Pirelli F1 redoute une ’tempête parfaite’ sous la pluie à Montréal

Et le manufacturier conseille les pneus pluie plutôt que les intermédiaires

Pirelli F1 redoute une ’tempête parfaite’ sous la pluie à Montréal
Auteur : Franck Drui
24 mai 2026 - 19:33

Le Grand Prix du Canada pourrait offrir la première course disputée sous la pluie de l’ère réglementaire 2026 en Formule 1, et chez Pirelli, l’inquiétude grandit déjà. A un peu plus de deux heures du départ, l’ingénieur en chef de la marque italienne, Simone Berra, estime même que les conditions attendues à Montréal représentent une véritable "tempête parfaite" pour les nouveaux pneumatiques pluie.

Le Grand Prix du Canada a officiellement été classé comme événement perturbé par la pluie par la FIA, avec plus de 40% de risque de pluie pendant la course et des prévisions annonçant des averses légères durant une grande partie de la journée de dimanche.

Depuis le début de la saison 2026, Pirelli n’a encore jamais eu l’occasion d’utiliser ses nouveaux pneus pluie en conditions de course. Plusieurs séances d’essais spécifiques ont bien été organisées avec quelques équipes au fil des derniers mois, mais aucun Grand Prix n’a encore permis de réellement valider leur comportement dans des conditions extrêmes.

Le pilote Pierre Gasly, qui a récemment participé à des essais pluie avec Pirelli à Magny-Cours, a d’ailleurs averti ses collègues du paddock. Le Français a confié que "vous allez être choqués" par le comportement des nouvelles F1 et leurs gommes sous la pluie.

Même son de cloche du côté de Lando Norris, qui ne cache pas ses craintes face aux conditions attendues à Montréal.

Le Britannique a reconnu qu’il "n’attendait pas ça avec impatience" et estime "qu’il pourrait y avoir beaucoup de chaos", notamment à cause des différences de compréhension entre les pilotes concernant les nouveaux composés 2026.

Cette saison, Pirelli a réduit la largeur des pneus avant et arrière dans le cadre du nouveau règlement technique. Selon Berra, la combinaison entre les basses températures attendues en course, le faible niveau d’adhérence du circuit et la pluie pourrait rendre les pneus intermédiaires particulièrement difficiles à exploiter.

"Ici, je pense que c’est la tempête parfaite," a expliqué Berra. "Nous avons des températures froides et un circuit à faible énergie pour les gommes, sans virages rapides."

L’Italien souligne que les conditions météo prévues sont inédites pour ces pneumatiques : "S’il pleut ici, ce sera compliqué, parce qu’en regardant les prévisions, ils attendent des températures de l’air autour de 11 ou 12 degrés, et la piste sera probablement dans les mêmes valeurs."

"Nous n’avons jamais eu ces conditions auparavant et nous n’avons jamais conçu les pneus pour ces conditions, car il fait très froid et cela peut devenir très délicat."

Selon lui, les pneus pluie extrême pourraient même devenir plus performants que les intermédiaires, un scénario quasiment inédit en Formule 1 moderne.

"Je pense que ce sera plus compliqué avec les intermédiaires, un peu moins avec les pneus pluie," poursuit-il. "Il y a davantage de gomme et le composé fonctionne dans une plage de température plus basse. Je pense donc que les pneus pluie souffriront un peu moins. Il est possible que, pour une fois ces dernières années, les pneus pluie soient plus rapides que les intermédiaires."

Berra insiste également sur le principal danger : l’incapacité des pneus à retrouver de la température une fois celle-ci perdue.

"Ce n’est pas seulement une question de mise en température," explique-t-il. "Si cela prend cinq tours avant d’atteindre une fenêtre de fonctionnement stable, ce n’est pas forcément un problème. Il suffit d’attendre le bon moment."

"Mais si vous commencez à perdre de la température et que vous ne trouvez jamais un moyen d’en regagner, cela devient très compliqué. Vous commencez à souffrir, vous n’avez plus d’adhérence et, au final, vous ne pouvez plus rouler avec ces températures aussi basses."

Pour cette raison, l’ingénieur italien estime que Montréal est précisément un circuit où les pneus pluie pourraient mieux performer que les intermédiaires.

"C’est pour cela que, selon moi, le pneu pluie peut totalement fonctionner ici," a-t-il affirmé.

Berra rappelle également le précédent du Grand Prix du Canada disputé sous la pluie il y a deux ans, lorsque Haas avait tenté un pari audacieux.

"Nous avons déjà vu cela il y a deux ans lors d’une course humide. Haas avait décidé d’utiliser les pneus pluie au départ de la course et ils ont roulé huit tours avec. Ils étaient plus rapides."

Même si les pneus intermédiaires étaient alors différents de ceux de 2026, Berra pense que le scénario pourrait se reproduire ce dimanche.

"Je pense que s’il pleut, nous serons dans une situation assez similaire. Personnellement, j’utiliserais les pneus pluie."


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