Le top 3 analyse le Madring avant la course, Verstappen veut changer le tracé !
Avant une course qui s’annonce difficile mais peu disputée
Les pilotes du top 3 des qualifications du GP d’Espagne ont été les plus rapides sur un tour, mais ils sont assez peu confiants quant à leur compréhension des enjeux de la course, ou en tout cas de la manière dont ils devront gérer les points clés de ce Grand Prix à Madrid. Entre la tenue des pneus, l’énergie, les dépassements et les erreurs de pilotage à éviter, ils s’apprêtent à connaître un dimanche après-midi chargé sur le Madring.
Lando Norris a un désavantage puisqu’il n’a pas roulé lors des EL2 vendredi, ce qui l’a empêché notamment de travailler ses longs relais. Le champion du monde en titre avoir des lacunes sur plusieurs sujets clés pour la course.
"Une bonne quantité. Je n’ai pas encore vraiment roulé avec beaucoup de carburant. Donc, je dois faire mes devoirs. Je dois regarder ce qu’Oscar a fait hier, voir ce à quoi nous pouvons nous préparer. Mais c’est une longue course, c’est un nouveau circuit" a déclaré Norris.
"Il faut savoir dans quels virages attaquer, dans quels virages ne pas attaquer, toutes ces différentes choses, ce que la batterie va faire ensuite. Donc, il y a beaucoup de choses à quoi je dois consacrer mon temps ce soir."
"Ce sera donc probablement une soirée qui va se finir tard pour essayer d’avoir une longueur d’avance d’une certaine manière. Mais la majeure partie du travail a été faite aujourd’hui, donc c’est ce dont je suis le plus satisfait."
Interrogé sur les pneus, Kimi Antonelli est perplexe sur les difficultés à attendre, et celui qui s’élance deuxième derrière Norris admet que la tenue des gommes s’annonce comme le point principal pour la course.
"Je pense que le plus grand défi sera en course parce que, oui, la dégradation semble être assez élevée. Oui, ce sera probablement de la conduite de grand-mère dans les 10 premiers tours, mais nous verrons" a noté Antonelli.
"Nous avons vu sur les longs relais à quel point la dégradation peut être forte, surtout si vous attaquez trop tôt. Alors, nous verrons. Nous essaierons de voir sur le moment. Peut-être que la dégradation sera beaucoup plus faible."
De son côté, Max Verstappen sera troisième, et il craint de ne pas pouvoir faire d’attaques suffisantes pour compléter des dépassements, le circuit n’ayant pas de gros points de freinage ni de très longue ligne droite.
"Ce sera difficile. Je veux dire, même, mettons, dans le meilleur des cas, vous êtes plus rapide, vous ne pouvez pas dépasser. Il n’y a pas de virages où vous pouvez dépasser. Donc, vous devez compter sur les gens qui dégradent très agressivement" ajoute Verstappen.
"Alors, oui, ce sera difficile. Je veux dire, les longs relais étaient très difficiles, beaucoup de dégradation pour tout le monde, donc ce sera probablement le point clé en course. Mais même avec ça, je dois encore trouver un virage où dépasser."
Norris admet que le pilotage est moins piégeux que prévu, mais reconnait que la limite était parfois proche : "Ce n’était pas trop mal. Je pense qu’il y a probablement eu moins d’accidents au total que ce à quoi les gens s’attendaient peut-être."
"C’est un circuit à forte adhérence, ce qui rattrape cela de bien des manières. Et, vous savez, certaines choses qui provoquent des accidents sur d’autres circuits urbains, les vibreurs de sortie et autres, vous n’avez pas trop de problèmes avec eux ici."
"Donc, je veux dire, vous poussez à la limite, vous avez des frayeurs c’est sûr. Mon dernier virage lors de mon dernier tour, je pensais que j’étais dans le mur, donc c’était juste pour avoir trop attaqué l’entrée et m’être montré un peu trop enthousiaste sur le point de freinage."
"Mais en course, je ne sais pas. Ça va être une longue course. Il va faire chaud, et il va juste y avoir beaucoup d’apprentissage à faire pour moi, et j’imagine pour tout le monde."
Antonelli admet lui aussi que le grip était meilleur que ce qui était attendu, surtout quand il attaquait à la limite de ce que la voiture pouvait encaisser, et il s’interroge plutôt sur les pneus pour la course.
"Oui, c’était un peu mieux que prévu, pour être honnête. Toujours délicat quand vous devez tout mettre bout à bout, mais, oui, je pense que pour tout le monde, c’était mieux qu’anticipé."
"De plus, il y a une forte adhérence, donc ça aide, c’est sûr. Et, oui, en course, il s’agira beaucoup de gérer les pneus et de ne pas trop dégrader non plus. Nous ne savons pas vraiment comment est le pneu dur, à quel point il est résistant."
"Donc, vous savez, nous aurons peut-être deux arrêts, trois arrêts, nous verrons. Mais la clé est, oui, surtout dans ce premier relais, d’essayer de gérer autant que possible sans concéder trop de temps, en essayant de gérer les pneus."
Verstappen ne veut pas sous-estimer le défi que représente un tracé urbain très rapide : "Oui, c’est toujours difficile, je pense, quand vous êtes à la limite. Et, oui, pour la concentration, je pense que sur n’importe quel circuit urbain c’est toujours un peu plus difficile."
"C’est facile de faire une erreur et ensuite l’erreur se termine par vous tapant un mur ou vous crachant, donc vous devez juste en être conscient. Mais, oui, je pense que ce qui aide, c’est ce qu’ils ont dit aussi, l’adhérence est élevée. C’est bien, au moins. Et ensuite, tout tourne autour de la dégradation et, oui, juste essayer de rester propre."
Le commentaire de Verstappen sur les dépassement est quelque peu alarmiste, mais Antonelli reconnait que le quadruple champion du monde a raison, puisqu’il a lui-même expérimenté cela en essais libres.
"Oui, dépasser, je pense que ça va être très difficile. En essais libres, j’ai passé deux tours derrière la Williams à essayer péniblement de passer, mais c’est vraiment difficile, surtout parce que la dégradation est déjà assez importante et quand vous êtes derrière, vous commencez à glisser davantage et ça rend juste votre vie un peu plus dure."
"Alors, oui, la seule chose que vous puissiez faire est d’essayer de mettre de la pression sur la voiture devant, en essayant de lui faire faire une erreur ou de la faire dégrader un peu plus, et ensuite vous essayez de jouer avec la stratégie. Mais, oui, surtout quand vous avez un rythme très similaire, c’est difficile de tenter une manœuvre."
Norris est d’accord et pense que ce point devra être revu, tout comme la longueur des stands : "Je pense que cela a juste beaucoup de potentiel. Seules certaines choses doivent être améliorées. Aussi, comme la voie des stands. La voie des stands fait genre six kilomètres de long !"
Antonelli ne comprend pas pourquoi il y a une zone qui sépare le début et la fin des stands : "Et hier j’ai dit ’enlevez le bâtiment qui est au milieu’."
Selon Norris, les concepteurs du circuit auraient dû réfléchir à cela, et potentiellement autoriser une accélération entre les deux zones de garage, afin de limiter le temps perdu dans les stands, qui s’avère parfois décourageant pour tenter des coups stratégiques.
"Oui, nous devrions avoir deux parties dans la voie des stands. Limiteur de vitesse désactivé, limiteur de vitesse, limiteur de vitesse. C’est la voie des stands la plus longue de l’année et la plus grande perte de temps aux stands de l’année aussi."
"Donc cela rend juste les dépassements pires. Pas les dépassements, mais cela réduit le désir de rentrer aux stands et de faire des stratégies différentes. Si nous devons construire un nouveau circuit et dépenser autant d’argent, c’est probablement l’un des facteurs principaux."
"Il faut avoir une voie des stands courte pour que les gens puissent s’arrêter et que vous créiez ensuite des dépassements. Même avec une dégradation élevée ou faible, cela n’a pas d’importance."
"Donc, le fait que ce soit la voie des stands la plus longue, à une époque où nous devrions rendre la voie des stands plus courte ou faire des choses où au moins cela coupe le virage 1 vers le virage 2, comme ça c’est une bonne chose aussi."
"Mais c’est toujours la voie des stands la plus longue et la plus lente de l’année. Donc des petites choses comme ça, les zones de freinage. Mais ça reste un circuit amusant. Genre, les qualifications étaient quand même excitantes et vous font toujours un peu peur, donc c’est une bonne sensation."
Verstappen est prêt à aider pour... changer le tracé !
Du côté des points positifs, Verstappen salue l’adhérence sur la piste, et le fait que l’asphalte est de bonne qualité, même s’il pensait trouver un ruban plus lisse au moment de passer dans certains virages. Il déplore aussi les freinages en appui dans un virage, qui annihilent toute chance de dépasser.
"J’aime l’adhérence. Ils ont fait du bon travail avec l’asphalte, même si par endroits c’est déjà un peu trop bosselé pour un nouveau circuit. Les virages, comme je l’ai dit plus tôt, vous ne pouvez pas dépasser."
"Donc, à certains endroits, les zones de freinage, genre, ils doivent apprendre qu’il ne devrait jamais arriver d’avoir à tourner, d’avoir à combiner sous le freinage, parce que cela ne permet aucun type de dépassement."
"Donc, c’est sûr, en termes de tracé du circuit, je pense que ça peut être mieux. Je pense aussi que l’avis des pilotes à l’avenir sur le tracé des circuits peut aussi beaucoup aider. Je sais qu’ils reviendront toujours vers vous pour dire ’oui, mais l’espace’, mais c’est des conneries."
"Il y a toujours un moyen de trouver une opportunité de dépassement autour d’un circuit. Mais dans l’ensemble, l’événement lui-même est très cool. Je veux dire, oui, ils ont fait un excellent travail."
"Aussi la rapidité avec laquelle, je pense, ils ont rendu le circuit disponible, les informations qui ont été partagées pour le simulateur. Donc, de ce côté-là, je pense que, oui, c’était très bien. Mais en termes de, si vous voulez avoir de meilleures courses, des dépassements, je pense qu’il pourrait y avoir quelques virages qui pourraient être changés."
Max Verstappen a donc été prié d’en dire plus sur ce qu’il ferait au Madring pour le rendre plus intéressant !
"Il n’y a qu’une seule trajectoire possible, ce qui rend la défense trop facile. Pour améliorer la course, il faut revoir presque toutes les zones de freinage ! Si vous me donnez le plan du circuit, je m’en occupe."
"Ils peuvent toujours me demander : ’Que penses-tu de ce tracé ?’ Je ne veux pas entrer dans les détails pour l’instant, car il y a différents concepteurs, mais il m’arrive d’échanger avec certaines personnes sur des circuits ou des points précis. En fin de compte, un pilote sait très bien ce qui est nécessaire ou à quoi devrait ressembler un bon virage."
"Il existe aussi de bons exemples, comme Austin. On peut y faire de belles courses. Certains virages sont bien larges. Au moins, on peut y tenter une manœuvre et, même si elle ne réussit pas immédiatement, on peut continuer à se battre à la sortie du virage. Il y a suffisamment d’exemples de la bonne manière de faire."
Selon Verstappen, les pilotes n’ont pas été consultés sur le nouveau tracé de Madrid !
"À Djeddah, nous avons pu modifier quelques éléments, mais l’idéal est de le faire en amont, avant même la construction du circuit. Si le circuit peut être modifié à quelques endroits, alors oui, sans aucun doute. Écoutez, je ne suis pas un grand amateur de circuits urbains, mais il y en a de pires au calendrier."
Après cette longue parenthèse de Verstappen sur le circuit et ses défauts, il reste à évoquer le dernier sujet pour la course : le départ. Ce sera, comme à chaque fois, un moment clé de la course pour gagner ou perdre des positions.
"Espérons-le ! J’espère pas de chaos pour nous. Non, mais blague à part, oui, le départ est très important c’est sûr et la ligne droite jusqu’au virage 1 va être importante."
"Mais ensuite après cela, vous savez, si vous avez un rythme similaire, à moins qu’ils ne fassent une erreur ou que vous soyez capable d’avoir une meilleure dégradation et de faire quelque chose de différent au niveau de la stratégie, alors vous pouvez créer des opportunités."
"Mais, vous savez, quand les écarts sont si serrés, c’est vraiment dur de créer des opportunités de dépassement. Mais c’est pourquoi, vous savez, le départ va être très important."
Pour Norris, ce n’est pas spécifique à ce circuit : "Je pense que vous pouvez imprimer ’Le départ est toujours important sur chaque circuit où nous allons et c’est l’une des choses les plus importantes dans une course’."
Le mot de la fin revient à Verstappen, qui en profite pour faire une touche d’humour en parlant de départs toujours réussis, lui qui a connu de grandes difficultés en début de saison sur ce plan : "Oui, heureusement j’ai toujours d’excellents départs cette année, donc tout ira bien pour nous."
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