Antonelli : le nouvel Ascari que toute l’Italie attend en F1 ?

Retour sur l’histoire des Italiens en F1

19 avril 2026 - 10:08
Antonelli : le nouvel Ascari que toute l’Italie attend en F1 ?

Fort de ses récents succès consécutifs en Chine puis au Japon, Kimi Antonelli s’affirme comme la nouvelle figure de proue du sport automobile italien.

Paradoxalement, même s’il a grandi à Bologne, c’est-à-dire dans la région même (l’Émilie-Romagne) où est situé Maranello, c’est non avec Ferrari, mais avec Mercedes qu’Antonelli marque aujourd’hui les esprits. Il n’en demeure pas moins que ses deux victoires d’affilée ont un immense retentissement dans la Botte – qui attend toujours son premier champion du monde depuis… Alberto Ascari.

Si l’Italie est historiquement et intimement liée à la Formule 1 — notamment à travers l’aura de Ferrari et du circuit de Monza —, ses pilotes ont eu, quant à eux, bien moins de réussite que les Britanniques, sans parler des Français ou des Allemands.

La donne pourrait donc bientôt changer : puisque Andrea Kimi Antonelli est devenu le plus jeune pilote de l’histoire à prendre la tête du championnat du monde.

Mais où se situe-t-il aujourd’hui face aux grands pilotes italiens ?

Le cap des vainqueurs uniques franchi

En s’imposant à deux reprises, Antonelli a intégré un cercle très fermé : à ce jour, seuls sept pilotes italiens (seulement !) comptent deux victoires ou plus en Grand Prix.

D’ores et déjà, le pilote Mercedes F1 compte une victoire de plus que ces Italiens qui n’ont remporté qu’un succès en F1 : Jarno Trulli, Alessandro Nannini, Vittorio Brambilla, Ludovico Scarfiotti, Lorenzo Bandini, Giancarlo Baghetti, Luigi Musso, Piero Taruffi et Luigi Fagioli.

Actuellement, avec deux victoires, le palmarès d’Antonelli égale celui d’Elio de Angelis, vainqueur à deux reprises sous les couleurs de Lotus (au Grand Prix d’Autriche 1982 et à Imola en 1985). Nul doute qu’Antonelli, à seulement 19 ans, le laissera bien vite derrière lui.

Bientôt devant Patrese ?

Pour grimper dans la hiérarchie historique italienne, le pilote devra rattraper trois hommes au nombre de victoires :

Giancarlo Fisichella (3 victoires) : Son premier succès au Brésil en 2003 fut marqué par la confusion. La victoire avait initialement été attribuée à Kimi Räikkönen suite à une interruption de course (drapeau rouge). Ce n’est qu’après un appel auprès de la FIA de l’écurie Jordan que le succès a été officiellement rendu à Fisichella. Il a par la suite remporté les Grands Prix d’Australie (2005) et de Malaisie (2006) avec Renault.

Michele Alboreto (5 victoires) : En 194 départs, Alboreto s’est imposé cinq fois. D’abord avec Tyrrell sur le sol américain (Caesars Palace en 1982 et Detroit en 1983), puis en concrétisant le rêve de tout pilote italien : s’imposer avec la Scuderia Ferrari (en Belgique en 1984, puis au Canada et en Allemagne en 1985).

Riccardo Patrese (6 victoires) : Détenteur du record de longévité pour un Italien avec 256 départs, Patrese culmine à six succès. Il a ouvert son compteur dans les rues de Monaco en 1982, suivi d’une victoire en Afrique du Sud en 1983. Après plusieurs années d’attente, il a renoué avec la première marche du podium à Imola en 1990, avant de s’imposer au Mexique et au Portugal en 1991, puis de clôturer son palmarès à Suzuka en 1992.

Le défi ultime : devenir champion du monde comme Farina et Ascari

Avant le début de la saison 2026, Kimi Antonelli ne figurait pas parmi les favoris pour le titre mondial. L’avantage des pronostics allait logiquement à son coéquipier chez Mercedes, le très expérimenté George Russell.

Cependant, la donne change rapidement. En prenant l’ascendant sur Russell à Suzuka, le jeune Italien prouve qu’il est un candidat légitime à la couronne. S’il y parvient, il rejoindrait les deux seuls Italiens sacrés de l’histoire de la F1 :

Giuseppe Farina : Il restera à jamais le tout premier vainqueur du Championnat du Monde de F1, créé en 1950. Au volant de son Alfa Romeo, il remporta cinq courses cette année-là (dont trois comptant officiellement pour le championnat) pour s’assurer la couronne. Il s’inclinera par la suite devant la maestria d’un certain Juan Manuel Fangio.

Alberto Ascari : L’unique multiple champion du monde italien est une véritable icône, mais aussi un souvenir lointain même en Italie. Titré deux années de suite (1952 et 1953), de surcroît avec Ferrari, Ascari affiche un ratio de réussite impressionnant avec 13 victoires en seulement 32 départs. Un changement de règlement d’ampleur, en 1952, lui permit notamment de prendre les devants (un peu comme Antonelli en 2026 !).

Sa carrière a tragiquement pris fin lors d’un accident en essais à Monza en 1955. La portion rapide où le drame s’est produit a depuis été transformée en chicane et baptisée Variante Ascari en son honneur, un nom que le circuit légendaire conserve encore aujourd’hui.


Comment suivre au mieux l’actualité de notre site ?

Via notre nouvelle chaîne WhatsApp Nextgen-Auto.com !


Partage

mercedes1_18_-5.jpg