Comment va fonctionner le nouveau système d’évolution des moteurs en F1 ?

Une procédure complexe et très encadrée par la FIA

12 janvier 2026 - 18:25
Comment va fonctionner le nouveau système d’évolution des moteurs en F1 ?

Le développement des moteurs redevient une notion importante en F1 cette année avec l’arrivée des nouveaux V6 turbo hybrides, alors que les évolutions sur les blocs propulseurs étaient gelées depuis 2022.

Avec l’arrivée d’une nouvelle génération de moteurs, qui s’accompagne d’un plafond budgétaire spécifique, il sera possible pour les motoristes de les développer, et surtout d’accélérer les modifications apportées à leur produit s’il accuse un retard important.

Une homologation définitive des moteurs pour 2026 est attendue le 1er mars, incluant des détails sur les parties globales qui sont soumises à des quotas pour la saison, à savoir le moteur à combustion interne (ICE), le contrôle électronique (CE), l’échappement, le turbo (TC), la batterie (ES) et le MGU-K.

Les moteurs pourront encore évoluer après le dépôt du dossier mais le 1er avril au plus tard, ils seront homologués pour la saison. La FIA impose en plus des limites strictes sur les changements à apporter aux moteurs pendant la réglementation 2026-2030.

Une fois homologué, le bloc propulseur ne peut recevoir que des évolutions et modifications spécifiques, qui doivent toutes être validées en amont. Ces règles doivent permettre de contrôler les coûts et l’équité sportive, tout en assurant un niveau satisfaisant de fiabilité.

Et l’Article 3 du Règlement Technique encadre précisément la manière dont des changements peuvent être effectués. L’objectif est évidemment de pouvoir intervenir sur des points précis qui poseraient problème.

La FIA a séparé tous les composants du moteur et les systèmes électriques et a assigné des permissions pour chaque partie, puis a fixé un cadre pour permettre des évolutions au sein du cycle de développement.

La liste est définie comme suit : "Ensemble principal du moteur à combustion interne comprenant le carter, les culasses (à l’exception de la chambre de combustion, des orifices et de l’usinage des orifices d’injection), le vilebrequin, l’arbre à cames (à l’exception des profils des lobes de l’arbre à cames), le mécanisme d’entraînement des cames, les couvercles de cames, les couvercles avant et arrière, les soupapes, les poussoirs, les engrenages internes, toute pièce assurant une liaison structurelle entre la cellule de survie et le carter de boîte de vitesses par l’intermédiaire des goujons de fixation du moteur à combustion interne."

Ces parties du moteur pourront évoluer en 2026, mais pas entre 2027 et 2030. En revanche, il sera possible de travailler sur le volant d’inertie en 2026, mais aussi lors des années suivantes. A noter que ces modifications au sein du cycle doivent être validées pour la première course de la saison pendant laquelle ils sont introduits.

Qu’est-ce que le tout nouvel ADUO ?

Mais la FIA a aussi introduit un concept qui se nomme ADUO pour Additional Development and Upgrade Opportunities, soit les opportunités de développement et d’évolutions additionnelles, qui sert de filet de sécurité pour des motoristes qui accuseraient un retard conséquent sur leurs adversaires.

Ces modifications seront concernées par le plafond budgétaire des moteurs, mais elles pourront être validées et effectuées à n’importe quel moment, et pas seulement avant le début d’une saison.

Essentiellement, il faut considérer l’ADUO comme une version plus complexe et spécifiquement liée aux unités de puissance des règlements liés aux essais aérodynamiques auxquels nous nous sommes habitués ces dernières années.

Les constructeurs qui remplissent certains critères définis à l’Article 4 de l’Annexe peuvent bénéficier des opportunités supplémentaires prévues par les règles ADUO. Celles-ci permettent des améliorations supplémentaires de spécification à la fois durant l’année de qualification (année N) et l’année suivante (année N+1).

La majorité des composants de l’unité de puissance restent éligibles à l’ADUO, à l’exception de certains éléments tels que la pompe à carburant et les injecteurs, ainsi qu’un large éventail de capteurs de température, électriques et réglementaires.

Au cours des cinq prochaines années, la FIA surveillera de près les niveaux de performance des moteurs à combustion interne faisant partie de toutes les unités de puissance fournies par chaque constructeur.

Pour chaque moteur, un "indice de performance" sera calculé, en utilisant les données et les informations complémentaires fournies par les constructeurs et leurs équipes clientes.

Cet indice sera utilisé pour comparer les unités de puissance entre elles à chaque période d’évaluation et pour déterminer quels constructeurs, le cas échéant, ont besoin de ces opportunités supplémentaires d’évolutions.

Quel barème pour l’ADUO ?

Si ces opportunités sont accordées, le constructeur concerné pourra mettre en œuvre des améliorations sur les composants définis, prolonger l’utilisation de ses bancs d’essais moteurs, ainsi qu’appliquer un ajustement à la baisse dans sa déclaration liée au du plafond budgétaire.

Les motoristes se verront accorder des opportunités selon les critères suivants :

Motoristes dont l’indice de performance est inférieur d’au moins 200 % mais de moins de 400 % à celui du moteur le plus performant :
 1 amélioration supplémentaire de l’homologation durant la saison N
 1 amélioration supplémentaire de l’homologation durant la saison N+1

Motoristes dont l’indice de performance est inférieur d’au moins 400 % à celui du moteur le plus performant :
 2 améliorations supplémentaires de l’homologation durant la saison N
 2 améliorations supplémentaires de l’homologation durant la saison N+1

Les améliorations d’homologation ADUO ne sont pas cumulables au cours d’une même saison et ne seront accordées qu’à partir de la première fois où le motoriste est jugé éligible à l’ADUO par la FIA.

Chaque saison sera divisée en quatre périodes de durée égale, le calendrier 2026 de 24 courses étant réparti en quatre sections de six courses. Les constructeurs bénéficiant d’opportunités ADUO pourront introduire les mises à jour lors de la première course de la période suivante.

Par exemple, tout constructeur recevant une opportunité d’évolution après les six premières courses de 2026 ne pourra introduire un nouveau composant, tel que défini par les critères de l’Annexe 4, qu’à partir de la 13e manche du championnat. Si cette opportunité est accordée après la 12e manche du championnat, elle ne pourra être introduite qu’à partir de la 19e manche.

Toute amélioration d’homologation non utilisée durant la saison N est perdue. Toute modification apportée aux moteurs, que ce soit dans le cadre de l’ADUO ou des autorisations de développement standard, doit faire l’objet du dépôt d’une version mise à jour du dossier d’homologation au moins 14 jours avant le premier week-end de course au cours duquel elle est utilisée.

Certaines mises à jour prescrites très mineures sont également autorisées, pour "les seuls besoins de fiabilité, de sécurité, de réduction des coûts ou de problèmes d’approvisionnement, sous réserve d’approbation", comme l’explique le règlement.

Selon le règlement, d’autres modifications peuvent également être effectuées, notamment pour des raisons de changement de marque, de fournisseur, de numéro de pièce, etc., et peuvent n’avoir aucun effet ou un effet très limité sur la fiabilité ou la fonctionnalité.


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