Le top 3 se méfie déjà du GP de Chine : Antonelli, Russell et Hamilton livrent leurs attentes

La course promet d’être serrée et animée à Shanghai

Auteur : Franck Drui
14 mars 2026 - 15:37
Le top 3 se méfie déjà du GP de Chine : Antonelli, Russell et Hamilton livrent leurs attentes

Au terme d’une séance de qualifications animée et parfois chaotique sur le circuit de Shanghai, Kimi Antonelli a marqué l’histoire de la Formule 1 en décrochant sa première pole position en Grand Prix. L’Italien devient ainsi le plus jeune poleman de l’histoire de la discipline, devançant une autre Mercedes pilotée par George Russell, tandis que Lewis Hamilton place sa Ferrari en troisième position sur la grille du Grand Prix de Chine.

La conférence de presse du jour du top 3 qui a suivi la séance a été particulièrement intéressante et nous vous en proposons une retranscription quasi intégrale avec un retour sur les qualifications du jour et la projection sur la course avec la bataille attendue entre Mercedes F1 et Ferrari.

Pour Kimi Antonelli, ce moment a une saveur particulière, même s’il garde déjà les yeux tournés vers la suite.

"Oui, c’était une bonne séance, une séance propre. Bien sûr, George a eu un problème en Q3, donc l’histoire aurait peut-être pu être différente, mais je suis content du tour que j’ai réalisé, pour être honnête, et vraiment heureux de partir en pole pour la première fois," explique le jeune pilote.

Interrogé sur son nouveau statut de recordman, l’Italien reste mesuré : "Je ne sais pas. Je me sens… oui, je suis très heureux. Très heureux parce qu’au final, ce n’est que le début, donc évidemment il y a encore beaucoup à venir. Et oui, j’ai vraiment hâte d’être à demain. La voiture se comporte vraiment bien. J’ai clairement trouvé un bon rythme. J’ai un peu lutté avec l’équilibre pendant les qualifications, mais demain le vent devrait changer énormément, donc cela devrait être mieux. C’était agréable parce que, pour la première fois en qualifications, j’ai réussi à trouver du temps au tour à chaque sortie en piste. La voiture est forte, donc il y a beaucoup à jouer demain, mais je suis juste super heureux aujourd’hui."

Le pilote Mercedes sait cependant que la course s’annonce délicate, notamment en raison de la gestion des pneus observée lors du Sprint disputé plus tôt dans la journée.

"Le graining va certainement être un facteur important. Il fera un peu plus froid demain, donc cela pourrait être encore pire pour le graining. Il faudra rester vigilant et essayer de gérer ce pneu avant gauche. D’abord faire un bon départ, parce que jusqu’ici je n’en ai pas réussi un bon, puis essayer d’imposer le rythme."

Antonelli garde également un œil attentif sur Ferrari : "Ils ont l’air très forts, surtout avec les pneus froids. Ils semblent avoir un bon rythme et leur départ est aussi un de leurs points forts. Donc je vais simplement essayer de prendre un départ propre et ensuite on verra."

Derrière lui, George Russell a vécu une qualification particulièrement mouvementée, avec un souci électrique en Q3 qui a failli le laisser en 10e place sans chrono. Tout cela rend sa deuxième place presque inespérée.

"D’abord, félicitations à Kimi, il a vraiment fait du très bon travail. De notre côté, c’était une séance complètement folle. À la fin de la Q2, l’aileron avant s’est cassé et l’équipe n’était pas sûre que ce soit le cas. Moi, j’étais assez convaincu que c’était cassé et il y a eu pas mal de stress autour de ça et du changement de l’aileron avant. Ensuite, dès que je suis sorti en piste, j’ai senti que quelque chose n’allait pas. Je me suis arrêté sur la piste, j’ai essayé de redémarrer la voiture. Elle ne redémarrait pas, puis elle est repartie plus tard. Je suis revenu au stand, je ne pouvais plus passer les vitesses, et finalement on est retourné en piste avec seulement quelques secondes de marge. Donc je suis vraiment très heureux d’être assis ici maintenant, parce que j’aurais très bien pu être dixième sans aucun temps enregistré."

Dans ces conditions, Russell estime avoir tiré le maximum de son unique tentative en Q3.

"C’était le mieux que je pouvais faire, mais je n’avais plus de batterie au début du tour et mes pneus étaient froids. Comme je l’ai dit, je suis très reconnaissant d’être à cette place. L’objectif était surtout de mettre un temps au tableau de chronométrage. Je savais que Kimi était très rapide et que tout n’était pas optimal de mon côté, donc c’était surtout une question de passer la ligne et de m’assurer une position de départ correcte. La deuxième place est bien meilleure que ce que j’attendais. Quand j’ai commencé mon tour sans batterie et sans température dans les pneus, je m’attendais à être plus loin dans la hiérarchie. Donc oui, je suis vraiment content d’être là."

Le Britannique s’attend à un début de course animé, comme lors des dernières manches.

"Je l’espère pour vous, pour être honnête. Les premiers tours ont été formidables lors des deux dernières courses. On sait que Ferrari est rapide au départ et ils sont troisième et quatrième, ce qui est une première cette saison. Lewis a aussi été très bon au début de la course ce matin, donc je suis sûr que ce ne sera pas simple."

Russell évoque également le nouveau système de déploiement d’énergie, qui a donné lieu à ce que certains dans le paddock appellent déjà des courses “yo-yo”.

"Pour être honnête, on ne sait pas encore vraiment si cela va rester aussi chaotique. Il y a encore beaucoup à apprendre. À Melbourne comme ce matin dans le Sprint, j’aurais probablement pu faire certaines choses légèrement différemment pour garder la tête plus tôt. Mais avec le mode dépassement, le pilote derrière peut utiliser le boost jusqu’à environ 330 km/h, alors que celui devant ne peut l’utiliser que jusqu’à 290 km/h. Cela fonctionne plutôt bien. Ce n’est pas le DRS, mais cela produit un effet similaire sur l’écart de vitesse. C’est assez intéressant et assez amusant. Même certains puristes ne semblent pas autant le détester qu’il y a une semaine, mais il faut encore lui laisser une chance."

Troisième sur la grille, Lewis Hamilton a également connu une séance délicate malgré la compétitivité affichée par Ferrari tout au long du week-end.

"D’abord, je dois dire un grand bravo à ce grand gaillard ici, à Kimi. C’est un accomplissement incroyable d’arriver… enfin, il a pris mon baquet ! Et il a frappé fort dès le début, donc c’est vraiment formidable de le voir progresser et il mérite vraiment cela. C’est un record qui va mettre du temps avant que quelqu’un puisse s’en approcher."

Interrogé sur Antonelli et la comparaison avec ses débuts face à Fernando Alonso chez McLaren, Hamilton estime que l’Italien n’a pas besoin de conseils.

"Les situations sont différentes mais il y a peut-être des similitudes. Moi, j’étais un rookie face à un double champion du monde qui avait énormément d’expérience. Mais je ne pense pas qu’il ait besoin de conseils : il vient de signer la pole ! Je n’ai rien à lui transmettre. Il a déjà toute la sagesse dont il a besoin. Le plus important est simplement d’en profiter, de continuer à faire ce qu’il fait, de rester concentré, de continuer à pousser et de ne jamais abandonner. Et visiblement ce n’est pas son genre. Je suis sûr qu’il fera de grandes choses."

Concernant sa propre performance, le septuple champion du monde reconnaît une qualification imparfaite.

"Pour ma part, c’était une séance très compliquée. Ce n’était pas aussi bon que lors des qualifications du Sprint, ce n’était pas aussi fluide, j’ai eu beaucoup de pertes de l’arrière. Avec le vent, c’était très difficile avec l’équilibre que j’avais, donc je dois analyser cela. J’ai fait pas mal d’erreurs. J’ai eu une grosse perte d’adhérence à mon premier tour en Q3 et j’étais assez loin, puis le dernier tour était correct. Cela aurait certainement pu être bien meilleur si j’avais réussi à trouver le rythme. Il manque probablement quelques dixièmes, mais je suis simplement reconnaissant d’être ici."

Hamilton se montre toutefois prudent face à l’écart réduit avec Mercedes.

"Je ne sais pas vraiment ce que cela signifie d’être plus proche. Peut-être qu’ils n’ont pas utilisé leur mode le plus puissant, je ne sais pas, donc on prend ça avec des pincettes. Mais je pense que nous avons progressé avec certains changements sur la voiture et certaines choses apprises pendant le Sprint. Je suis reconnaissant que nous nous rapprochions un peu, mais on verra si c’est un rythme réel lors des prochaines qualifications. En tout cas, nous chassons, nous poursuivons, et tout le monde est mobilisé pour combler cet écart."

Le Britannique estime également que la différence de performance reste plus marquée sur un tour que sur la distance de course.

"Cela n’a aucun lien avec l’an dernier, donc c’est simplement une question d’optimisation en qualifications. Ont-ils plus d’énergie ou plus de puissance moteur, un party mode ? On ne sait pas. C’est impossible à savoir. Mais ils sont très rapides sur un tour. Nous travaillons pour nous améliorer dans ce domaine. En course, l’écart se réduit un peu. Je ne sais pas pourquoi, mais je suis reconnaissant que ce soit le cas. Cela reste insuffisant. Quand on est derrière eux, on a vraiment soif de puissance. C’est très difficile de suivre. On voit qu’ils ont plus de couple, ils tirent plus longtemps. C’est pour cela que je me suis écroulé ce matin : j’essayais de compenser dans les virages, mais ça ne changeait rien et je détruisais mes pneus."

Pour la course, Hamilton reste néanmoins réaliste.

"Je pense qu’il est très peu probable que nous puissions les battre en course. Dans nos données, ils ont entre quatre et six dixièmes d’avantage en rythme de course. Peut-être que nous ne l’avons pas vu lors de la première course, mais dans l’air libre ils semblent au-dessus de nous pour l’instant. Peut-être qu’avec la stratégie, peut-être avec le départ, quelque chose peut arriver. Mais je dois surtout éviter de détruire mes pneus en essayant de les suivre ou d’en garder un derrière moi. Je dois mieux piloter demain."

Enfin, interrogés sur la possible annulation imminente des Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie saoudite en raison du conflit en cours dans la région, les pilotes ont tenu à exprimer leur soutien aux populations touchées.

C’est Antonelli qui s’est chargé de conclure la conférence, Hamilton et Russell acquiesçant de leur côté.

"Évidemment, mes pensées – et je pense que c’est pareil pour Lewis et George, oui ? OK ! – vont aux personnes qui souffrent de cette situation. Ce n’est pas bon de voir ce qui se passe et j’espère que les choses iront mieux bientôt. Mais je suis sûr que la Formule 1 et la FIA géreront la situation de la meilleure façon possible afin de garantir la sécurité de tous. Voyons ce qui va se passer. Ils savent peut-être déjà, mais attendons de voir. Je suis sûr qu’ils prendront la bonne décision."


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