McLaren F1 réfléchit à suivre Red Bull et lancer son propre moteur
Peu de chances que cela arrive pour le tout prochain règlement
McLaren pourrait un jour franchir une toute autre marche dans son développement en Formule 1 en concevant son propre groupe propulseur, suivant ainsi une voie comparable à celle empruntée par Red Bull. Zak Brown reconnaît que cette possibilité sera étudiée lors d’un futur changement de règlement, mais le directeur général de McLaren ne l’envisage pas à court terme. À ses yeux, le calendrier rend même cette hypothèse improbable pour le prochain cycle moteur, la priorité étant aujourd’hui d’exploiter pleinement le potentiel du partenariat avec Mercedes.
Brown a commencé par expliquer que McLaren disposait encore d’une marge de progression avec son fournisseur actuel. L’écurie britannique utilise le groupe propulseur Mercedes mais estime ne pas encore en exploiter toutes les possibilités.
"Nous n’avons pas encore totalement exploité le potentiel du groupe propulseur Mercedes," a expliqué Brown. "Nous avons été clairs sur ce sujet, nous progressons de course en course mais nous ne sommes pas encore au niveau de nos amis de chez HPP."
La situation est également particulière en raison de la profonde évolution de la technologie moteur. Pour Brown, il est naturel que Mercedes bénéficie initialement d’une meilleure compréhension de son propre groupe propulseur.
"Les moteurs de cette année sont tellement radicalement différents des précédents qu’il est tout à fait logique que l’équipe d’usine veuille être la première à parvenir à les comprendre."
Cette avance ne signifie cependant pas que McLaren considère son statut d’écurie cliente comme un obstacle insurmontable. Au contraire, Brown constate que l’écart avec Mercedes s’est déjà fortement réduit depuis le début de la saison.
Dans l’exploitation du groupe propulseur, Mercedes conserve encore un léger avantage lié à son statut de constructeur, mais McLaren estime désormais évoluer à un niveau très proche.
"En matière de performances du groupe propulseur, nous atteignons rapidement un niveau presque identique à celui de l’équipe d’usine," a ajouté l’Américain.
"Cette progression constitue l’une des raisons pour lesquelles McLaren ne ressent pas aujourd’hui la nécessité de devenir elle-même motoriste."
"Produire un groupe propulseur permettrait théoriquement à l’équipe de contrôler davantage les différents paramètres de son projet, mais une telle décision nécessiterait des investissements considérables et comporterait également un risque sportif majeur."
Pour Brown, la réflexion doit donc prendre en compte aussi bien les avantages potentiels que les conséquences d’un éventuel échec.
"C’est un équilibre entre le risque et la récompense," a-t-il expliqué. "Cela s’est très bien passé pour Red Bull, en association avec Ford. Mais cela peut aussi mal tourner. On le voit d’ailleurs cette année."
Le dirigeant de McLaren cite notamment Aston Martin pour illustrer les incertitudes qui peuvent accompagner un projet impliquant une relation différente avec un motoriste.
"Vous pourriez prendre un risque et finir par vous retrouver dans une situation comme Aston Martin et Honda."
Un moteur McLaren plutôt dans dix ans que dans cinq
Brown ne ferme toutefois pas définitivement la porte à cette possibilité.
McLaren pourrait réexaminer la question lors d’un futur changement de réglementation moteur. Mais même dans ce cas, le calendrier actuel rend difficile l’idée d’un programme maison à moyen terme.
"Lorsque le règlement changera pour les V8, nous réévaluerons la faisabilité de produire nos propres groupes propulseurs. Mais cela a davantage de chances d’arriver dans dix ans que dans cinq, surtout si l’on considère que les nouveaux moteurs arriveront vers 2030 ou 2031. Je pense que nous n’aurons tout simplement pas le temps de les développer."
"Nous verrons cela lorsque les règles seront connues mais la FIA veut avancer les choses pour 2030 si possible. Nous n’aurions que trois ans pour développer un V8 en partant de rien ou presque. McLaren conçoit des moteurs pour ses voitures de route mais les demandes et la technologie sont bien différentes pour un moteur de F1."
L’équipe devrait continuer à s’appuyer sur Mercedes pendant les prochaines années, avec pour objectif de réduire encore les éventuelles différences d’exploitation avec l’écurie d’usine et de tirer davantage de performances de la technologie dont elle dispose déjà.
"Notre objectif principal est de renforcer notre partenariat avec Mercedes. Pour le reste nous verrons."
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