Poids, vibreurs et bosses : Red Bull s’attaque aux problèmes de la RB22

Mekies identifie les priorités pour relancer sa saison 2026

Poids, vibreurs et bosses : Red Bull s’attaque aux problèmes de la RB22
Auteur : Franck Drui
2 juin 2026 - 08:45

Red Bull Racing progresse peu à peu mais reste confrontée à des problèmes de comportement et d’équilibre avec sa RB22. Si l’écurie autrichienne poursuit ses investigations sur plusieurs faiblesses techniques complexes, une réduction significative du poids de sa monoplace pourrait constituer le moyen le plus rapide de se rapprocher des performances de Mercedes F1.

Malgré quelques signes encourageants ces dernières semaines, Red Bull continue de chercher des réponses. Max Verstappen et Isack Hadjar ont régulièrement été confrontés à des difficultés de pilotage alors que l’équipe tente de comprendre les limites de sa RB22.

Récemment, le directeur de l’écurie, Laurent Mekies, avait reconnu que ses ingénieurs étaient en pleine réflexion pour comprendre certains comportements de la monoplace. Des ajustements introduits à Miami ont permis de disposer d’une plateforme plus constante, avec à la clé une première ligne pour Verstappen en Floride puis le premier podium de la saison de l’équipe grâce à sa troisième place au Canada.

Toutefois, Red Bull reste encore loin du niveau affiché par Mercedes depuis le début de l’exercice. Selon l’équipe, une partie du déficit de performance serait liée à un problème relativement simple : la RB22 serait encore au-dessus de la limite de poids minimale.

Selon le clan Verstappen, le surpoids actuel de la monoplace représente environ deux dixièmes de seconde au tour. Sans que le chiffre exact ne soit connu, un tel écart correspondrait à un excédent d’environ 6 à 10 kilogrammes par rapport au poids minimum réglementaire fixé à 768 kg.

Red Bull aurait déjà réalisé des progrès importants dans ce domaine grâce à une évolution introduite à Miami, après avoir débuté la saison avec une monoplace encore plus lourde. Une nouvelle réduction de masse est attendue à l’occasion du Grand Prix d’Autriche, fin juin.

Au-delà du simple gain chronométrique, parvenir au poids minimum offrirait également davantage de flexibilité dans la répartition du lest. Cela permettrait d’optimiser le centre de gravité, l’équilibre général de la voiture ainsi que la gestion des pneumatiques.

Des réglages agressifs pour compenser le déficit

Consciente qu’elle ne dispose pas encore de la vitesse pure de Mercedes, Red Bull a également choisi d’explorer des réglages plus agressifs afin de compenser son retard.

Cette stratégie peut parfois porter ses fruits, mais elle expose aussi les pilotes à des comportements plus imprévisibles. C’est notamment ce qui s’est produit à Montréal, où Verstappen s’est plaint du comportement de sa monoplace, particulièrement en qualifications.

Interrogé sur cette approche, Laurent Mekies a expliqué : "Nous prenons des risques chaque fois que nous estimons ne pas être au bon niveau d’équilibre ou lorsque l’écart avec la concurrence est trop important."

"Lorsque vous prenez ce genre de risques, vous explorez différentes directions de réglages avec les deux voitures."

"Cela nous permet ensuite d’améliorer notre compréhension de la voiture, de savoir ce qui fonctionne ou non, ce qui apporte quelque chose en qualifications et ce qui est bénéfique en course."

L’objectif est clair : à mesure que les performances de la RB22 se rapprocheront de celles de Mercedes, l’équipe n’aura plus besoin de s’appuyer sur des solutions aussi extrêmes et pourra retrouver davantage de constance.

Le casse-tête des vibreurs et des bosses

La réduction du poids ne résoudra cependant pas tous les problèmes. Red Bull continue notamment de lutter avec un défaut bien connu de ses monoplaces : leur sensibilité aux vibreurs et aux bosses.

Ce phénomène est réapparu au Canada et pourrait également constituer un défi majeur dans les rues de Monaco.

Laurent Mekies reconnaît que la difficulté n’est pas tant d’éliminer le problème que de le faire sans perdre de performance.

"Les ingénieurs réalisent toutes les analyses possibles à l’usine pour trouver une solution qui ne se contente pas de corriger le problème, mais qui apporte également du temps au tour."

"Il serait probablement assez facile de corriger le problème, mais cela rendrait la voiture plus lente. Nous voulons résoudre le problème tout en gagnant du temps au tour."

"C’est un problème complexe, mais nous aimons les problèmes complexes."

"Nous en avons beaucoup et je suis convaincu que, de la même manière que nous avons résolu des problèmes fondamentaux depuis le début de la saison, nous parviendrons à en résoudre d’autres."

Mekies refuse d’ailleurs de considérer ces défauts comme structurels, comme l’avait suggéré Verstappen au Canada.

"À ce stade, il n’y a aucun problème dont nous pensons qu’il ne puisse pas être corrigé sur la voiture de 2026."


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