Verstappen est ’désabusé’ et exprime sa perte de motivation pour la F1 actuelle
Le risque d’un désengagement est réel selon son père Jos
Le débat autour des monoplaces 2026 continue d’alimenter les inquiétudes dans le paddock, et cette fois, c’est Jos Verstappen qui tire la sonnette d’alarme, après de nouveaux propos inquiétants de son fils à Suzuka. Le Néerlandais redoute un impact direct sur la motivation de son fils Max dans un contexte réglementaire qu’il juge peu stimulant.
Le pilote Red Bull Racing a confié après les qualifications, devant les journalistes de la presse écrite, un certain désamour pour la F1 actuelle et sa situation.
"Je ne suis même plus frustré, je suis passé à autre chose," a déclaré Verstappen. "C’est un peu… Je ne trouve pas le mot juste en anglais. Désabusé ? Honnêtement, je ne sais pas trop quoi en penser… Il n’y a probablement pas de mot. Je ne m’en fais plus. Je ne suis plus déçu ni frustré par la situation actuelle, alors…"
"On va certainement régler quelques problèmes dans les semaines et les mois à venir. Pour le reste, vous savez comment je vois les choses. Je n’ai pas besoin d’en reparler. Il y a donc beaucoup de choses que je dois encore régler personnellement."
Interrogé sur ce qu’il entendait par là sur le plan personnel, Verstappen a ajouté : "La vie. La vie, tout simplement."
Le quadruple champion du monde a clairement indiqué que son mécontentement ne visait pas Red Bull en tant que telle, et il comprend également pourquoi il n’y a pas d’unanimité quant à la nécessité de modifier la réglementation dans le sens qu’il souhaiterait.
"J’apprécie de travailler avec tout le monde, c’est certain. Chacun fait évidemment de son mieux. Mais il y a beaucoup de choses à gérer en ce moment, ce qui n’est pas idéal pour moi. Cela n’a rien à voir avec les membres de l’équipe, car je sais qu’ils travaillent très dur et qu’ils se donnent à fond pour me donner les meilleures chances de succès."
"Tout dépend de leurs décisions pour l’année prochaine. Cette année, je sais qu’ils font de leur mieux, mais il y a aussi des considérations politiques – que je comprends parfaitement, bien sûr – de la part des autres constructeurs, et c’est tout à fait légitime. Je n’en suis pas amer."
"Il ne s’agit pas non plus de ma position actuelle, entre la 7e et la 11e place. J’espère simplement que la voiture sera un peu plus agréable à piloter, comme vous le savez. Mais bien sûr, cette année, ce ne seront que de petits changements mineurs qui ne changeront pas grand-chose. J’espère simplement que les changements seront suffisamment importants pour l’année prochaine."
Max assume d’avoir expulsé le journaliste du Guardian
Interrogé ensuite sur la chronique de Giles Richards, le journaliste qu’il a expulsé de sa conférence de presse jeudi, Verstappen a réitéré ses critiques à son encontre.
Verstappen a réitéré que le correspondant Formule 1 du Guardian s’était bien moqué de lui lorsqu’il lui avait posé une question lors du Grand Prix d’Abu Dhabi l’année dernière.
"Quand quelqu’un pose cette question en conférence de presse après la dernière course et qu’en plus il rit au nez de quelqu’un, pour moi, c’est un manque de respect total. Si vous ne me respectez pas, pourquoi vous respecterais-je ?"
"On ne voit que moi à travers la caméra, pas cette personne qui s’est mise à rire. Et on voyait clairement qu’il y avait une intention malveillante derrière tout ça."
"Ça me suffit. Je suis en Formule 1 depuis assez longtemps pour savoir qui a de bonnes intentions et qui en a de mauvaises. Si vous venez rire de moi comme ça, c’est que vos intentions ne sont clairement pas bonnes."
Son père commence à s’inquiéter pour l’avenir de Max en F1
Dans des propos accordés à De Telegraaf et De Limburger, Jos Verstappen relaie les frustrations croissantes du quadruple champion du monde face aux F1 de nouvelle génération.
"Piloter ces voitures ne le met pas au défi," affirme-t-il. "Franchement, j’ai peur que Max perde sa motivation. Avant, piloter une Formule 1 était la chose la plus extraordinaire pour lui. Mais aujourd’hui, je suis plutôt pessimiste."
Le constat est sévère, au point que même suivre les séances devient compliqué pour Jos Verstappen.
"Il y a deux semaines, je me suis réveillé au milieu de la nuit pour regarder les essais en Chine, mais après 15 minutes, j’ai éteint la télévision et je suis retourné me coucher. Ça ne m’était jamais arrivé avec la Formule 1. Je pense que ça veut tout dire."
Au cœur du problème selon lui : l’importance excessive accordée à la gestion de l’énergie, qui dénature le pilotage.
"En tant que pilote, vous devez être récompensé pour votre courage et vos qualités. Aujourd’hui, si vous passez un virage aussi vite que possible, vous finirez par être plus lent sur un tour. Cela enlève toute la sensation de course."
"Ils ne font que gérer la batterie. Cela rend plus difficile pour un pilote comme Max de faire la différence. Ce n’est pas l’essence de la course."
Le contraste avec le GT3
Jos Verstappen met en parallèle cette frustration avec le plaisir retrouvé par son fils en dehors de la F1, notamment lors de ses sorties en GT3 sur la mythique Nordschleife.
"Max a adoré là-bas. Ça se voit et ça se ressent dans tout ce qu’il fait," explique-t-il. "Avec une GT3, il n’a pas à penser en permanence à recharger sa batterie et peut beaucoup plus se fier à son instinct."
Un contraste qui illustre, selon lui, le fossé grandissant entre la F1 actuelle et le plaisir de pilotage pur.
Face à ceux qui attribuent les critiques de Max Verstappen à un éventuel manque de compétitivité, son père balaie l’argument.
"Le ressenti de Max dans la voiture n’a rien à voir avec la performance," insiste-t-il. "Il répond simplement honnêtement aux questions qu’on lui pose."
Sauvé par Mercedes F1 ?
Ces déclarations interviennent alors que les spéculations autour de l’avenir du pilote Red Bull continuent de s’intensifier. L’ancien pilote Juan Pablo Montoya estime même que des discussions avec Mercedes pourraient déjà être en cours.
"Je pense que les discussions ont déjà commencé," avance-t-il. "Elles ne se sont probablement jamais arrêtées depuis l’an dernier. Ça ne me surprendrait pas."
Et le Colombien d’aller plus loin : "Les chances que Max soit encore chez Red Bull l’an prochain sont très faibles."
Comment suivre au mieux l’actualité de notre site ?
Red Bull
- Verstappen est ’toujours le petit gars adorable’ qu’il était adolescent
- Red Bull fragilisée par ses départs ? Brown évoque un ’reset’ nécessaire
- Ferrari et Red Bull accélèrent leur développement à Monza et Silverstone
- ’Une perte pour la F1’ : Norris réagit à la menace Verstappen
- Tensions chez Red Bull : Schumacher relativise son différend avec le clan Verstappen