Norris plus lent que Piastri en ligne droite, McLaren F1 ne comprend pas !
Moteur, châssis ou traînée : l’équipe cherche ce qui ralentit Norris
Pour le deuxième Grand Prix consécutif, Lando Norris doit composer avec un déficit de vitesse de pointe par rapport à Oscar Piastri que McLaren n’est toujours pas parvenue à expliquer. Déjà observé à Bakou, où l’équipe soupçonnait alors un problème potentiellement lié à l’injection de carburant du groupe propulseur, le phénomène s’est reproduit à Sepang et aurait coûté entre un et deux dixièmes au champion du monde pendant les qualifications. Sixième à plus de six dixièmes de la pole, Norris estime avoir pourtant réalisé un très bon tour et s’inquiète désormais surtout des conséquences de ce handicap pour la course.
Le problème commence à devenir récurrent pour Norris. À Bakou, le Britannique avait déjà constaté un léger déficit de vitesse en ligne droite par rapport à la McLaren de Piastri. L’équipe avait alors soupçonné un problème pouvant être lié à l’injection de carburant du groupe propulseur.
À Sepang, l’écart est toujours présent.
Norris a terminé les qualifications à la sixième place, à plus de six dixièmes de la pole position, mais tout juste devant son équipier : seulement 5 millièmes séparent les deux McLaren. Le Britannique considère pourtant avoir réalisé un tour particulièrement solide et estime que son classement ne reflète pas totalement la performance qu’il aurait dû pouvoir extraire de sa monoplace.
"J’ai trouvé mon tour très bon... Je rencontre toujours énormément de difficultés dans les lignes droites, partout. Je perds simplement du temps dans absolument toutes les lignes droites. Chaque fois que je réussis une bonne sortie de virage, je suis simplement plus lent à la fin de la ligne droite. Ça fait mal de voir ça à chaque fois, donc je devrais être plus haut dans le classement, pas nécessairement parce que j’aurais pu faire un meilleur travail, mais simplement parce que nous ne parvenons pas à extraire de la voiture tout ce dont nous avons besoin."
Et contrairement à un déficit qui ne concernerait que les qualifications, cette perte de vitesse risque de devenir encore plus problématique dimanche, notamment lorsque Norris devra attaquer ou défendre sa position.
"Cela ne me complique pas seulement la vie aujourd’hui, cela va aussi la compliquer demain."
Les données recueillies par McLaren confirment les sensations de son pilote. La comparaison entre Norris et Piastri dans la deuxième moitié de leurs meilleurs tours respectifs en Q3 fait apparaître clairement cette différence de vitesse en ligne droite.
Entre un et deux dixièmes perdus pour Norris
Andrea Stella a confirmé après les qualifications que McLaren avait identifié un déficit mesurable sur la monoplace de Norris.
Celui-ci reste relativement faible en valeur absolue, de l’ordre de 1 à 2 km/h, ce qui le rend parfois difficile à distinguer lorsque d’autres paramètres entrent en jeu. Mais sur l’ensemble d’un tour, le directeur de McLaren estime que son impact dépasse un dixième de seconde et pourrait même approcher les deux dixièmes.
"Nous devons préciser que le problème que nous constatons sur la voiture de Lando concerne un manque de vitesse en ligne droite. Nous voyons donc que, dans les portions où la puissance est déterminante, la voiture accélère légèrement moins et atteint une vitesse de pointe légèrement inférieure, alors que tous les autres paramètres sont identiques. Nous parlons probablement d’un à deux km/h, donc ce sont de petites valeurs."
"C’est même difficile à voir parce que, dès que Lando bénéficie par exemple d’un tout petit peu d’aspiration d’une voiture située quatre secondes devant lui, vous voyez alors Lando devenir plus rapide que l’autre voiture. Ce sont de petites valeurs que nous constatons statistiquement et nous devrions donc parler plus précisément d’un déficit de vitesse en ligne droite. Nous pouvons le convertir en perte de temps au tour et je dirais qu’elle dépasse un dixième de seconde, probablement entre un et deux dixièmes."
Sur une grille où les écarts sont extrêmement faibles, une telle perte peut naturellement représenter plusieurs positions. Norris est toutefois parvenu à se qualifier devant son équipier.
Si McLaren est désormais capable de quantifier assez précisément le phénomène, elle n’en connaît toujours pas la cause. Le problème ne pourra pas être corrigé pendant le Grand Prix de Bahreïn en Malaisie et Norris devra donc composer avec ce déficit pendant toute la course. McLaren ne pourra effectuer de nouveaux changements destinés à l’éliminer qu’à partir du prochain rendez-vous, à Singapour.
Stella tient surtout à établir une distinction importante : constater une vitesse de pointe inférieure ne signifie pas automatiquement que le groupe propulseur délivre moins de puissance.
Plusieurs phénomènes peuvent aboutir au même résultat. Le fonctionnement du moteur reste naturellement l’une des pistes étudiées, mais le châssis ou encore l’aérodynamique peuvent également expliquer la différence entre les deux monoplaces.
"Une autre discussion consiste à déterminer pourquoi cela se produit et pourquoi nous ne pouvons pas immédiatement parler d’un manque de puissance. En réalité, il peut y avoir différentes raisons. Il est plus difficile de surveiller précisément ce qui se passe du côté du groupe propulseur parce que, s’il s’agissait du déploiement de l’énergie, nous serions capables de le voir. Cela peut éventuellement être lié à d’autres paramètres."
"Mais en même temps, certains comportements du groupe propulseur dépendent de ce qui se passe du côté du châssis. Enfin, certains paramètres pourraient être liés à la traînée de la voiture."
McLaren ne souhaite donc pas attribuer prématurément le problème au groupe propulseur. C’est une nuance importante par rapport à Bakou, où l’équipe avait soupçonné un lien possible avec l’injection de carburant.
"À aucun moment nous ne pointons du doigt le groupe propulseur. Nous soulignons simplement un manque de vitesse en ligne droite, et nous voulons le préciser parce qu’il est juste envers Lando que nous prenions la responsabilité du fait que, sur sa voiture, il existe un déficit en temps au tour que nous n’avons pour le moment pas réussi à éliminer depuis deux Grands Prix."
"Mais évidemment, nous examinons absolument tous les paramètres possibles et nous étudierons d’autres changements, mais nous ne pouvons désormais les effectuer que pour Singapour."
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