Red Bull : les évolutions ne racontent pas toute l’histoire des progrès de la RB22
Mekies dévoile une partie des coulisses de son rebond à Miami
Le retour aux avant-postes de Red Bull à Miami n’est pas passé inaperçu. Mais selon l’écurie autrichienne, les progrès affichés par la RB22 ne sont pas uniquement liés au vaste paquet d’évolutions introduit lors du week-end floridien.
Max Verstappen s’est élancé depuis la première ligne et, même si une erreur au départ l’a empêché de se mêler à la lutte pour la victoire, Red Bull a clairement affiché un niveau de compétitivité bien supérieur à celui observé lors des trois premiers week-ends de la saison.
Jusqu’ici, Verstappen n’avait jamais été en mesure de se battre pour le podium en Australie, en Chine ou au Japon. À Miami, le quadruple champion du monde a toutefois retrouvé des couleurs grâce à une RB22 nettement plus performante après la pause de cinq semaines observée en avril.
Parmi les nouveautés introduites figuraient notamment la propre version Red Bull de l’aileron arrière de type "Macarena", déjà popularisé dans le paddock chez Ferrari, mais aussi des éléments révisés de l’aileron avant et de ses dérives latérales, des modifications de la carrosserie avant, ainsi qu’un plancher retravaillé.
L’écurie a également adapté le capot moteur et les entrées des pontons afin d’optimiser leur interaction avec le plancher, tandis que la géométrie de la carrosserie et les déflecteurs de suspension à l’arrière ont eux aussi été modifiés.
À cela s’est ajoutée une évolution du système de direction de la RB22, un changement dont Verstappen a immédiatement ressenti les bénéfices. Le Néerlandais a expliqué que le ressenti au volant lui faisait défaut depuis le début de saison, mais qu’avec les ajustements apportés à Miami, "il y avait clairement eu du temps au tour gagné".
Malgré les importantes évolutions introduites également par McLaren et Ferrari - Mercedes se contentant d’ajustements plus mineurs - Red Bull a visiblement réduit une partie de son retard de performance accumulé lors du début de saison. L’écart est passé d’environ 1"2-1"3 à près de six dixièmes.
Une partie de cette amélioration peut néanmoins être liée aux caractéristiques du circuit de Miami. Le tracé américain comporte peu de longues courbes rapides, un domaine dans lequel la RB22 apparaissait en difficulté à Suzuka.
S’ajoute également le sentiment persistant que les problèmes de corrélation entre la soufflerie vieillissante de Red Bull et les données en piste n’ont pas totalement disparu - et ne devraient pas être complètement résolus avant l’arrivée de la nouvelle soufflerie de l’équipe.
Tout cela laisse penser qu’au-delà des évolutions aérodynamiques, une part importante des gains observés à Miami provient surtout du travail effectué pour mieux exploiter l’existant, en plus de commencer à corriger certaines faiblesses fondamentales de la monoplace.
Interrogé sur l’origine exacte de ces progrès - entre gains liés aux évolutions et optimisation de l’exploitation du package - Laurent Mekies a d’abord préféré rester prudent.
"Je ne suis pas certain d’avoir envie d’entrer dans ce niveau de détail et de vous livrer le résultat de nos analyses !" a-t-il lancé en souriant.
Le directeur de Red Bull reconnaît toutefois qu’il existe bien une combinaison entre développement pur et meilleure compréhension de la voiture.
"Mais vous soulevez un bon point. Si nous avons réduit de moitié l’écart par rapport à notre situation précédente, si nous avons repris six dixièmes à la meilleure concurrence... quelle part provient de l’évolution normale et quelle part vient du fait que nous avons résolu certains de nos problèmes, c’est difficile à dire."
"Et probablement que nous ne le partagerions pas de toute façon !"
Mekies a néanmoins livré un élément révélateur concernant le travail entrepris après Suzuka. Red Bull avait identifié un besoin urgent : offrir à ses pilotes une monoplace au comportement plus constant et plus prévisible.
"Après Suzuka, dimanche soir, nous nous sommes dit : indépendamment de notre déficit global de performance en matière de développement par rapport à la fin de saison dernière, nous ne donnons pas actuellement à nos pilotes une voiture constante, une voiture qu’ils peuvent pousser avec confiance, tour après tour, virage après virage," a-t-il expliqué au sujet du travail réalisé pour Max Verstappen et Isack Hadjar.
Le Français affirme que cette recherche de confiance au volant a constitué l’essentiel du travail réalisé pendant la pause printanière.
"C’est là-dessus qu’a porté la majeure partie du travail pendant ces cinq semaines de pause, en plus du développement normal."
"Donc oui, il y a un partage entre les deux, quel qu’il soit. Mais bien sûr, c’était tangible. C’est du temps au tour."
"Nous savions que nous perdions une quantité importante de dixièmes avec ce manque de confiance que les pilotes pouvaient avoir dans la voiture."
"Le changement du système de direction était un des aspects. Nous avions aussi plusieurs autres points à corriger, et il nous en reste encore quelques-uns à résoudre."
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