Pirelli envisage des limites de relais au Qatar pour éviter de graves défaillances

"Un petit caillou ou un débris suffit à déchirer le pneu"

Auteur : Franck Drui
7 novembre 2025 - 10:46
Pirelli envisage des limites de relais au Qatar pour éviter de graves défaillances

À l’approche du Grand Prix du Qatar, Pirelli pourrait imposer des restrictions strictes sur la distance parcourue par chaque train de pneus, afin d’éviter d’éventuelles défaillances potentiellement dangereuses sur le circuit international de Losail.

Alors que la Formule 1 se prépare pour une nouvelle visite au Qatar ce mois-ci, les regards se tournent vers Pirelli et la FIA. Les décisions prises pourraient bien redessiner le déroulement de la course, dans l’espoir de préserver la sécurité sans sacrifier le spectacle.

Le manufacturier italien s’inquiète d’un ensemble de caractéristiques propres au tracé qatari, qui soumettent les pneumatiques à des contraintes extrêmes. Entre des vibreurs agressifs, une surface particulièrement abrasive et une succession de virages rapides très exigeants, les gommes opèrent en permanence à la limite de leur résistance depuis le retour de la Formule 1 dans la région du Golfe.

"Si la bande de roulement devient trop fine, le pneu n’est plus protégé," a expliqué le directeur de Pirelli Motorsport, Mario Isola. "Alors, un petit caillou ou un débris suffit à déchirer la couche de caoutchouc du pneu."

Cette vulnérabilité avait déjà été mise en lumière lors du Grand Prix du Qatar 2023. Pirelli avait dû réagir en urgence après avoir détecté, dès les essais, des niveaux d’usure inquiétants. Résultat : l’instauration d’une limite stricte de 18 tours par train de pneus, imposant de facto une stratégie à trois arrêts.

Et pourtant, des modifications avaient été apportées au préalable au profil des vibreurs. Les commissaires de piste avaient abaissé la hauteur de ceux qui étaient les plus agressifs après les plaintes des équipes concernant une dégradation excessive. Malgré ces ajustements, les problèmes ne s’étaient pas résorbés.

Le circuit de Losail réunit en effet toutes les conditions pour créer un véritable cocktail explosif en matière de dégradation avec des F1 à effet de sol qui ont aussi énormément gagné en performances et en appuis aérodynamiques depuis 2023. Ses longues courbes rapides génèrent une charge latérale soutenue sur les flancs des pneumatiques, tandis que l’asphalte abrasif accélère l’usure de la bande de roulement. Les enchaînements de secteurs rapides suivis de gros freinages ajoutent une contrainte thermique supplémentaire, mettant à mal l’intégrité structurelle des gommes.

La combinaison du climat désertique, des températures élevées et des contraintes latérales spécifiques au tracé avait continué de solliciter les pneumatiques au-delà des seuils de sécurité acceptables.

Pour 2025, les restrictions envisagées par Pirelli seraient susceptibles d’imposer un minimum de deux arrêts, obligeant les pilotes à changer de pneus au moins deux fois durant les 57 tours de course. Cette mesure reproduirait en partie le dispositif exceptionnel mis en place en 2023, et modifierait en profondeur les stratégies des équipes.


Nouveau : comment suivre au mieux l’actualité de notre site ?

Via notre nouvelle chaîne WhatsApp Nextgen-Auto.com !

Vous abonner (cliquez sur l’étoile pour mettre en favori) à notre Google News si vous utilisez l’appli Google Actualités sur votre smartphone.


Partage

xpb_1376275_hires.jpg