Qui bluffe : Mercedes F1 ou Red Bull ? Le paddock se divise à Bahreïn
Mercedes soupçonnée de masquer sa vraie force en essais
Red Bull Racing ou Mercedes F1 ? Mercedes ou Red Bull ? Qui est la favorite ? Tout le monde se renvoie la balle dans le paddock lors de ce dernier jour d’essais à Bahreïn.
Les rivales de Mercedes sont convaincus que l’équipe officielle allemande cache une partie de son jeu depuis le début des essais hivernaux de Formule 1 à Bahreïn. Malgré une intersaison durant laquelle la structure de Brackley, portée par son nouveau groupe propulseur, faisait figure de favorite pour inaugurer cette nouvelle ère technique, le discours a sensiblement évolué lors des premiers roulages publics.
Dès la première journée d’essais à Bahreïn, le directeur de Mercedes Toto Wolff a d’ailleurs surpris en tirant la sonnette d’alarme. Selon lui, Red Bull disposerait d’un avantage décisif en matière de déploiement d’énergie grâce à son unité de puissance maison, développée avec le soutien de Ford.
Des propos tenus dans un contexte politique déjà tendu, alors que Mercedes est soupçonnée de tirer parti d’une interprétation favorable du règlement sur les taux de compression. Cette analyse a ensuite été renforcée par le pilote George Russell lors de cette troisième et dernière journée d’essais.
"Je pense vraiment que ce test a été une sorte de retour à la réalité pour nous tous," a affirmé Russell il y a quelques minutes.
"D’abord, il y a eu énormément de discussions cet hiver sur Mercedes et notre moteur, mais tout cela relevait de la spéculation, car à ce moment-là, personne ne savait réellement quoi que ce soit."
Le Britannique rappelle que Red Bull a immédiatement frappé fort dès les premiers tours de roue.
"La vérité, c’est que Red Bull, à Barcelone dès le premier jour, est entrée directement dans le vif du sujet et avait une longueur d’avance sur tous ses concurrents – nous, Ferrari et les autres. Ici à Bahreïn, lors de la première journée, ils ont encore une fois mis tout le monde d’accord."
Pour Russell, la hiérarchie actuelle est sans ambiguïté : "À l’heure actuelle, ce sont clairement eux l’équipe à battre."
Il estime même que l’écart observé est loin d’être marginal.
"Personne ne devrait vraiment nous regarder, mais plutôt se concentrer sur la voiture la plus compétitive de la grille, qui est actuellement la Red Bull. Ce n’est pas un petit avantage : on parle d’un demi-seconde à une seconde sur un tour uniquement en déploiement d’énergie. C’est franchement impressionnant, voire effrayant."
Russell rappelle également la constance historique de Red Bull : "Red Bull a toujours produit de très bonnes voitures ces quinze dernières années, même quand le moteur n’était pas exceptionnel. Ces essais ont vraiment ouvert les yeux de beaucoup d’entre nous."
Ferrari et Red Bull pointent Mercedes du doigt
Comme souvent en période de tests, les déclarations de Mercedes ont été accueillies avec scepticisme par ses rivaux directs. Côté Ferrari, Charles Leclerc n’a pas manqué de relever le jeu de poker en cours.
"J’ai l’impression que tout le monde essaie de renvoyer la balle à l’autre," a souri le Monégasque.
"C’est normal à ce stade de la saison, surtout parce que c’est très difficile à analyser."
"C’était déjà compliqué avec la génération précédente, mais maintenant avec l’hybridation, et surtout un moteur électrique beaucoup plus puissant, il existe énormément de petits réglages possibles. On peut masquer le vrai potentiel de la voiture de mille façons différentes."
S’il reconnaît les qualités du groupe propulseur Red Bull, il estime que Mercedes est encore plus discrète.
"Red Bull a montré des choses très impressionnantes côté moteur depuis le début des essais, surtout ici. Mercedes montre aussi parfois des choses très intéressantes, mais j’ai le sentiment qu’ils cachent beaucoup plus."
Dans l’état actuel des choses, Leclerc s’attend à voir les deux équipes légèrement en tête :
"Je m’attends à ce que Red Bull et Mercedes soient devant nous. Ensuite, McLaren avec le moteur Mercedes est plus difficile à lire. Mais là où j’en suis aujourd’hui, je dirais Red Bull et Mercedes devant, puis nous, avec un écart qui ne semble pas énorme pour l’instant."
Le patron de la Scuderia, Fred Vasseur, se montre quant à lui plutôt amusé par la situation.
"Ce qui est vraiment génial, c’est que personne ne parle de nous !" a-t-il lancé en riant. "J’aime beaucoup cette situation, ça nous permet de nous concentrer sur nous-mêmes."
"Personne ne sait vraiment. Personne ne sait si Mercedes pousse son moteur ou non – visiblement pas ! Et personne ne sait si une voiture roule avec 20, 40 ou 60 kilos de carburant. Et ça, c’est bien plus déterminant que les différences entre les voitures."
Plus direct, Max Verstappen est convaincu que Mercedes dissimule volontairement son potentiel, notamment pour détourner l’attention du débat sur les taux de compression.
"Je peux vous dire une chose : attendez simplement Melbourne et regardez combien de puissance ils auront soudainement. Je le sais déjà. Attendez Melbourne et vous verrez à quelle vitesse ils iront tout à coup en ligne droite."
Russell maintient Red Bull favorite pour Melbourne
Malgré ces accusations, George Russell estime que Red Bull reste l’équipe la plus prête à l’approche du Grand Prix d’Australie.
"Quand vous avez trois jours d’essais au même endroit, c’est assez simple d’apporter des améliorations. Mais à Melbourne, avec seulement trois séances d’essais libres avant les qualifications, ce que nous avons vu à Barcelone et à Bahreïn montre que Red Bull sera devant. Donc oui, nous avons encore du travail."
Russell reconnaît que la vitesse de pointe peut être influencée par les réglages, mais souligne l’importance des données GPS, notamment celles de Racing Bulls, également motorisée par Red Bull Ford.
"Si une voiture est beaucoup plus rapide en ligne droite, ça peut venir du moteur thermique, du déploiement d’énergie ou d’une traînée plus faible. Mais quand on regarde la Racing Bulls, qui utilise la même unité de puissance, elle est aussi très performante en ligne droite."
"Cela suggère clairement que ce n’est pas lié au châssis, mais à quelque chose entre le matériel et le déploiement d’énergie. C’est vraiment impressionnant ce qu’ils ont accompli, surtout pour une structure aussi récente."
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