La méthode Komatsu : le patron de Haas F1 parle de son management
‘Etre aussi inclusif que possible’
En une année à la tête de Haas F1, Ayao Komatsu a incarné le redressement de l’équipe. Le successeur de Günther Steiner a semblé donner plus de cohérence, de cap voire de sérieux à l’équipe américaine, qui a réussi à terminer à la 7e place au classement des constructeurs.
Mais sur quel point Ayao Komatsu a-t-il pu en priorité travailler ? Quelle a été sa priorité numéro 1 chez Haas F1 ?
« La communication » répond-t-il à Planet F1.
Mais pas la communication aux médias, précise-t-il : plutôt la communication interne.
Avec un message principal : « Travaillez en équipe, travaillez comme une seule équipe. »
« Comme tout le monde le sait, nous avons deux bases différentes, au Royaume-Uni et en Italie. Cela représente déjà un défi. »
Ayao Komatsu doit être donc doté du don d’ubiquité, naviguant entre les bases de l’équipe outre-Alpes ou outre-Manche.
« Je crois que tant que nous avons la bonne structure à l’intérieur de l’entreprise, qui fait le lien entre l’Italie et le Royaume-Uni, que nous favorisons la communication, la transparence, et une culture qui évite la culpabilisation. Donc je crois qu’il n’y a rien qui nous empêche de travailler ensemble. »
Cette approche a eu des bénéfices concrets selon le Japonais : les évolutions chez Haas F1, en cours d’année, ont enfin fonctionné, contrairement à toutes les saisons précédentes !
« Honnêtement, si nous ne travaillions pas ensemble, je ne penserais pas que ces évolutions que nous avons apportées à la voiture auraient fonctionné. »
« C’est juste une preuve que nous pouvons travailler ensemble, et cela se traduit ensuite par des résultats sportifs. »
« En termes d’ambiance dans l’équipe, bien sûr, les résultats sportifs aident, mais simplement le fait que – j’aime à penser – tout le monde soit plus informé sur ce que nous faisons, comment nous procédons, les changements dans l’entreprise, et les perspectives d’avenir pour cette année, ou la prochaine course, l’année prochaine, dans trois ans, dans cinq ans… Je m’efforce d’être aussi inclusif que possible. »
En somme, comme le précise Ayao Komatsu, une bonne communication interne aboutit à une bonne performance globale sur la piste.
« Si tout le monde comprend ce à quoi il contribue pour obtenir un résultat sportif, alors à la fin de la journée, quand vous travaillez pour une équipe de F1, l’objectif ultime est d’obtenir un résultat sur la piste. »
« Peu importe si vous êtes une personne chargée des communications, un ingénieur de course ou dans les RH, ce que chacun fait chaque jour contribue à cet objectif final. »
« Ma philosophie est de m’assurer que tout le monde comprenne cela, et que chacun voie comment ce qu’il fait chaque jour contribue à la performance finale. »
« Je vous ramène à la communication. Si vous travaillez ensemble en tant qu’équipe, alors vous avez une chance de comprendre quels sont les vrais problèmes de la voiture, n’est-ce pas ? »
« Mais si vous ne travaillez pas en équipe, si vous ne communiquez pas sur les vrais problèmes, les gens ne travaillent pas sur les bonnes choses. »
Ayao Komatsu reproche-t-il donc à Günther Steiner un manque de communication chez Haas F1 pour le passé ?
« Honnêtement, j’ai toujours pensé que c’était le cas pendant longtemps, en réalité. »
« Je pense que cette année a prouvé que, tant que nous en discutons ouvertement à table, sans aucune culture de reproche ni de pointage du doigt dans chaque département, sur ce que nous pensons être le problème de la voiture… en discuter ouvertement, puis prioriser, et ensuite essayer [des solutions]. »
Komatsu ne tient pas à être aussi connu que Günther Steiner
Ayao Komatsu est, pour le moment, bien moins connu que Günther Steiner dans le grand public. Son prédécesseur était devenue célèbre grâce à Drive to Survive. Mais la célébrité, ce n’est pas la priorité d’Ayao Komatsu.
« Être un patron d’équipe célèbre ? Ce n’est pas mon objectif. Mon objectif est de gagner en crédibilité pour cette équipe, d’être pris au sérieux en tant qu’équipe de course. Et pour cela, nous devons opérer de manière professionnelle. »
« Nos résultats en piste doivent être compétitifs. Tout ce que nous produisons doit montrer que nous sommes une équipe de course sérieuse. Nous sommes là pour concourir. Nous sommes là pour nous améliorer à chaque saison, à chaque course. C’est le message. Si je m’intéresse à l’image, c’est cette image que je veux projeter : celle d’une équipe de course sérieuse. »
Ayao Komatsu doit continuer aujourd’hui à gérer l’une des plus petites du plateau, qui n’a pas recruté apparemment de personnel supplémentaire en 2024.
« En grande partie, par rapport à l’année 2023, nous avons les mêmes personnes et à peu près le même nombre de personnes. »
« Donc, fondamentalement, la ressource elle-même pour le résultat de 2024 n’a pas changé, mais c’est une question de restructuration pour promouvoir la communication et essayer d’apporter cette culture selon laquelle nous devons travailler en équipe. »
« Mais, si nous parlons de moi, je ne suis aussi bon que les gens dans l’équipe, n’est-ce pas ? Donc, mon travail consiste à essayer de tirer le meilleur parti des gens, à offrir l’environnement, à répondre aux besoins de chacun, et à essayer d’écouter les gens. C’est ce que j’ai essayé de faire. C’est un immense travail d’équipe. »
Tout de même sur le plan personnel, Ayao Komatsu ne juge-t-il pas avoir réussi ses grands débuts comme directeur d’écurie ?
« Ce n’est pas à moi de juger, je pense, pour être honnête. »
« J’ai toujours pensé que nous avions les personnes nécessaires pour le faire, et c’était une question de les rassembler et d’envoyer le bon message et la bonne communication, de la clarté en termes de stratégie, etc. – toutes les choses dont j’ai parlé. »
« Il s’agit vraiment de croire en les gens, de les écouter, et voilà le résultat. Ce n’est pas une question de combien cela vient de moi ou de quelqu’un d’autre. C’est vraiment une question d’équipe. »
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