Pourquoi Cadillac et Alpine F1 devraient souffrir plus que les autres en 2026
Herbert met en garde ces deux équipes contre les pièges du nouveau règlement
Le début de la saison 2026 de Formule 1 approche en piste, à moins de 10 jours du début des essais privés à Barcelone et les boules de cristal sont de sortie. Le changement de règlement majeur, qui promet une refonte complète des monoplaces et des motorisations, ouvre un nouveau cycle dont les gagnants et les perdants restent difficiles à identifier. Mais pour Johnny Herbert, vainqueur de trois Grands Prix et ex-commissaire FIA, certaines équipes pourraient rapidement se retrouver en grande difficulté.
Sur le podcast Stay on Track, le Britannique a désigné deux structures qui, selon lui, risquent de vivre une entrée en matière compliquée dans cette nouvelle ère : Cadillac, nouveau venu en Formule 1, et Alpine, en pleine zone de turbulences depuis plusieurs saisons.
Le cadre est clair : en 2026, la F1 change de visage. Des monoplaces plus petites et plus légères, dotées d’aérodynamique active à l’avant comme à l’arrière, font leur apparition. Elles sont propulsées par de nouvelles unités de puissance reposant sur une répartition 50 % électrique, 50 % carburant durable, faisant de cette saison une véritable plongée dans l’inconnu.
À cela s’ajoute l’arrivée de deux nouvelles équipes. Audi reprend les rênes de Sauber, avec une base déjà existante, tandis que Cadillac débarque comme onzième écurie, construite intégralement à partir de zéro.
Cadillac, un long apprentissage en perspective
C’est justement ce point qui inquiète Johnny Herbert. Lorsqu’on lui suggère que Cadillac pourrait, selon lui, être "en train de courir après le peloton pendant longtemps", Herbert ne tarde pas à acquiescer.
"Très clairement, oui," répond-il.
Sur le papier, Cadillac peut pourtant s’appuyer sur un duo de pilotes expérimentés : Valtteri Bottas et Sergio Pérez, forts de 16 victoires en Grand Prix à eux deux. Un atout non négligeable, mais insuffisant selon Herbert pour compenser les défis structurels d’un projet naissant.
"C’est une expérience d’apprentissage totalement nouvelle," explique-t-il. "Oui, il y a et il y aura des gens expérimentés dans cette équipe, mais c’est un scénario complètement différent quand on monte une équipe entièrement nouvelle, avec en plus des attentes, j’en suis sûr, du côté de Cadillac."
"Vous affrontez les géants du sport, les Ferrari, Mercedes, Red Bull ou encore McLaren, par exemple."
"Ça va prendre du temps. Est-ce qu’ils ont suffisamment de temps pour que tout cela se mette en place sur la durée ? On parle probablement de quatre ou cinq ans. Je pense que ça va être difficile pour eux. Très difficile."
Même l’expérience des pilotes ne suffira pas à éviter un début de parcours compliqué.
"Ils ont deux excellents pilotes, qui seront très utiles grâce à leur vécu chez Mercedes et Red Bull dans le cas de Sergio. Mais je vois Cadillac lutter en fond de grille, je pense qu’ils seront ceux qui se battront probablement pour éviter la dernière ligne. Et ce sera forcément compliqué pour eux."
Alpine, l’autre grand point d’interrogation
L’équipe qu’Herbert imagine justement aux côtés de Cadillac dans cette bataille délicate n’est autre qu’Alpine. La formation d’Enstone a terminé dernière du championnat constructeurs 2025, après avoir choisi de concentrer ses efforts sur 2026.
"Je pense que l’équipe qui va vraiment souffrir, c’est Alpine," tranche Herbert. "Alpine est dans une très, très mauvaise passe en ce moment."
À la révolution du châssis s’ajoute une transformation majeure du côté moteur. Renault a abandonné son projet d’unité de puissance pour 2026, faisant d’Alpine une équipe cliente de Mercedes.
Sur le papier, un choix rassurant. Le moteur allemand est largement pressenti pour être l’un des plus performants du plateau, comme ce fut le cas lors de l’introduction des moteurs hybrides en 2014, période durant laquelle Mercedes a enchaîné huit titres constructeurs consécutifs.
"Le moteur ne fait pas tout," lance Herbert, qui tempère immédiatement l’optimisme.
"C’est l’ensemble du package," explique-t-il. "Il y a l’aérodynamique. Il faut que tous les ingrédients fonctionnent ensemble : l’électrification avec le moteur thermique, mais aussi la bonne aérodynamique."
"On a toute cette technologie avec les ailerons actifs qui va entrer en jeu. Il y a énormément de nouveautés qui arrivent, et elles ne s’appuient pas sur ce que j’appellerais des deux dernières années solides."
Herbert résume la situation d’Alpine en un mot : "Ça a été le chaos. Comment transformer le chaos en quelque chose de positif ?"
"Prendre un moteur Mercedes ? Oui, mais ça ne règle pas tout. Ça peut être très, très utile, mais je pense qu’il y a des problèmes plus fondamentaux. Ce sont tous ces petits ingrédients qui font que, selon moi, la tâche sera vraiment très compliquée pour Alpine."
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