Désavoué sur le V10, Ben Sulayem assure que la F1 va revenir au V8
Le président de la FIA tente de redorer son image
Récemment, la FIA et la FOM avaient tenté de réfléchir à une proposition d’autre formule de moteur pour la F1. C’est sous la pression du président de la fédération, Mohammed Ben Sulayem, que ces discussions avaient eu lieu.
Les équipes et constructeurs s’étaient dit intéressés à l’idée de revoir des V10 en piste, mais avaient fermé la porte en matière de faisabilité, puisque revenir à des moteurs plus gros, plus polluants, moins efficients et atmosphériques sans hybridation n’avait littéralement aucun sens.
Débouté de sa proposition alors qu’il pensait tenir un gros argument de campagne pour sa réélection à la tête de la FIA en décembre prochain, Ben Sulayem a tenté la même chose lors d’une réunion ce lundi avec les médias, en brandissant cette fois un possible retour du V8.
"Le V8... est-ce que ça va arriver ?" a lancé Ben Sulayem. "Oui, avec l’équipe actuelle, je suis très optimiste et heureux, et la FOM me soutient. Les équipes réalisent que c’est la bonne voie à suivre."
"Quand j’ai parlé de V6, V8, V10 ou V12, c’était une idée... c’est pour soutenir l’activité. Le moteur actuel est tellement compliqué, vous n’en avez aucune idée. Et il est coûteux. La recherche et le développement atteignent 200 millions d’euros."
"Un moteur coûte environ 1,8 à 2,1 millions de dollars, donc si nous continuons avec un V8 pur, de nombreux constructeurs et équipementiers produisent des V8 dans leurs voitures, donc commercialement, c’est correct."
"De combien réduisez-vous le coût ? L’objectif est de réduire les coûts de plus de 50 % dans tous les domaines. Mais ensuite, on maintient ce que l’on a. Les équipes peuvent alors se le permettre."
"Beaucoup moins cher, plus léger de 90 à 100 kilos, ce qui signifie que ce que nous pouvons ajouter en matière de sécurité, qui vaut 50 kilos, sera encore moins important. Le pire pour un pilote , c’est le poids, la voiture sera plus petite et elle sera meilleure, et puis vous aurez le son."
"Il s’agit de réduire les coûts. Les gens pensent que la Formule 1 n’a pas de limite d’argent, mais ce n’est pas le cas de toutes les équipes. C’est donc une chose à laquelle nous sommes en train d’adhérer."
Pourquoi supprimer l’hybride à tout prix ?
Ben Sulayem s’oppose à l’électrification, qui est pourtant au centre des recherches technologiques des constructeurs dans l’ère moderne. Selon lui, les carburants de synthèse suffisent, alors même qu’ils ne sont pas zéro carbone mais seulement neutres en carbone, et qu’ils seront déjà dans les F1 l’année prochaine.
De plus, il juge que seule la cylindrée sera une zone de débat, et que ce n’est pas quelque chose qui intéresse le grand public, du moment que les moteurs font du bruit. Une vision simpliste qui ne recoupe pas du tout celle des constructeurs, pour qui les moteurs atmosphériques sont devenus une aberration, alors que le turbo vit son avènement sur le marché.
De nouveau, Ben Sulayem envisage de remplacer les moteurs V6 hybrides, qui ont attiré Cadillac et Audi en F1 et ont demandé des coûts énormes de développement, about de trois ans seulement. Ce qui a déjà été considéré comme impossible par les constructeurs, qui veulent un retour sur investissement.
"La seule chose que nous ayons à peaufiner, ce sont les caractéristiques techniques : 2,5, 2,6 ou 3 litres ? Qui s’en soucie ? S’agit-il d’un V8 ou d’un V10 ? Cela dépend des équipes. Nous les consultons, puis nous les écoutons. Nous devons le faire rapidement."
"Quand je dis bientôt, je veux dire... 2026 approche. Cela prendra au moins... trois ans. Donc, avec un peu de chance, d’ici 2029, nous aurons quelque chose sur place. Mais le carburant est également très cher, et nous devons être très prudents. Les transmissions sont très chères."
Ben Sulayem réitère qu’il veut surtout une F1 qui soit positive sur le plan environnemental, ce qui est paradoxal avec son refus de l’électrification : "C’est la bonne chose à faire. C’est la bonne chose à faire pour soutenir notre sport."
"Tout le monde ne peut pas se le permettre en Formule 1. Je parle du rallye - regardez le rallye. Nous apportons un carburant durable et nous supprimons l’électrification. De quoi avons-nous besoin ? Quel est notre objectif ? Est-ce l’électrification ? Non."
"Il s’agit d’atteindre les chiffres en matière d’environnement. Si nous pouvons y parvenir d’une manière ou d’une autre, qui s’en soucie ? Hybride, hydrogène, carburant durable, carburant synthétique... tant que nous y parvenons. Mais cela simplifie le moteur, simplifie la voiture."
Sauver un mandat à l’image négative
Arguant qu’il ferait cela pour réduire les coûts, il insiste sur la volonté de modifier la formule en matière de cylindrée, alors même que le V8 devient désuet pour de nombreuses marques : "La fabrication de l’hybride est une chose, mais nous devons également nous pencher sur le moteur à combustion."
"Une équipe va-t-elle s’imposer la saison prochaine ? C’est là que la FIA doit être juste, car si de nouveaux venus arrivent, nous devons les accueillir et les protéger avant de penser à d’autres nouveaux venus."
"Et si nous faisons cela, la clé est de rendre la F1 moins chère, et il y a tellement de domaines où la rendre moins chère, avec le carburant, et un fournisseur unique pour tant de choses que nous devons examiner parce que maintenant les équipes se rendent compte que la F1 devient très chère."
En somme, Ben Sulayem tente ici de s’offrir un nouveau coup de communication après l’échec cuisant de sa tentative avec les V10 au mois d’avril. Sa démarche, déconnectée de l’industrie automobile et des désidératas des équipes et motoristes, vise surtout à s’attribuer des lauriers au milieu d’un mandat à l’image désastreuse.
Nouveau : comment suivre au mieux l’actualité de notre site ?
Via notre nouvelle chaîne WhatsApp Nextgen-Auto.com !
Vous abonner (cliquez sur l’étoile pour mettre en favori) à notre Google News si vous utilisez l’appli Google Actualités sur votre smartphone.
FIA
- Faut-il de la proportionnalité dans les sanctions concernant l’usure des planchers en F1 ?
- La FIA réunit pilotes et commissaires : cap sur plus de clarté et de cohérence
- Sainz s’attaque aux guidelines : d’anciens pilotes jugent mieux les choses que la FIA
- La FIA place McLaren F1 et les patins dans son collimateur au Qatar
- ’Absolument inacceptable’ : l’ancien directeur de course Niels Wittich étrille la FIA pour la gestion du virage 1 à Las Vegas
F1 - FOM - Liberty Media
- Faut-il de la proportionnalité dans les sanctions concernant l’usure des planchers en F1 ?
- La F1 répond aux critiques d’Alonso : Las Vegas va rester... à long terme
- Essais hivernaux : pourquoi la F1 de 2026 révèlera vite ses premiers secrets
- Comment la FIA veut éviter ’la dégradation’ de la traînée sur les F1 2026
- Dix semaines avant les essais 2026 : la F1 se jette dans l’inconnu