Comme Antonelli, ces pilotes de légende ont remporté leurs 2 premiers GP consécutivement

Ascari, Mansell, Hakkinen, Hamilton…

Comme Antonelli, ces pilotes de légende ont remporté leurs 2 premiers GP consécutivement
12 avril 2026 - 11:42

En s’imposant coup sur coup en Chine puis au Japon, Kimi Antonelli a marqué l’histoire de la F1 – et ce n’est pas une expression galvaudée.

Le pilote Mercedes F1 a été le premier vainqueur italien en F1 (depuis Fisichella) et même le premier Italien à gagner deux Grands Prix d’affilée en F1 depuis… Alberto Ascari, au début des années 50.

Ce que l’on sait moins, c’est qu’Antonelli a rejoint un deuxième cercle fermé : le coéquipier de George Russell a rejoint le petit groupe des pilotes ayant réussi l’exploit d’enchaîner une deuxième victoire consécutive immédiatement après avoir décroché le tout premier succès de leur carrière.

Et voici donc un petit tour d’horizon de ceux qui ont attendu le moins de temps possible avant de remporter leur 2e victoire en F1 !

Alberto Ascari (Allemagne et Italie, 1951)

Le premier de ces pilotes est d’ailleurs un autre Italien, Alberto Ascari. Le dernier champion en titre venu de la Botte…

Ascari a d’abord dû ronger son frein face à la suprématie d’Alfa Romeo lors de la saison inaugurale de 1950, remportée par Nino Farina. C’est l’arrivée de la Ferrari 375 F1 qui lui a permis de changer la donne. Après avoir débloqué son palmarès dans l’enfer vert du Nürburgring, il a récidivé dès la course suivante à domicile, dans le temple de la vitesse de Monza, devant les tifosi, en prenant le meilleur sur… Juan Manuel Fangio.

Ce doublé préfigurait sa célèbre série de neuf victoires consécutives à cheval sur 1952 et 1953, un record absolu qui n’a été battu que sept décennies plus tard par les dix succès de Max Verstappen en 2023.

Peter Collins (Belgique et France, 1956)

Révélé par ses performances en endurance, le jeune Britannique est repéré par Enzo Ferrari qui l’intègre à la Scuderia en 1956. Il signe sa première victoire sur le redoutable circuit de Spa-Francorchamps, profitant des ennuis techniques rencontrés par Stirling Moss et Juan Manuel Fangio. L’épreuve suivante, disputée à Reims, le voit triompher à nouveau, d’un souffle devant la Ferrari de son coéquipier Eugenio Castellotti.

Collins est aussi célèbre pour un acte d’une rare noblesse sportive, une sorte de vestige d’un autre temps. En effet, Collins cèdera volontairement sa monoplace (et ses propres espoirs de titre) à Fangio lors de la finale italienne de 1956. Sa carrière s’arrêtera tragiquement en 1958 en Allemagne, à l’âge de 26 ans, peu après son dernier succès acquis à domicile.

Bruce McLaren (États-Unis 1959 et Argentine 1960)

Avant de fonder l’écurie qui porte son nom, le Néo-Zélandais s’illustre sous les couleurs de Cooper. Il remporte la dernière course de la saison 1959 lors de l’unique Grand Prix de F1 jamais organisé à Sebring, résistant de justesse au tricolore Maurice Trintignant tandis que Jack Brabham s’assurait le titre d’une manière légendaire : en poussant littéralement sa monoplace vers la ligne. Ce jour-là, Bruce McLaren établit un record de précocité pour un vainqueur en F1 (22 ans et 104 jours) qui ne sera effacé que par… Fernando Alonso en 2003.

La saison 1960 s’ouvre à Buenos Aires, où Bruce McLaren tire son épingle du jeu dans une course chaotique pour s’imposer à nouveau. Bien que séparées par la trêve hivernale, ces deux victoires sont formellement consécutives.

René Arnoux (Brésil et Afrique du Sud, 1980)

Il a fallu attendre ensuite vingt ans pour voir un pilote remporter, coup sur coup, ses deux premières victoires. Nous sommes alors en 1980. Et la domination des moteurs turbo Renault sur les circuits en altitude a offert à René Arnoux deux scénarios presque identiques pour ses premiers succès.

À Interlagos, son coéquipier Jean-Pierre Jabouille domine l’épreuve depuis la pole position avant qu’une casse moteur ne propulse Arnoux vers sa toute première victoire. Le schéma se répète à Kyalami : Jabouille mène la danse, mais une crevaison l’écarte de la course, offrant une deuxième victoire d’affilée à la seconde Renault d’Arnoux. Il lui faudra cependant attendre le Grand Prix au Castellet en 1982, pour monter à nouveau sur la plus haute marche du podium.

Nigel Mansell (Europe et Afrique du Sud, 1985)

Après avoir fait ses armes chez Lotus, le Britannique passe chez Williams en 1985. Sa saison est d’abord mitigée et marquée par un violent accident lors des essais en France. Cependant, un podium en Belgique agit comme un déclic. Il décroche enfin sa première victoire à domicile, à Brands Hatch, lors du Grand Prix d’Europe.

Sur sa lancée, le célèbre moustachu s’offre la pole position lors de l’épreuve suivante en Afrique du Sud et franchit la ligne d’arrivée en vainqueur, emmenant un doublé complété par son coéquipier Keke Rosberg.

Damon Hill (Hongrie, Belgique et Italie, 1993)

Propulsé chez Williams aux côtés d’Alain Prost alors qu’il n’avait qu’une expérience limitée chez Brabham, Hill passe tout près de la victoire au milieu de l’année 1993. Trahi par son moteur alors qu’il menait en Grande-Bretagne, puis victime d’une crevaison dans l’avant-dernier tour en Allemagne, il joue donc de malchance tout en rassurant son équipe sur son niveau.

La consécration arrive finalement en Hongrie. Puis, Hill double la mise en Belgique, obtenant la victoire grâce à un arrêt trop lent de son futur quadruple champion du monde de coéquipier.

Surtout, le Britannique entre ensuite dans l’histoire en devenant le premier pilote à enchaîner ses trois premières victoires consécutivement : il s’impose en Italie après que le moteur de Prost a rendu l’âme en fin de course. Un calage sur la grille portugaise l’empêchera de viser une quatrième victoire d’affilée.

Mika Häkkinen (Europe 1997, Australie et Brésil 1998)

Après une longue attente de 96 Grands Prix, le Finlandais goûte enfin à la victoire lors de la finale de 1997 à Jerez, bénéficiant des consignes d’équipe face à David Coulthard et de la prudence du nouveau champion Jacques Villeneuve.

La saison 1998, marquée par un grand changement de règlement, débute avec une McLaren écrasante (conçue par Newey) : Häkkinen gagne en Australie (Coulthard lui cédant à nouveau le passage après une erreur stratégique liée à la radio). Et à l’image de Hill, il s’offre un triplé en dominant l’épreuve brésilienne depuis la pole position. Michael Schumacher mettra un terme à cette série en remportant la manche suivante en Argentine.

Avec Hill, Mika Hakkinen est donc le seul pilote ayant remporté ses 3 premiers Grands Prix consécutivement. Un exploit que Andrea Kimi Antonelli pourrait égaler à Miami !

Lewis Hamilton (Canada et États-Unis, 2007)

Arrivé de manière fracassante chez McLaren pour sa saison de rookie, le prodige britannique multiplie les podiums d’entrée de jeu, rendant sa première victoire attendue par tout un pays déjà aux anges. Cette victoire survient à Montréal, un de ses futurs circuits fétiches, où il s’élance de la pole et garde la tête froide dans une course chaotique rythmée par les voitures de sécurité.

Dès le week-end suivant, pour la dernière apparition de la F1 sur le tracé d’Indianapolis, Hamilton récidive. Parti de la pole position, il résiste avec brio aux assauts de son redoutable coéquipier, Fernando Alonso, pour signer son deuxième succès en deux semaines.

Charles Leclerc (Belgique et Italie, 2019)

Cruellement privé d’un premier succès par une défaillance technique à Bahreïn, le Monégasque ronge son frein lors de sa première saison en rouge face à la domination de Mercedes. La délivrance survient à Spa-Francorchamps, lors d’un week-end très lourd sur le plan émotionnel, Leclerc s’imposant au lendemain de la mort de son grand ami Anthoine Hubert en F2.

Le paddock se rend ensuite directement à Monza, où Leclerc réalise l’exploit de s’imposer devant les tifosi, mettant fin à neuf années de disette pour la Scuderia sur ses terres. Une victoire dont il se souviendra toute sa vie.

L’exception Kimi Räikkönen (L’illusion de cinq jours)

Si cet article avait été rédigé au printemps 2003, Kimi Räikkönen y figurerait. Vainqueur de son premier Grand Prix sous la chaleur étouffante de la Malaisie, le Finlandais semblait en passe de récidiver sous le déluge brésilien lors de la course suivante. Après une erreur lui ayant coûté la tête de la course au profit de Giancarlo Fisichella, l’épreuve est interrompue par un drapeau rouge suite au violent accident de Fernando Alonso.

Initialement, le règlement des classements arrêtés au tour précédent désigne Räikkönen vainqueur. Cependant, cinq jours plus tard, suite à un appel de l’écurie Jordan, les instances dirigeantes corrigent une erreur de chronométrage : Fisichella avait bel et bien entamé un tour supplémentaire avant l’interruption. La victoire lui est logiquement rendue, et Räikkönen devra finalement patienter jusqu’au Grand Prix de Belgique 2004 pour soulever à nouveau le trophée du vainqueur.


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