Malgré son envol, Antonelli estime avoir encore beaucoup à prouver
Le pilote Mercedes F1 refuse tout excès de confiance
Large leader du championnat du monde après seulement six Grands Prix, Kimi Antonelli impressionne par sa vitesse et sa maturité. Pourtant, le pilote Mercedes estime avoir encore beaucoup à prouver malgré un début de saison exceptionnel qui l’a déjà installé comme le grand favori au titre mondial.
À seulement 19 ans, l’Italien a remporté cinq des six premières manches de la saison 2026 et possède désormais 66 points d’avance sur son plus proche poursuivant, Lewis Hamilton.
Son équipier George Russell, vainqueur de la manche inaugurale, accuse quant à lui 68 points de retard avant le Grand Prix de Barcelone, conséquence d’un début de saison plus compliqué.
Malgré cette position de force, Antonelli refuse de considérer que son ascension est terminée.
"Il y a encore des questions qui doivent trouver une réponse de mon côté : jusqu’où puis-je progresser en peu de temps ? Jusqu’où puis-je encore me pousser ? À quel point puis-je continuer à grandir et quel est réellement mon potentiel ?" a-t-il confié lors de la conférence de presse du jour à Barcelone.
Le pilote Mercedes estime notamment avoir énormément appris de sa première saison complète en Formule 1, en particulier lors de la période difficile qu’il avait traversée au milieu de l’année 2025. À l’époque, plusieurs erreurs et un manque de rythme l’avaient fait douter de lui-même.
"L’année dernière, je doutais beaucoup de moi, surtout pendant cette période difficile en Europe. Cette année, c’est une autre histoire et on mûrit énormément après une année en Formule 1, non seulement en tant que pilote mais aussi en tant que personne."
"L’an dernier, durant cette période difficile, j’ai appris à mieux me connaître. Vu à quel point c’était difficile à vivre sur le moment, je suis aujourd’hui très reconnaissant que cela soit arrivé, parce que cela m’a beaucoup fait grandir et m’a énormément appris sur moi-même."
"Cette année, je ne me remets plus en question et je ne doute plus de moi."
La progression est d’autant plus spectaculaire qu’en 2025, Antonelli avait terminé septième du championnat, trois places derrière Russell et avec un retard de 169 points sur son équipier.
Le Britannique avait remporté deux Grands Prix, tandis que l’Italien n’avait décroché qu’un seul podium, avec une troisième place au Grand Prix du Canada.
Sur l’ensemble de la saison, Antonelli n’avait battu Russell en qualifications qu’à cinq reprises et affichait un retard moyen de 2,4 dixièmes sur son équipier.
Les statistiques se sont largement inversées en 2026. Même si Russell a également souffert de plusieurs épisodes malheureux, dont un arrêt aux stands raté et une pénalité à Monaco, il a lui-même reconnu avoir du mal à exploiter pleinement le potentiel de la Mercedes.
Antonelli mène actuellement leur duel en qualifications 5-4 (en comptant les 3 Sprints) avec un avantage moyen d’un peu plus d’un dixième. Le jeune Italien attribue cette évolution à l’expérience accumulée au fil des mois.
"Beaucoup de choses ont changé. L’année d’expérience en elle-même a joué un rôle énorme. Acquérir sa propre expérience, comprendre ce qui est bon ou non pour soi pendant un week-end de course et en dehors, cela change énormément de choses."
"L’expérience, le fait de revenir sur un week-end de course que l’on a déjà vécu l’année précédente, fait une énorme différence. Vous connaissez mieux l’évolution de la piste et bien d’autres choses."
"Vous êtes capable de mieux équilibrer vos ressources durant le week-end et vous vous sentez mieux dans la voiture d’un point de vue physique et mental."
"Vous prenez davantage conscience de votre potentiel et vous connaissez mieux l’équipe. Ce sont toutes ces petites choses qui jouent un rôle énorme."
Malgré son avance confortable au championnat, Antonelli assure que la lutte pour le titre n’occupe pas ses pensées.
"Je ne m’en préoccupe pas vraiment. Bien sûr, je sais quelle opportunité s’offre à moi et bien sûr je veux en tirer le meilleur parti possible. Mais en même temps, je ne veux pas piloter ou courir en pensant à cela."
"Je veux vraiment me concentrer sur le processus et sur ce que j’ai à faire. Je veux profiter autant que possible du week-end et piloter aussi vite que possible."
"Et ensuite, nous verrons où nous en sommes à la fin de l’année."
L’ascension fulgurante du pilote Mercedes ne laisse pas insensible Fernando Alonso, dont les débuts en Formule 1 remontent à plus de cinq ans avant la naissance même d’Antonelli. Le double champion du monde ne tarit pas d’éloges sur l’Italien.
"C’est un talent incroyable," dit-il à Barcelone lors de la conférence du jour.
"Aujourd’hui, il dispose d’une voiture qui domine et il s’adapte à cette voiture tout en remportant des courses sans commettre d’erreurs et en supportant la pression liée à la tête du championnat et à la gestion des courses."
"C’est déjà une très belle réussite."
Mais il rappelle également que la Formule 1 ne pardonne rien.
"Cependant, c’est la Formule 1 et il faut toujours performer au plus haut niveau. Il a l’opportunité et s’il est capable de gérer cette pression et de décrocher le titre, ce sera quelque chose d’incroyable."
Antonelli a aussi été interrogé sur la coupe du monde de foot qui commence ce week-end. Aux côtés du champion de tennis Jannik Sinner, le pilote Mercedes arbore fièrement les couleurs de son pays cet été, l’Italie n’ayant pas réussi à se qualifier dans une compétition qu’elle a pourtant remportée à quatre reprises.
Grand supporter de son équipe locale, Bologne, Antonelli admet être partagé entre plusieurs équipes.
"Honnêtement, je ne sais pas encore pour qui je vais vibrer pendant la Coupe du Monde," confie-t-il.
"Évidemment, j’ai beaucoup de joueurs que j’apprécie. Personnellement, j’aime beaucoup le Brésil, par exemple, leur style de jeu. Et quand j’étais petit, j’adorais Ronaldinho et Lionel Messi, surtout lorsqu’ils jouaient à Barcelone."
"J’aime beaucoup le Brésil, c’est certain. S’ils font un bon parcours, je serai ravi. Mais j’encourage aussi Messi, c’était l’un de mes joueurs préférés quand j’étais petit, et j’ai même eu la chance de le rencontrer à Miami."
"Je pense que ça va être un super événement, même si l’Italie n’y participe pas, malheureusement. On va donc devoir attendre encore quatre ans, peut-être. Je vais regarder quasiment tous les matchs, parce que c’est vraiment génial."
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