Pourquoi la FIA a fait deux erreurs au sujet d’Ocon à Monaco

Le pilote Alpine F1 a accroché Hamilton en ligne droite

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Par Emmanuel Touzot

31 mai 2022 - 15:02
Pourquoi la FIA a fait deux erreurs (...)

Depuis dimanche, le débat fait rage pour savoir la raison pour laquelle Esteban Ocon a reçu une pénalité au Grand Prix de Monaco. Le pilote Alpine F1 a reçu une pénalité pour une touchette avec Lewis Hamilton, que l’on a vue à la télévision.

L’apparition d’une vidéo montrant le Français serrer la Mercedes du septuple champion du monde contre le mur (voir vidéo ci-dessous) dans la ligne droite a fait naître un doute. Ne serait-ce pas pour cette raison qu’Ocon a reçu cinq secondes de pénalité ?

La réponse est bel et bien négative, bien que le doute semble subsister du côté d’Alpine. Laurent Rossi a en effet déclaré sur un live Twitch de Canal+ que son pilote avait été pénalisé pour l’incident dans la ligne droite, mais ce n’est pas ce que dit le rapport des commissaires de course.

Celui-ci parle bien du premier virage, et du fait que Hamilton avait amené une partie de sa voiture à hauteur de l’Alpine ce qui n’est pas le cas dans l’incident montré en vidéo ci-dessous. Ocon aurait dû, selon les dernières modifications du règlement sportif, donner plus de place à son rival, et c’est pour ça qu’il a été puni.

La FIA parle bien du fait que Hamilton n’ait pas eu assez de place : "Il avait le droit de passer à l’intérieur dans le virage 1". De plus, le rapport de la FIA affiche l’horaire de l’incident pour lequel Ocon a reçu sa pénalité, qui est 16h34. Et c’est bien à 16h34 que l’accrochage a eu lieu à Sainte Devote entre Ocon et Hamilton.

Double faute pour la direction de course à Monaco

On peut déplorer que la FIA ait commis non pas une, mais deux erreurs de jugement concernant la bataille entre les deux hommes. En effet, l’incident pour lequel Ocon reçoit ses 5 secondes a de quoi laisser perplexe.

Oui, Hamilton se porte à mi-hauteur de l’Alpine, avec l’aileron avant au niveau du ponton. Mais la piste est mouillée, surtout hors trajectoire, et le Britannique sait qu’il ne pourra pas passer le virage en freinant en même temps que le Français.

Il amorce donc son freinage bien plus tôt que celui d’Ocon qui, au moment de braquer, a sa roue arrière à hauteur de la roue avant du pilote Mercedes F1. Certes, il ne laisse pas de place à Hamilton, mais dans les faits, c’est bien Hamilton qui le harponne.

La direction de course a simplement jugé le fait que Hamilton avait porté une certaine partie de sa monoplace à hauteur de celle de son rival, sans ajouter - et c’est là que cette décision apparait controversée - le paramètre de la pluie, qui compliquait davantage la manœuvre. Les commissaires ont décidé qu’Ocon devait laisser la place à Hamilton.

La deuxième erreur de la direction de course est clairement de n’avoir pas ouvert d’enquête pour le contact en ligne droite entre Ocon et Hamilton. C’est à Eduardo Freitas, le directeur de course, d’ouvrir une enquête ou non, et celle-ci atterrit ensuite entre les mains des commissaires.

Un système de surveillance de la piste à revoir ?

L’action, qui est aussi passée entre les mailles de la piètre réalisation, montre Ocon tasser Hamilton dans le mur pour empêcher la Mercedes de se porter à sa hauteur. Une action qui aurait mérité au minimum cinq secondes de pénalité, et possiblement davantage.

On peut légitimement se poser la question de la bonne surveillance des événements en piste, quand la direction de course ne parvient pas à remarquer les incidents que la télévision ne diffuse pas.

Faut-il davantage de personnes dans le bureau de Freitas et Niels Wittich, pour mieux couvrir les événements ? Car l’incident entre Ocon et Hamilton n’est pas le seul à poser problème.

Il a en effet fallu que Ferrari porte réclamation pour avoir une clarification sur le fait que les pilotes Red Bull aient franchi la ligne des stands. Les notes du directeur de course étaient différentes de ce que stipule le règlement et, en ça, la Scuderia a eu raison de demander des précisions.

Mais pendant la course, la gestion de ces incidents a tout bonnement été déplorable. Seul celui avec Sergio Pérez a été noté, et aucune suite - enquête officielle ou aucun besoin d’enquête - n’a été donnée.

Ces nombreux oublis et erreurs montrent que malgré le licenciement de Michael Masi, tous les problèmes n’ont pas été réglés. La F1 et la FIA vont donc devoir se pencher sur un système qui apparait bel et bien défaillant.

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