Pour contrer Horner, Mercedes et Wolff sont intéressés par une participation dans Alpine F1

Deux camps en concurrence pour entrer au capital de l’équipe

Auteur : Franck Drui
9 mars 2026 - 15:16
Pour contrer Horner, Mercedes et Wolff sont intéressés par une participation dans Alpine F1

La bataille pour entrer au capital d’Alpine F1 pourrait devenir l’un des dossiers politiques majeurs de la Formule 1. Selon les informations révélées par Telegraph Sport, Mercedes s’est positionnée pour racheter la même participation dans l’écurie d’Enstone que celle convoitée par Christian Horner !

Dans un développement inattendu, Toto Wolff mènerait une offre visant à acquérir les 24 % détenus par Otro Capital, une participation que l’ancien patron de Red Bull souhaite également obtenir dans le cadre d’un consortium d’investisseurs.

L’intérêt de Christian Horner pour cette part du capital avait été confirmé en janvier par Flavio Briatore, conseiller exécutif d’Alpine. L’Italien avait alors expliqué que "plusieurs groupes" s’étaient manifestés pour racheter la participation du fonds d’investissement américain, sans révéler que Mercedes faisait partie des candidats.

Otro Capital possède aujourd’hui 24 % d’Alpine F1, tandis que Renault conserve les 76 % restants. Toute transaction devrait donc être validée par le constructeur français.

La valorisation de l’équipe serait comprise entre 2 et 2,5 milliards d’euros, ce qui placerait la participation d’Otro Capital dans la zone autour de 500 à 600 millions d’euros. Le fonds compte parmi ses investisseurs plusieurs célébrités du sport, dont Anthony Joshua, Rory McIlroy et Trent Alexander-Arnold.

L’intérêt de Mercedes pour Alpine intrigue d’autant plus que les deux structures sont déjà étroitement liées. La marque allemande fournit en effet les unités de puissance et les boîtes de vitesses de l’équipe française dans le cadre d’un accord qui court au moins jusqu’à la fin de la saison 2030.

Une prise de participation significative renforcerait encore ces synergies techniques et pourrait relancer le débat sur la propriété ou l’influence sur plusieurs équipes, un sujet sensible dans le paddock.

Même si Mercedes (ou Wolff) ne deviendrait pas actionnaire majoritaire, une telle opération consoliderait considérablement le partenariat entre les deux structures et pourrait susciter l’inquiétude de certaines équipes rivales.

La question de la possession ou de l’influence sur plusieurs équipes n’est pas nouvelle en F1. Le système de double structure de Red Bull fait régulièrement débat. Le PDG de McLaren, Zak Brown, a notamment critiqué ce modèle, estimant qu’il crée des conflits d’intérêts, compromet l’équité sportive et permet des avantages potentiels dans le partage d’informations techniques. L’Américain a appelé la FIA à introduire des règles pour interdire de telles situations et garantir des conditions de concurrence équitables.

Une rivalité Wolff–Horner en toile de fond

Cette affaire possède également une dimension politique évidente, notamment en raison de la rivalité bien connue entre Toto Wolff et Christian Horner.

Si Mercedes parvenait à conclure un accord avec Otro Capital, cela rendrait pratiquement impossible un retour de Horner chez Alpine. Wolff n’aurait évidemment aucune intention de collaborer avec son rival historique.

Même si l’offre de Mercedes n’aboutissait pas, il est facile d’imaginer que le patron autrichien puisse chercher à compliquer une éventuelle opération impliquant Horner en utilisant l’influence liée à la fourniture des moteurs Mercedes.

Pour l’heure, la valeur exacte de l’offre de Mercedes n’est pas connue. Toute transaction devrait de toute façon être approuvée à la fois par Renault et par le conseil d’administration de Mercedes.

Interrogé sur ces informations, Otro Capital a refusé de commenter.

Un porte-parole de Mercedes F1 s’est limité à déclarer au Telegraph : "Mercedes est un partenaire stratégique clé d’Alpine et nous sommes tenus informés des derniers développements."

Du côté d’Alpine, l’équipe confirme être régulièrement approchée par des investisseurs.

"L’équipe est régulièrement approchée et contactée par de multiples parties et investisseurs potentiels concernant les parts d’Otro," a indiqué un porte-parole.

"Nous ne commentons aucun nom ou individu spécifique. Les discussions ne relèvent pas de l’équipe mais des actionnaires et des parties intéressées. Notre priorité reste la tâche immédiate : le début de la saison et la poursuite d’un redressement durable des performances en piste."

Horner toujours en quête d’un retour

Christian Horner, évincé de Red Bull l’été dernier après vingt ans à la tête de l’équipe, n’a jamais caché son intention de revenir en Formule 1.

Le Britannique de 52 ans expliquait encore le mois dernier avoir le sentiment d’avoir "des affaires inachevées" dans la discipline, tout en précisant qu’il ne reviendrait "qu’en tant que partenaire, et non comme employé (directeur d’équipe, ndlr)".

Plusieurs équipes ont été évoquées pour un éventuel retour, notamment Aston Martin, Ferrari et Haas. Parmi ces pistes, Aston Martin semble la plus crédible, compte tenu du début de saison difficile de l’équipe et des interrogations sur l’organisation autour d’Adrian Newey.

Reste toutefois à savoir si Newey accepterait de retravailler avec Horner. Les deux hommes ont collaboré pendant plus de vingt ans chez Red Bull, avant que l’ingénieur britannique ne quitte l’équipe en 2024 au plus fort de la controverse liée à l’affaire de sexting impliquant Horner.

Ce dernier a finalement été blanchi (par Red Bull) à deux reprises de tout comportement inapproprié envers son assistante. Dans le cadre de son accord de départ avec Red Bull, il est désormais autorisé à revenir dans le paddock à partir du début d’avril ou mai.


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