La F1 va bannir un élément jugé trop dangereux lors des départs en 2026

Le sport va interdire le mode ligne droite au départ des courses

Auteur : Franck Drui
21 février 2026 - 18:23
La F1 va bannir un élément jugé trop dangereux lors des départs en 2026

La Formule 1 s’apprête à neutraliser un nouvel aspect potentiellement dangereux des départs de course dès cette saison, après que certains acteurs du paddock ont averti qu’il s’agissait "d’une véritable recette pour le désastre".

Ces deux dernières semaines, les discussions autour de la sécurité des départs avec les monoplaces de 2026 s’étaient d’abord concentrées sur la procédure de mise en action, notamment sur la difficulté pour les pilotes de monter correctement leurs turbos avant l’extinction des feux. Face à ces inquiétudes, la FIA a réagi en accordant cinq secondes supplémentaires aux pilotes sur la grille afin de mieux préparer leur groupe propulseur. Une solution qui a donné satisfaction lors de plusieurs simulations de départ effectuées pendant les derniers essais de Bahreïn.

Pour Mark Temple, directeur technique en charge de la performance chez McLaren, il y a clairement du mieux.

"Nous avons passé en revue les départs et discuté de la manière de garantir, avant tout, une sécurité maximale. C’est le point le plus important. Des inquiétudes avaient été exprimées auparavant, et cette dernière séance d’essais nous a permis de réunir plusieurs voitures pour tester la procédure de départ prévue."

"De mon point de vue, tout semblait normal et logique. Une ou deux voitures ont zigzagé, peut-être un peu trop pour des essais de départ, mais je pense que cela contribue à apaiser les craintes : tout le monde est prêt, chacun sait ce qu’il a à faire et les procédures sont respectées."

"Je ne pense pas que ce soit un problème majeur, je pense que tout se déroulera parfaitement bien. Il faudra sans doute encore quelques ajustements, et nous recevrons des retours de la Formule 1, des pilotes et des équipes, et nous réexaminerons la situation."

Mais un autre point sensible est rapidement apparu : la possibilité pour les pilotes d’utiliser le mode aéro actif de ligne droite dès le départ.

Les grilles de départ se situant généralement au cœur des zones d’activation de ce mode, la réglementation autorisait jusqu’ici les pilotes à conserver leurs ailerons en configuration faible traînée au moment du lancement de la course. En théorie, cela offrait un gain de vitesse de pointe sur la ligne droite menant au premier virage.

Un avantage jugé toutefois extrêmement risqué. Combinée à l’accélération déjà impressionnante des monoplaces de 2026, cette configuration impliquait une perte massive d’appui aérodynamique, augmentant considérablement les risques dans un peloton très dense.

C’est précisément ce danger qu’avait pointé du doigt Oscar Piastri, particulièrement inquiet des conséquences possibles.

"Un peloton de 22 voitures avec quelques centaines de points d’appui en moins, ça ressemble à une recette pour le désastre, pour moi," avait-il déclaré.

Face à ces avertissements, les équipes ont finalement convenu que le jeu n’en valait pas la chandelle. Un consensus s’est dégagé pour mettre fin à l’utilisation du mode ligne droite lors des départs.

La mesure doit encore être formellement validée par la FIA, soit via une modification du règlement, soit par une directive directe du directeur de course - une option possible lorsqu’un enjeu de sécurité est en jeu. Mais tout indique que ce changement sera entériné à temps pour le Grand Prix d’Australie.

Le directeur de l’équipe McLaren, Andrea Stella, a confirmé l’existence de cet accord général.

"Je pense qu’il y a eu un consensus concernant l’utilisation du mode ligne droite depuis la grille jusqu’au premier virage, à savoir ne pas l’utiliser. Même si cela doit encore être ratifié d’une manière ou d’une autre par la FIA, j’ai compris qu’il y avait un accord global au sein du paddock."

Lors des nombreuses simulations de départ réalisées à Bahreïn cette semaine, les pilotes ont d’ailleurs volontairement conservé leurs ailerons en mode virage, afin de bénéficier d’un maximum d’appui aérodynamique jusqu’au premier freinage.

Pour autant, malgré l’interdiction imminente du mode faible traînée et l’amélioration de la procédure de départ, les premiers mètres d’un Grand Prix pourraient rester particulièrement tendus.

Les différences de performance entre les groupes propulseurs demeurent marquées, avec notamment une unité de puissance Ferrari très performante au moment de l’extinction des feux, ce qui pourrait provoquer d’importants bouleversements de positions dès les premiers instants de course.

Andrea Stella estime d’ailleurs que ce point mérite encore une attention particulière.

"Je pense que tout le travail effectué sur les départs est très positif. Cela crée une situation où chacun a la possibilité de préparer son groupe propulseur, même si, pour être honnête, on constate toujours une disparité assez importante dans les performances au départ."

"D’une certaine manière, la préoccupation que nous avions, au vu de ce que l’on observe lors des essais, n’a pas forcément été totalement résolue."

Ces ajustements réglementaires, notamment au moment du départ, pourraient avoir un impact stratégique important, car ils modifient les dynamiques de performance que les observateurs et amateurs de pari sportif analysent avant chaque Grand Prix.


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