Horner et Red Bull : 20 ans de succès mais aussi de tumulte
Un long fleuve pas tranquille qui a rapporté 14 titres
C’est la nouvelle qui fait l’effet d’une bombe ce matin en F1 : Christian Horner est licencié de Red Bull avec effet immédiat ! Cela a un effet domino puisqu’il est remplacé par Laurent Mekies, qui quitte Racing Bulls et se voit remplacé de son côté par Alan Permane.
Christian Horner a commencé sa carrière dans le sport automobile en Formule Renault, avant de piloter en Formule 3, et même en Formule 2 à l’échelle nationale. Le sommet de sa carrière de pilote arrive en 1997 avec un engagement en championnat international de F3000, aux côtés de Juan Pablo Montoya, Tom Kristensen et autres Ricardo Zonta.
Courant dans l’équipe Arden International qu’il a cofondée, Horner se rend compte qu’il a une bien plus grande appétence pour l’aspect managérial du métier et décide de raccrocher casque et gants pour prendre la tête d’Arden.
Après quelques saisons difficiles, marquées notamment par l’engagement de Tomas Enge et le titre perdu sur tapis vert pour consommation de stupéfiants, Arden International rencontre la consécration en 2003 avec Björn Wirdheim, puis en 2004 avec Vitantonio Liuzzi. Ce dernier, épaulé par Robert Doornbos, offre à Arden le titre par équipes cette année-là.
Les bonnes performances de Horner à la tête d’Arden lui valent d’être choisi par Dietrich Mateschitz, propriétaire de Red Bull, qui a racheté Jaguar Racing pour lancer une équipe de Formule 1 aux couleurs de la célèbre boisson énergisante, autrefois sponsor de Sauber ou Arrows.
Le plus jeune team principal de l’Histoire
A 31 ans, il devient ainsi le plus jeune team principal en F1, appliquant immédiatement avec Helmut Marko la stratégie visant à placer un pilote expérimenté, David Coulthard, et un jeune pilote à ses côtés avec un baquet tournant entre Christian Klien et Liuzzi.
En 2007, Mark Webber rejoint Coulthard et Horner recrute la pièce maîtresse du projet Red Bull : Adrian Newey. L’ingénieur vient de chez McLaren, dont les voitures jouent les titres mondiaux, et va préparer la nouvelle réglementation pour 2009 dans les coulisses.
La saison 2008 est catastrophique pour Red Bull, qui termine derrière Toro Rosso au championnat, mais Newey a refusé de travailler sur la voiture actuelle et place toutes ses ressources sur 2009.
Avec raison, puisque l’équipe signe sa première victoire et son premier doublé en Chine, troisième manche de la saison. Avec un Sebastian Vettel en pleine explosion, l’équipe jouera même le titre pilotes en fin de saison, devant s’incliner contre Brawn GP et Jenson Button.
En 2010, malgré une saison chaotique et une rivalité entre Vettel et Webber devenant très tendue, l’équipe remporte les deux titres mondiaux et Vettel devient le plus jeune champion du monde de l’histoire.
Horner devient aussi le plus jeune team principal champion du monde, et l’équipe enchaine ensuite trois titres consécutifs en plus chez les pilotes et chez les équipes. La période du V6 s’ouvre difficilement, et Horner montrera une facette que l’on ne lui connaissait pas en jetant régulièrement son partenaire Renault sous le bus.
Un nouveau gros coup avec Verstappen
Pourtant, toutes les Red Bull de la période 2014-2018 ne sont pas parfaites en matière de châssis, loin de là, mais le déficit du V6 français est l’alibi parfait pour Horner qui, avec Marko, arrive à faire un autre coup sur le marché des transferts en recrutant le jeune Max Verstappen.
Le Néerlandais est très convoité, notamment par Mercedes et Ferrari, et il se voit promu après une saison et quatre courses, ce qui permet à Red Bull de le recruter sur le long terme. Une nouvelle ère qui coïncide avec l’arrivée de Honda du côté du moteur.
Après deux années de nette progression, Red Bull, Honda et Verstappen jouent le titre pilotes en 2021 et le gagnent à la fin de la saison, mais concèdent la couronne constructeurs à Mercedes.
En 2022 et 2023, l’équipe écrase la concurrence et remporte les deux couronnes chaque année, cumulant 21 victoires en 22 courses en 2023, un record qui risque d’être difficile à battre à l’avenir.
En 2024, la stratégie du "tout Verstappen" continue de payer du côté des pilotes, mais l’équipe perd la couronne constructeurs au profit de McLaren. Pire, Horner est accusé par son ancienne assistante de harcèlement.
L’affaire, encore en cours, doit passer devant un tribunal professionnel début 2026. Il se dit aussi qu’un premier accord aurait eu lieu avec un chèque à sept chiffres à la clé. Le fait que ce sordide chapitre traîne en longueur n’a certainement pas aidé la position de Horner à la tête de Red Bull, compte tenu du déficit d’image que cela apporte.
Un jeu politique qui affaiblit Horner
Depuis l’an dernier, le jeu politique entre lui et Helmut Marko s’est intensifié, et l’on sait que l’avenir de Max Verstappen est également lié à cette lutte de pouvoir. Il se dit depuis l’an dernier que le clan Mateschitz, composé des héritiers du fondateur de l’équipe décédé en 2022, veut le départ de Horner, sauvé par le copropriétaire thaïlandais de Red Bull, Chalerm Yoovidhya.
La valse des deuxièmes pilotes cette année, avec des résultats catastrophiques pour la deuxième monoplace, liée aux envies de départ de Verstappen et à la chute des résultats du team, a certainement eu raison de la place de Horner.
Malgré la réussite de sa stratégie mettant un pilote au centre de l’équipe, avec des séries de titres pour Vettel et Verstappen, le déficit d’image créé autour de Red Bull et la situation compliquée dès que l’équipe commence à moins fonctionner ont certainement eu raison de sa place.
Les rumeurs persistantes de difficultés autour du projet de moteur Red Bull Powertrains avec Ford ont certainement joué. Nul doute également que cette décision est liée à l’avenir de Max Verstappen, qui discute actuellement avec Mercedes, et dont les relations avec Horner semblent détériorées.
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