Accident de Suzuka : Villeneuve charge Colapinto au cœur de la polémique
La sécurité en question après un crash spectaculaire
Le spectaculaire accident d’Oliver Bearman lors du Grand Prix du Japon continue de faire débat, et Jacques Villeneuve n’a pas mâché ses mots en désignant un responsable clair : Franco Colapinto.
L’incident s’est produit au 21e tour sur le circuit de Suzuka, à l’approche du virage de Spoon. Colapinto, alors devant, roulait à une vitesse nettement inférieure – environ 50 km/h de moins – en raison d’une phase de recharge de la batterie de son Alpine. Derrière lui, Bearman arrivait à pleine vitesse en mode déploiement d’énergie.
Surpris par cet écart, le Britannique a tenté un écart sur la gauche pour éviter la collision, mais a été projeté dans l’herbe. Sa monoplace a alors traversé la piste avant de partir en tête-à-queue et de terminer violemment dans le mur de pneus opposé.
Le pilote de 20 ans a été rapidement pris en charge et transporté au centre médical, boitant en quittant sa voiture. Plus de peur que de mal toutefois, puisqu’il a reçu un feu vert médical : pas de fractures, juste une contusion au genou droit. De son côté, Colapinto a poursuivi sa course pour terminer 13e, tandis que les commissaires ont décidé de ne prendre aucune sanction.
Une décision qui a profondément surpris Villeneuve.
"J’ai été surpris que rien ne soit fait contre Colapinto, parce que c’est exactement le genre de situation que l’on ne veut pas voir," a-t-il déclaré. "Un petit mouvement à l’approche d’un virage, dans un virage aussi dangereux, alors qu’il est en train de régénérer de l’énergie."
Le Canadien pointe également du doigt les effets pervers des nouvelles règles 2026 sur la gestion de l’énergie.
"Je suppose que nous voyons maintenant le danger de cette nouvelle réglementation. Les différences de vitesse peuvent être tellement importantes que le moindre mouvement devient très dangereux."
Pour lui, Bearman n’avait aucune échappatoire : "Oliver ne pouvait rien faire. Et je ne comprends pas ce que Colapinto faisait, à rouler aussi lentement dans un endroit aussi dangereux."
De son côté, Colapinto a rejeté toute responsabilité, expliquant que le ralentissement de son Alpine était directement lié à la récupération d’énergie imposée par les nouvelles monoplaces.
Cet accident met en lumière un problème plus large lié aux règles 2026, où certaines voitures déploient leur énergie pendant que d’autres la récupèrent, créant des écarts de vitesse considérables. Un enjeu de sécurité pris au sérieux par la FIA, qui a confirmé que "plusieurs réunions" se tiendront en avril afin d’ajuster ces réglementations.
Malgré la violence de l’accident, Bearman lui-même a simplement estimé qu’il aurait pu bénéficier d’un peu plus d’espace, tandis que Colapinto a globalement échappé aux sanctions sportives.
Hill, champion du monde 1996, a apporté son soutien à la position donnée par Carlos Sainz dimanche, affirmant qu’un ralentissement soudain d’une voiture est aussi dangereux que des tests de freinage entre pilotes.
"Je pense qu’il a raison de s’inquiéter. Un ralentissement inattendu dans les portions les plus rapides d’un circuit équivaut à un test de freinage. Les feux arrivent un peu trop tard pour donner un avertissement suffisant."
Tensions et réactions après la course
L’incident a également ravivé les tensions en ligne. Il intervient deux semaines seulement après que le coéquipier de Bearman chez Haas, Esteban Ocon, a reçu des menaces de mort à la suite d’un accrochage avec Colapinto lors du Grand Prix de Chine. Une situation qui avait poussé le président de la FIA, Mohammed Ben Sulayem, à écrire personnellement au Français dans le cadre de la campagne contre les harcèlements en ligne.
Face aux critiques visant cette fois Colapinto après Suzuka, son entourage, via Bullet Sports Management, a tenu à calmer le jeu.
"Une course à oublier. Franco a été malchanceux avec le timing de la voiture de sécurité, qui a ruiné ses chances de se battre pour les points," indique un premier message.
Le management insiste également sur l’accident : "Nous ne pouvons pas ignorer l’incident qui a conduit à l’accident d’Ollie Bearman, mais Franco n’était pas en faute. C’était une conséquence des nouvelles règles de gestion de l’énergie, comme l’a confirmé la FIA."
Déplorant les critiques reçues, l’agence appelle au soutien : "Malgré cela, Franco reçoit des critiques et de la haine injustifiées, alors montrons-lui tout l’amour et le soutien qu’il mérite."
Dans un autre message, Bullet Sports Management a voulu rassurer : "Ne vous inquiétez pas. Franco est bien entouré et reçoit tout le soutien dont il a besoin. Il est plus fort que vous ne le pensez, et les commentaires négatifs ne l’affecteront pas."
Et de conclure avec un appel au calme : "Ne perdez pas votre énergie avec les haineux. Utilisez-la pour soutenir Franco à la place."
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