’J’étais littéralement malade’ : Komatsu revient sur la ’claque’ de Haas F1 à Melbourne

Un début de saison catastrophique inattendu

10 août 2025 - 10:17
’J’étais littéralement malade’ : Komatsu revient sur la ’claque’ de Haas F1 à Melbourne

Haas F1 a connu une entame de saison catastrophique à Melbourne, en étant nettement la dernière équipe de la hiérarchie au Grand Prix d’Australie. Une déception après un hiver encourageant qui a grandement marqué Ayao Komatsu, le directeur de l’équipe.

"Ce sont des montagnes russes cette saison" a raconté Komatsu. "Les essais de pré-saison se sont bien passés. Puis on a reçu une claque à Melbourne. C’était un vrai choc. Je n’oublierai jamais ce sentiment. J’étais littéralement malade. Franchement, on était à six dixièmes de la voiture la plus lente après nous. Six dixièmes ! Comment rattraper ça ?"

"Mais on n’avait pas le choix. Il fallait réagir vite. Pour moi, d’ici la troisième course, on devait corriger ça. Je n’avais jamais fait ça avant. Personne ne l’avait fait. On ne connaissait même pas l’ampleur du problème, mais on ne pouvait pas se permettre d’attendre."

"Ces deux éléments incompatibles, honnêtement, m’ont donné la nausée. La seule chose à faire, c’était de faire confiance à l’équipe, les mêmes personnes qui ont construit la VF-24, qui était la cinquième voiture la plus rapide en fin de saison dernière."

"Donc je leur ai dit ’on n’a pas oublié comment construire une bonne voiture. On a manqué quelque chose, mais on va le trouver et avancer’. J’ai aussi clairement dit qu’il fallait prendre des risques. On ne pouvait pas attendre l’évolution prévue pour Imola, sinon la saison serait fichue."

"À Suzuka, avec le secteur 1 rapide, si on ne changeait rien, on aurait à nouveau six dixièmes de retard. Inacceptable. A aucun moment je ne me suis dit ’on ne marquera pas de points pendant la moitié de la saison"’, car ce n’était pas une option. Même si on échoue, il faut tenter, apprendre."

Le Japonais a expliqué ce qui a coûté cher à Haas en début de saison, en l’occurrence le phénomène d’oscillation : "Ce genre de problème, sur une voiture à effet de sol, on ne peut pas le tester en soufflerie car cela casserait le tapis roulant."

"Il y a aussi certaines conditions qu’on ne peut pas reproduire en soufflerie. On avait un indicateur censé prédire ces choses, il a bien fonctionné l’an dernier, mais comme d’autres équipes ont été confrontées au problème avant nous, elles avaient plus d’avance."

"Tant que vous ne le voyez pas en piste, vous ne pouvez pas le savoir. Une fois le problème identifié à Melbourne, on a dû tout reprendre depuis le développement de la VF-24 jusqu’à la VF-25, pour voir à quel moment on a franchi un seuil critique."

"Une fois l’oscillation déclenchée, même si la voiture est dans la bonne fenêtre de réglages, le pilote ne peut pas l’exploiter. Donc on a dû sacrifier de la performance pour stabiliser le comportement, quitte à avoir un pic d’appui un peu plus bas."

"Ce n’était pas un problème de réglages, mais un problème fondamental de l’aérodynamique, ce qui était désespérant. Si ça avait été un problème de réglages de la voiture, c’est plus simple à corriger."

Haas a corrigé le problème en apportant un correctif pour le Grand Prix du Japon, troisième course de l’année, sans même le tester : "Ce qu’on a fait à Suzuka, ce n’était pas un tir dans le noir, mais une hypothèse éclairée. On n’avait pas eu le temps de la tester en soufflerie."

"On a analysé ce qu’on pensait être le problème, on a monté les pièces sur la voiture, puis on les a testées en soufflerie après Suzuka. Et ça a confirmé notre hypothèse. Le plus satisfaisant, c’est que nous avions raison. Cette intuition était la bonne. Cela nous a donné confiance pour les évolutions suivantes, comme à Imola."

"À Imola, peut-être que ça n’a pas apporté un gain de performance pur énorme, mais cela a rendu la voiture plus robuste, plus stable dans les conditions critiques. Et à partir de là, on pouvait vraiment commencer à ajouter de la performance, ce qu’on a vu à Silverstone."

Après les correctifs de Suzuka et Imola, le package de Silverstone a été la première vraie amélioration de performance. Désormais, l’objectif de Haas est de tirer pleinement parti de la voiture, ce qu’elle n’a pas encore réussi à faire depuis le cauchemar de la manche d’ouverture.

"La seule direction possible, c’est vers le haut. La voiture est rapide, nous avons deux pilotes avec du potentiel, mais on a eu du mal à tout mettre ensemble lors des trois dernières courses. On a besoin de la pause estivale pour se recentrer, se remettre en question, et revenir avec un vrai plan d’action."


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