La F1 maintient la procédure de départ qui avait provoqué la colère de Ferrari

La FIA refuse de revenir en arrière pour les prochaines saisons

La F1 maintient la procédure de départ qui avait provoqué la colère de Ferrari
Auteur : Franck Drui
19 août 2026 - 14:37

Les départs constituent l’un des changements les plus sensibles de la réglementation technique 2026. Après les difficultés rencontrées lors des essais hivernaux à Bahreïn et un incident spectaculaire impliquant Liam Lawson à Melbourne, la FIA a renforcé son dispositif de sécurité. Mais alors que le système de détection des départs trop lents a été amélioré, la procédure des cinq secondes devrait, elle, rester en vigueur en 2027.

Le sujet avait rapidement pris une dimension politique dans le paddock après les essais hivernaux. Plusieurs équipes réclamaient davantage de temps lors de la procédure de départ afin de permettre aux turbocompresseurs de monter en régime et aux moteurs de préparer davantage de puissance avant l’extinction des feux.

Ferrari s’était toutefois opposée à cette évolution. La Scuderia disposait en effet d’un avantage grâce à son turbocompresseur de plus petite taille, qui lui permettait notamment de bénéficier d’une meilleure réponse au moment du départ.

Un compromis avait finalement été trouvé avec l’introduction de la procédure dite de pré-départ. Une alerte intervient désormais cinq secondes avant le départ, accompagnée de feux bleus clignotants sur la grille une fois que toutes les monoplaces ont rejoint leur emplacement après le tour de formation.

À l’époque, le directeur de Ferrari, Frédéric Vasseur, avait clairement fait savoir que cette solution représentait la limite acceptable pour son équipe, estimant qu’il fallait alors "que cela suffise".

Les principales inquiétudes concernant la sécurité des départs ont depuis été traitées par la FIA. Pour autant, Nikolas Tombazis ne voit aucune raison de supprimer la procédure de cinq secondes à partir de 2027.

"Je pense que les cinq secondes constituent désormais une procédure établie et je ne vois pas pourquoi elle changerait au cours de ce cycle réglementaire," a expliqué le directeur des monoplaces de la FIA.

Cette procédure ne répond toutefois pas directement à un problème de sécurité, selon Tombazis. Elle permet surtout aux pilotes de se préparer correctement alors que les voitures peuvent arriver sur la grille à des moments légèrement différents.

"Cela n’a rien à voir avec la sécurité. Il s’agit simplement du fait que différentes voitures arrivent sur la grille à des moments différents, et que les pilotes doivent pouvoir se préparer afin d’avoir, disons, un départ correct," a-t-il détaillé.

"Je ne pense pas que ce soit vraiment une question de sécurité. La partie électrique est davantage liée à la sécurité."

Cette dernière remarque concerne un autre dispositif mis en place par la FIA : le système de détection d’un départ à faible puissance. Ce système constitue une véritable protection supplémentaire destinée à éviter qu’un départ extrêmement lent ne provoque une situation dangereuse comme celle observée lors du Grand Prix d’Australie, première manche de la saison.

À Melbourne, Liam Lawson avait quitté son emplacement de grille à une vitesse anormalement faible après avoir relâché l’embrayage. Franco Colapinto était alors arrivé à sa hauteur et avait dû effectuer une manœuvre d’évitement particulièrement rapide pour ne pas percuter la Racing Bulls.

La FIA a depuis développé un système capable de détecter ce type de comportement. Lorsqu’un départ est jugé anormalement lent, une intervention automatique provoque alors un déploiement du MGU-K afin de garantir un niveau minimal d’accélération.

Le dispositif ne doit cependant pas être considéré comme un nouvel outil de performance. Tombazis avait déjà insisté sur le fait qu’il ne permettait pas de transformer un mauvais départ en départ avantageux.

Son rôle est uniquement de limiter les conséquences d’un problème. Autrement dit, un départ catastrophique peut devenir un départ simplement mauvais, mais un départ médiocre ne peut pas être transformé en envol compétitif grâce à l’intervention automatique du système.

"Eh bien, tout d’abord, nous avons travaillé sur la sécurité sur la grille de départ. Depuis que nous avons discuté du package de Miami fin avril jusqu’à aujourd’hui, nous avons travaillé sur certains systèmes de récupération d’urgence, donc sur des éléments électriques permettant de relancer une voiture qui prend un départ très lent et ainsi éviter notamment le risque de voir des voitures caler," a expliqué Tombazis.

Le développement de ce système a donc permis de répondre à la principale inquiétude née des premiers Grands Prix de l’ère 2026. La FIA considère désormais que les risques liés à un départ anormalement lent sont mieux maîtrisés.

Cela ne remet toutefois pas en cause la procédure des cinq secondes. Celle-ci répond à une problématique différente : elle permet aux pilotes de disposer d’un laps de temps suffisamment prévisible pour préparer leur départ lorsque les voitures se positionnent progressivement sur la grille.

La FIA semble donc vouloir conserver les deux dispositifs en parallèle. Le système électrique intervient comme une protection de dernier recours, tandis que la procédure de pré-départ reste une étape normale de préparation avant l’extinction des feux.

Pour 2027, les équipes devraient ainsi continuer à composer avec cette séquence, malgré les tensions qu’elle avait suscitées lors de son introduction. La question des performances au départ pourrait donc rester un sujet technique et politique important dans le paddock, mais la priorité affichée par la FIA demeure désormais claire : éviter qu’une différence de comportement entre les monoplaces ne puisse déboucher sur une situation dangereuse.


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