’Ferrari aurait explosé’ : sans titre, l’équipe jouait sa survie selon Todt
Après trois échecs consécutifs, le sacre était une nécessité absolue
Vingt ans après les faits, Jean Todt est revenu sur l’une des périodes les plus tendues de l’histoire de Ferrari. À l’aube de la saison 2000, le dirigeant français craignait tout simplement une implosion de l’équipe si Michael Schumacher ne parvenait pas à décrocher le titre pilotes.
Lorsque Schumacher triomphe au Grand Prix du Japon 2000 à Suzuka, il met fin à une attente de 21 ans pour Ferrari, dont le dernier titre pilotes remontait à 1979 avec Jody Scheckter.
Ce sacre marque le troisième titre mondial de l’Allemand et lance une domination historique : cinq couronnes consécutives entre 2000 et 2004, un record encore inégalé malgré les séries de quatre titres d’icônes comme Juan Manuel Fangio, Sebastian Vettel, Lewis Hamilton ou Max Verstappen.
Mais avant cette consécration, Ferrari et Schumacher ont accumulé les désillusions. En 1997, Schumacher passe tout près du titre avant d’être exclu du championnat pour avoir tenté d’éliminer Jacques Villeneuve lors de la finale. En 1998, à Suzuka déjà, il cale sur la grille au moment décisif face à Mika Häkkinen, laissant le Finlandais s’emparer du titre.
L’année suivante, Ferrari dispose d’une monoplace compétitive, mais la saison de Schumacher bascule dès le Grand Prix de Grande-Bretagne : une défaillance de frein provoque un accident à Stowe et une fracture de la jambe, l’éloignant des circuits pendant six courses. Pendant son absence, Eddie Irvine prend le relais et échoue de justesse, à deux points de Häkkinen, malgré le titre constructeurs décroché par Ferrari, une première depuis 1983.
Dans ce contexte, Jean Todt savait que 2000 représentait un tournant critique.
"En 1997, nous avons perdu lors de la dernière course ; en 1998, nous avons perdu lors de la dernière course quand il a calé, et plus tôt dans l’année, lorsqu’il doublait David Coulthard à Spa sous la pluie."
"Il a ralenti inutilement et Michael ne pouvait pas le voir, ce qui a endommagé sa voiture."
Puis sur 1999 : "Une erreur d’un mécanicien lors du tour de formation [à Silverstone] a fait qu’il a perdu ses freins."
"Nous avions Eddie Irvine qui a terminé à deux points de Häkkinen, mais en 1999, nous avons enfin remporté le championnat constructeurs, et nous savions que 2000 était la dernière année, car si nous n’avions pas gagné en 2000, clairement l’équipe aurait explosé."
La saison 2000 reste extrêmement disputée. Schumacher et Häkkinen, tous deux doubles champions du monde, se partagent 13 des 17 victoires.
Mais une série noire de quatre abandons en cinq courses en Europe fait basculer l’Allemand à six points du Finlandais, notamment après le dépassement resté célèbre de Häkkinen avec Riccardo Zonta lors du Grand Prix de Belgique. C’est à ce moment que Todt lance un ultimatum interne.
"Ce n’était pas évident à mi-saison, et je me souviens qu’en débriefing, j’ai dit : ’Nous devons gagner les quatre dernières courses, sinon l’équipe est finie’."
Mission accomplie : Schumacher enchaîne les victoires en Italie, aux États-Unis, au Japon et en Malaisie, scellant le titre dès Suzuka.
"Et nous les avons gagnées. Ensuite, ce fut une période de rêve avec les titres pilotes et constructeurs en 2000, 2001, 2002, 2003 et 2004."
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