La F1 annonce le retour des V8 dès 2030, avec des voitures allégées de 80 kg

La FIA veut tourner rapidement la page des moteurs 2026

La F1 annonce le retour des V8 dès 2030, avec des voitures allégées de 80 kg
Auteur : Franck Drui
13 octobre 2026 - 14:46

La Formule 1 pourrait connaître sa nouvelle révolution technique plus tôt que prévu. Alors que les groupes propulseurs introduits en 2026 continuent de susciter de nombreuses critiques, Mohammed Ben Sulayem affirme désormais que le retour des moteurs V8 interviendra bien dès 2030, soit un an avant l’échéance initialement envisagée. Le président de la FIA assure bénéficier du soutien de la FOM et des motoristes pour mener à bien cette transformation, qui doit notamment permettre de réduire le poids des monoplaces d’environ 80 kg, de diminuer considérablement les coûts de développement et de redonner aux moteurs une sonorité plus spectaculaire.

Moins d’une saison après l’introduction de la nouvelle réglementation moteur, l’avenir technique de la Formule 1 semble déjà se dessiner autour d’un changement majeur. La FIA entend abandonner l’architecture actuelle au profit de groupes propulseurs V8 à partir de 2030, une orientation que Mohammed Ben Sulayem présente désormais comme acquise.

Jusqu’à présent, le retour des V8 était principalement envisagé pour 2031, à l’issue du cycle réglementaire actuel. Mais le président de la Fédération internationale de l’automobile estime que les conditions sont réunies pour avancer cette échéance d’une année.

Cette annonce intervient dans un contexte de critiques persistantes concernant les groupes propulseurs introduits en 2026.

Conçue notamment pour attirer de nouveaux constructeurs dans la discipline, la réglementation actuelle repose sur une contribution beaucoup plus importante de la puissance électrique, avec une répartition proche de 50 % entre le moteur thermique et la partie électrique.

Si cette formule a effectivement contribué à convaincre des constructeurs de s’engager en Formule 1, elle a également profondément modifié la manière dont les pilotes doivent gérer leurs monoplaces en course. La récupération et le déploiement de l’énergie sont devenus des paramètres déterminants, parfois au détriment de la régularité des performances sur un même tour.

Le phénomène de superclipping, qui entraîne une réduction de la puissance disponible lorsque le système électrique ne peut plus fournir toute l’énergie demandée, fait notamment partie des aspects les plus critiqués.

Les importantes différences de vitesse qui peuvent en résulter ont également favorisé des dépassements et des changements de position parfois artificiels, donnant lieu à des comparaisons peu flatteuses avec le jeu vidéo Mario Kart.

Un retour des V8 avancé d’un an

Mohammed Ben Sulayem a confirmé sa volonté d’accélérer le calendrier lors de la présentation du futur Grand Prix d’Afrique au Rwanda.

Le pays doit accueillir la Formule 1 au début des années 2030, sur un nouveau circuit construit à Bugesera, près de Kigali, permettant au championnat de revenir sur le continent africain pour la première fois depuis 1993.

C’est à cette occasion que le président de la FIA a évoqué avec assurance le calendrier de la prochaine génération de moteurs.

"Ce qui est formidable avec 2030, c’est que nous travaillons ensemble et que l’introduction du nouveau V8 aura lieu en 2030," a déclaré Ben Sulayem, aux côtés de Stefano Domenicali qui a acquiescé.

"Le Rwanda disposera donc de ce moteur pour son tout premier Grand Prix."

La FIA ne souhaite pas attendre 2031 pour introduire une nouvelle architecture moteur, malgré le fait que les groupes propulseurs actuels n’en soient encore qu’à leur première saison de compétition.

Pour Ben Sulayem, cette évolution répond à plusieurs objectifs, à commencer par la nécessité de rendre les monoplaces plus légères.

Le président de la FIA a présenté trois grandes priorités qui doivent guider la conception des futurs groupes propulseurs.

La première concerne directement le comportement des voitures et les sensations de pilotage.

La réglementation actuelle, avec son importante composante électrique et les systèmes associés, impose des contraintes techniques qui influencent le poids et les caractéristiques des monoplaces.

Ben Sulayem souhaite profiter du retour des V8 pour inverser cette tendance.

"Quels sont les objectifs de ce moteur ? En tant que pilote, la première chose dont nous avons besoin, ce sont des voitures légères. Elles seront donc environ 80 kilogrammes plus légères. Peut-être que je ne devrais pas encore le dire à la presse, mais c’est acté."

Un allègement d’une telle ampleur pourrait notamment modifier sensiblement l’agilité des monoplaces, leur comportement dans les virages et les sensations ressenties par les pilotes. Il reste toutefois à connaître les détails techniques de la future réglementation pour déterminer comment cet objectif pourra être atteint.

Le deuxième objectif mis en avant par Mohammed Ben Sulayem concerne la viabilité économique.

"Ensuite, le deuxième objectif est de garantir la viabilité économique de l’activité. Il y aura donc une réduction d’au moins 50 % des coûts de recherche et développement et de ceux liés au moteur."

Le président de la FIA n’a toutefois pas détaillé les mécanismes qui permettraient d’atteindre cette baisse d’au moins 50 %.

Le troisième objectif concerne directement les spectateurs et l’expérience proposée par la Formule 1.

Depuis l’introduction des moteurs V6 turbo hybrides en 2014, la sonorité des groupes propulseurs constitue un sujet récurrent de critiques. Les générations précédentes de moteurs V8, V10 et V12 étaient notamment appréciées pour leurs régimes élevés et leur son particulièrement intense, qui participaient à l’expérience vécue par les spectateurs présents sur les circuits.

Le passage aux motorisations turbo hybrides a profondément modifié cette signature sonore, suscitant la nostalgie d’une partie des passionnés.

Avec le retour des V8, Ben Sulayem souhaite redonner davantage de place à cet aspect émotionnel de la discipline.

"Troisièmement, il s’agit des fans. Il s’agit de la sonorité, pas du bruit."

Reste une question essentielle : la FIA pourra-t-elle réellement imposer une transformation aussi importante dès 2030, alors que les constructeurs viennent d’investir massivement dans les groupes propulseurs 2026 ?

Mohammed Ben Sulayem se montre particulièrement confiant sur ce point. Selon lui, les discussions avec les différents acteurs de la Formule 1 ont permis de réunir les soutiens nécessaires pour avancer la date d’introduction des V8.

"Je pense qu’il ne s’agit pas d’une question de maturité qui nous obligerait à attendre 2031, avec tout ce qui revient alors à la FIA," a-t-il ajouté.

"Non, j’ai le soutien de la FOM. J’ai le soutien des constructeurs, donc ce moteur sera introduit en 2030 et donc il sera ici (au Rwanda). Je suis convaincu qu’il sera lancé."


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