La surchauffe, un défi à venir pour les pneus F1 de 2026 ?
Isola fait le point pour l’an prochain
Ce Grand Prix du Qatar, sera spécial pour Pirelli : en effet, en raison de l’usure trop prononcée et des risques encourus, deux arrêts aux stands seront obligatoires en course. Aucun relais ne devra dépasser les 25 tours.
Comme Mario Isola, le responsable de Pirelli, l’a confirmé, c’est bien l’expérience angoissante de l’an dernier sur ce tracé, qui a décidé le manufacturier à prendre cette décision radicale.
« Oui. Cela vient de l’année dernière. »
« Comme vous le savez, nous avons eu quelques crevaisons pendant la course, mais après celle-ci, nous avons également analysé les pneus utilisés, comme nous le faisons toujours. »
« Et il était clair qu’ils étaient usés à 100 %, voire plus. »
« Il y avait déjà une indication le samedi après le Sprint ; avec 25-26 tours, ils étaient assez usés. »
« Donc, pendant la course, aller jusqu’à 34-35 tours revenait essentiellement à pousser les pneus à rouler sur un circuit très exigeant sans bande de roulement. »
« Et quand on roule sans bande de roulement, le risque de crevaison est grand. On endommage la construction. »
« Nous avons donc fait la proposition en mars de limiter le kilométrage, et nous avons décidé d’aller dans cette direction. »
Il y a deux ans, Pirelli avait déjà introduit une limitation de 18 tours pour chaque relais. Pourquoi être allé au-delà cette année ?
« Parce que c’était un problème différent. »
« Il y a deux ans, il s’agissait de dommages sur le flanc causés par les vibreurs. »
« Ensuite, nous avons analysé les pneus et demandé la modification des vibreurs, ce que le circuit a fait. »
« Cela a réussi, nous n’avons donc pas trouvé de dommages sur le flanc, sur la gomme du flanc. »
« Mais dans ce cas précis, il s’agissait d’un problème différent lié à l’usure excessive, en particulier sur l’avant gauche. »
Beaucoup d’inquiétudes pour 2026 pour Pirelli ?
Mario Isola a cependant des interrogations encore plus angoissantes et structurelles pour l’an prochain. En effet, pour la révolution réglementaire de 2026, Pirelli a dû développer des nouveaux pneus. Ils sont toujours de 18 pouces, mais à la construction différente. Or comme souvent, Pirelli n’a pas pu disposer de mulets 100 % adaptés pour développer ses composés.
Cependant Mario Isola n’est pas trop inquiet pour le moment.
« C’est une situation que nous connaissons par le passé, lorsque nous avons dû passer de 13 à 18 pouces, ou avec les pneus plus larges en 2017. »
« Il était important de travailler avec les équipes, non seulement sur la piste mais aussi avec le modèle virtuel du pneu et avec l’aide des équipes et de leurs simulateurs. »
« Nous avons eu des retours sur la performance attendue de la voiture. »
« Nous avons donc travaillé en parallèle entre l’environnement virtuel et les essais en piste avec les voitures mulets. »
« Maintenant, nous avons finalisé le développement. La construction a été homologuée en septembre, et nous venons de décider des composés pour l’année prochaine. Donc, on verra à Abu Dhabi. »
Concernant les grandes lignes des nouveaux composés, le C6 a donc été écarté. Il y aura cependant des écarts plus grand entre chaque pneu.
« En gros, nous avons décidé d’homologuer cinq composés, de C1 à C5, car nous avons trouvé des gommes avec un bon delta de temps au tour entre elles. »
« Ne connaissant pas les voitures, nous voulions évidemment avoir un delta légèrement plus grand que l’actuel. »
« Ils sont bien espacés en termes de dégradation. »
« L’idée était donc d’avoir la flexibilité d’aller vers du plus tendre ou du plus dur selon ce que nous trouverons lors des premières courses de la saison prochaine. »
Et pourquoi donc avoir écarté le C6 ?
« Simplement parce que le C6 que nous avons trouvé était trop proche du C5, et nous avons déjà vu cette année que lorsqu’ils sont si proches et qu’il n’y a pas de différence claire, il est un peu inutile d’apporter les deux. »
« Donc, homologuer le C6 était un moyen automatique de sauter un niveau – cela signifie C3, C4, C5, ou C3, C4, C6. »
« À ce stade, il est inutile d’avoir un composé supplémentaire. Nous continuerons donc à chercher un C6 pour 2027 dès que nous aurons une idée de la performance des voitures l’année prochaine. »
« Et évidemment, l’année prochaine, nous pourrons tester avec les voitures actuelles, avec les bonnes voitures, et nous aurons de meilleurs retours. »
Un sujet d’inquiétude particulier pour l’an prochain porte sur la surchauffe des pneus : comme l’explique Mario Isola, c’est une difficulté déjà identifiée par Pirelli.
« Nous avons dû redessiner complètement le pneu avec un nouveau profil, en optimisant l’empreinte au sol. »
« Évidemment, à cause du nouveau package aéro, nous nous attendons à des vitesses plus élevées en ligne droite, mais à un niveau de charge identique – ou similaire – en virage. »
« Cela signifie que la surchauffe pourrait être un problème. »
« Nous avons travaillé pour essayer de minimiser la surchauffe, car nous savons que les pilotes n’aiment pas ça, tout en conservant une certaine dégradation thermique. »
« Les objectifs étaient donc clairs, mais évidemment sur une taille plus petite, c’est un peu plus difficile à moins de pénaliser pas mal la performance. Ce qui n’est pas l’objectif, évidemment. »
Enfin, un dernier problème se présente à Pirelli : la logistique ! En clair, si l’allocation lors des premières courses est inadaptée, Pirelli ne pourra rien faire pour rectifier le tir – pour des raisons de transport et de fret.
« Le fait est que nous ne pouvons certainement pas changer l’allocation pour les cinq premières courses. »
« Nous produisons les pneus pour tous les tests de pré-saison, et la logistique est un cauchemar aussi pour nous car nous avons dû lancer la production dès que possible pour fournir les pneus aux tests de pré-saison – qui ne durent pas seulement trois jours, mais neuf – plus les cinq premières courses qui sont hors d’Europe. »
« Donc, l’allocation a déjà été définie. »
« Mais selon les résultats des cinq premières courses, nous pouvons changer dans la deuxième partie de l’année. Si nous voulons aller un peu plus dur ou plus tendre, nous avons au moins cette flexibilité. »
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Pirelli
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