessaire pour obtenir le boost nécessaire à un bon départ... mais Ferrari, qui a alerté sur ce souci dès l’an dernier et a conçu un turbo plus petit pour anticiper ce phénomène compte bien s’opposer à tout changement. Et, avec elles, ses équipes clientes Haas et Cadillac, rendant probablement tout changement impossible pour l’Australie et le reste de la saison.
C’est donc un mercredi hautement politique qui se profile dans le paddock de Bahreïn alors que les F1 reprennent la piste pour trois derniers jours d’essais hivernaux.
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