Une nouvelle faille ’moteur’ utilisée par Mercedes et Red Bull dans le viseur de Ferrari et de la FIA
Encore des astuces révélées au grand jour après le GP du Japon
Une astuce utilisée en qualifications par Mercedes et Red Bull avec leurs groupes propulseurs a attiré l’attention de la FIA après avoir révélé un effet secondaire aussi spectaculaire qu’inattendu. En exploitant une subtilité du règlement énergétique, ces motoristes ont trouvé un moyen de maximiser la puissance électrique au prix d’un risque non négligeable.
Au cœur du sujet se trouve l’utilisation du MGU-K, dont les règles imposent normalement une réduction progressive de la puissance électrique, par paliers de 50 kW. Or, Mercedes et Red Bull ont contourné cette logique en coupant brutalement le déploiement de 350 kW à zéro en toute fin de tour rapide.
Ce procédé, autorisé par le règlement car prévu pour des situations d’urgence, permet de prolonger légèrement l’utilisation de la pleine puissance électrique jusqu’à la ligne de chronométrage. En contrepartie, le système impose un verrouillage du MGU-K pendant 60 secondes ensuite.
En qualifications, cette contrainte est généralement absorbable, puisque le pilote entame ensuite un tour de décélération. Mais les événements survenus à Suzuka ont montré les limites du système.
Plusieurs incidents ont révélé ce comportement. Alexander Albon a ainsi été contraint de s’arrêter en piste lors des essais libres du vendredi, faute de puissance. De leur côté, Kimi Antonelli et Max Verstappen ont également été ralentis de manière significative dans les enchaînements rapides.
Ces situations surviennent lorsque les pilotes, après un tour lancé, lèvent fortement le pied pour laisser passer une autre monoplace. Sans assistance électrique du MGU-K, le moteur thermique perd en régime, la pression du turbo chute, et la voiture se retrouve quasiment sans puissance.
Un phénomène aggravé par l’absence du MGU-H sur les groupes propulseurs 2026, qui complique le maintien du turbo à haut régime. En temps normal, le MGU-K compense ce déficit, mais ici, il est indisponible.
Résultat : une réponse moteur quasi inexistante, avec un effet de lag extrême. Pour retrouver de la puissance, le pilote doit réaccélérer très progressivement afin de relancer le turbo, une manœuvre contre-intuitive dans une situation de perte de puissance.
Techniquement, cette pratique reste conforme au règlement. Les règles autorisent en effet une réduction immédiate du déploiement électrique à tout moment. Le verrouillage de 60 secondes est censé empêcher une utilisation abusive en conditions normales, mais son impact est limité lorsqu’il intervient en fin de tour rapide. Contrairement à une utilisation en course, bien évidemment.
Ce détournement a toutefois suscité des interrogations, notamment du côté de Ferrari. La Scuderia, déjà en désaccord avec Mercedes sur d’autres interprétations réglementaires - notamment le taux de compression moteur ou les procédures de départ - voit dans cette astuce un nouvel exemple d’exploitation des zones grises.
Ferrari reconnaît que la pratique est légale, mais estime qu’elle va à l’encontre de l’esprit du règlement. L’écurie italienne souhaite ainsi obtenir des clarifications de la FIA sur sa légitimité et son éventuelle pérennité.
Si le gain en performance reste marginal, il peut s’avérer précieux sur certains circuits, notamment lorsque la ligne droite précédant la ligne d’arrivée est suffisamment longue pour maximiser le déploiement.
À Suzuka, la sortie de la chicane offre une zone d’accélération favorable, mais la configuration du tracé - avec une longue ligne droite suivie d’un premier secteur sinueux - a amplifié les conséquences. Des pilotes ralentissant pour laisser passer ont été piégés à des endroits critiques, comme à l’entrée du premier virage.
Face à ces incidents, la FIA a engagé des discussions avec Mercedes et peut-être avec Red Bull Ford. Bien que la pratique reste autorisée à ce stade, les préoccupations en matière de sécurité pourraient pousser l’instance à intervenir.
D’ailleurs, selon plusieurs informations, Mercedes aurait choisi de ne plus utiliser cette stratégie pour la suite du week-end japonais. En interne, certains doutent même de sa pertinence au regard des risques encourus.
Loin d’être une solution miracle expliquant la supériorité moteur de Mercedes, cette astuce pourrait être abandonnée si les dangers, notamment une perte soudaine de puissance en piste, sont jugés trop importants. À moins que les équipes ne parviennent à mieux en maîtriser les effets et à former leurs pilotes à en anticiper les conséquences, afin de continuer à exploiter ce levier dans les situations où il offre un avantage, même minime...
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