Quand Pérez se transformait en ’avocat’ pour sauver Force India de la faillite

Une période difficile qu’il a entreprise avec une forte volonté

Quand Pérez se transformait en ’avocat’ pour sauver Force India de la faillite
15 juillet 2026 - 17:04

Sergio Pérez a révélé comment il a forcé le placement de Force India en redressement judiciaire durant l’été 2018 afin de sauver l’équipe, qui court aujourd’hui sous le nom d’Aston Martin, et qui était menacée de faillite. Cela a permis à la structure de trouver un acheteur, en l’occurrence Lawrence Stroll, qui a acquis le team cette année-là pour la transformer en Racing Point Force India, puis en Racing Point en 2019.

Née sous le nom Jordan, l’équipe était connue depuis 2008 sous le nom Force India, date du rachat de Spyker, une autre de ses incarnations, par le milliardaire indien Vijay Mallya. Mais lorsque ce dernier rencontrait des difficultés financières et juridiques, Pérez a décidé de forcer la mise en redressement du team, qui lui devait plusieurs mois de salaire.

"Je n’y connaissais rien en droit, mais on me devait de l’argent. Ils ne m’avaient pas payé mon salaire de toute l’année. Nous avions un peu de retard, mais mon manager m’a ensuite dit qu’il y avait une demande de mise en liquidation judiciaire de la part de l’un des fournisseurs qui n’avait pas été payé" raconte Pérez dans le High Performance Podcast.

"Cela signifie qu’ils peuvent concrètement fermer l’entreprise, et que toute l’équipe perdra son emploi. Et on m’a dit ’tu peux la sauver’. Avec mon manager Julian Jakobi, nous avons fait toute la démarche pour placer l’équipe en redressement judiciaire avant que la demande de mise en liquidation n’arrive, car si nous ne l’avions pas fait, l’équipe aurait fait faillite."

"Tous les gens, toute l’équipe auraient perdu leur emploi. Donc, à l’époque, c’était Force India, qui est aujourd’hui Aston Martin. Aston Martin n’existerait pas. Nous avions 90 jours pour trouver un acheteur, et heureusement pour l’équipe, Lawrence [Stroll] est arrivé et a fini par racheter l’écurie pendant que nous étions en redressement."

Sous la direction de Stroll, l’équipe est d’abord devenue Racing Point, avant de se transformer en Aston Martin en 2021, coûtant sa place à Pérez. Ce dernier a détaillé la période difficile qu’il a dû gérer durant ce redressement judiciaire, notamment autour de son image de traître qui précipitait la chute de l’équipe, même si la réalité était bien différente.

"C’était fou parce que tout cela se passait en été, en fait, d’une course à l’autre. Je me souviens donc, avant de monter dans la voiture, d’avoir eu des conversations avec des avocats sans rien y comprendre du tout. Je me souviens en avoir parlé à tout mon entourage parce que ça sonne mal : le pilote qui place l’équipe en redressement judiciaire."

"Je me souviens avoir parlé à tout le personnel lors d’une des courses, et leur avoir dit : ’Écoutez, je le fais parce que c’est la seule bonne chose à faire pour tout le monde ici. Sinon, vous allez tout perdre, tous vos emplois et le reste.’ J’ai donc fini par leur expliquer comment cela fonctionnait, et ils ont été beaucoup plus calmes."

"J’ai fini par essayer d’être le meilleur avocat possible pour l’équipe, et le meilleur pilote, en essayant de faire la part des choses quand je devais monter dans la voiture. On ne pouvait pas séparer les choses à ce moment-là parce que c’était à un stade très critique. J’avais donc des réunions juste avant les qualifications."

"Je me souviens de l’une d’elles, c’était juste avant les qualifications, littéralement, avec des avocats, et ensuite je montais dans la voiture. Et puis, avant la course, au lieu d’être avec les ingénieurs, j’étais dans d’autres réunions, mais j’étais là. Je devais le faire et je devais aussi sauver l’équipe à ce moment-là."

Si Pérez n’a pas réussi à profiter du projet Aston Martin F1, il en a ouvert un autre avec Cadillac F1, motivé par le désir de prouver qu’il reste l’un des meilleurs pilotes après une période de hauts puis de bas chez Red Bull Racing.

"Lorsque le projet Cadillac s’est présenté, je me suis dit que c’est un projet d’envergure, c’est une marque immense. Et quand j’ai rencontré Dan Towriss, j’ai compris qu’il était très compétitif et qu’il ferait tout ce qu’il faut pour hisser l’équipe à un très haut niveau. Cela pouvait aussi devenir mon projet. Je pouvais en faire partie et prouver que je suis l’un des meilleurs ; c’est ce que je voulais faire, car j’ai toujours cru que je figurais parmi les meilleurs pilotes du plateau."

"Mais évidemment, la période passée chez Red Bull finit par entamer votre confiance lorsque vous n’obtenez pas de résultats alors que votre coéquipier gagne, et ainsi de suite. Je connaissais la nature des problèmes, mais cela affecte tout de même la confiance en soi. C’est pour cela que je voulais revenir."

"Bien sûr, nous n’en sommes qu’au tout début. Nous n’en sommes qu’à notre sixième course et une culture d’équipe est en train de se construire. Mais je vois bien que les propriétaires ne s’arrêteront pas tant qu’ils n’auront pas atteint leur but. On parle de General Motors et de TWG ; ce sont deux forces majeures qui ne lâcheront rien avant d’y parvenir."


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