Directives de pilotage : ’on veut tout mesurer’ mais la F1 reste humaine !
"Il faut accepter cela comme faisant partie du sport"
La réunion organisée au GP du Qatar entre les pilotes et la FIA autour des lignes directrices de pilotage continue de faire réagir. La question centrale reste inchangée : faut-il s’appuyer sur un ensemble de règles strictement codifiées, ou laisser davantage de place à l’interprétation humaine des commissaires ?
Du côté des directeurs d’équipe, deux voix majeures du paddock, Frédéric Vasseur (Ferrari) et Steve Nielsen (Alpine F1), ont livré leur analyse d’un système qui oscille entre précision absolue et jugement humain inévitable.
Le directeur de Ferrari a reconnu que les équipes réclament souvent l’inconciliable : une cohérence totale… mais aussi la flexibilité du jugement humain.
"Je pense que nous sommes tous un peu schizophrènes," a lancé le Français.
"Nous voulons de la constance – et cela implique d’avoir des lignes directrices et de les suivre. Mais en même temps, nous voulons aussi introduire un facteur humain capable de juger, et pas seulement d’appliquer des règles. À un moment, cela devient difficile."
Selon lui, la multiplication des situations limites provient aussi de la nature du plateau actuel.
"C’est aussi lié, je pense, au fait que le peloton est plus resserré qu’avant. Nous avons plus souvent ce genre de situations."
Vasseur a insisté sur la nécessité de conserver une capacité d’interprétation, notamment dans les décisions où une approche purement scientifique serait absurde.
"Garder un facteur humain a du sens. Ce n’est pas seulement une question de dire : ’l’écrou de roue est un millimètre devant ou derrière le rétroviseur’. Pour les pilotes, c’est impossible d’évaluer depuis la voiture s’ils ont le train avant aligné avec un rétroviseur ou non."
"Honnêtement, c’est presque impossible. Au final, le facteur humain est important. Mais il faut accepter que la décision puisse varier si elle n’est pas simplement mathématique."
Du côté d’Alpine, Steve Nielsen rejoint largement ce point de vue, non sans humour.
"Oui, je suis d’accord avec Fred, honnêtement. Enfin… disons que je suis principalement d’accord avec Fred !"
Pour lui, aucune règle ne permettra jamais d’éliminer totalement les différences d’appréciation.
"Aucune situation n’est identique, et comme Fred l’a dit, il y aura toujours un facteur humain. C’est un sport qui veut tout mesurer dans les moindres détails, au centième près, et tenir de la science exacte. Mais lorsqu’un jugement humain intervient, il y a forcément des variations."
Une réalité qu’il estime inhérente non seulement à la Formule 1, mais au sport en général.
"Je pense qu’il faut accepter cela comme faisant partie du sport. Il y aura toujours des divergences d’opinion. Ce n’est pas unique à la F1, ça arrive dans d’autres sports aussi."
"Et je pense que nous devons faire confiance à la FIA : ils ont des gens très compétents, et nous en sommes satisfaits."
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