McLaren F1 reconnaît ses difficultés mais ne freine pas ses ambitions pour 2026

La première salve d’évolutions apportera de nombreuses réponses

Auteur : Franck Drui
20 avril 2026 - 08:03
McLaren F1 reconnaît ses difficultés mais ne freine pas ses ambitions pour 2026

Après un début de saison intense, la pause imposée au calendrier de la Formule 1 a offert à McLaren une respiration bienvenue. Une coupure précieuse, à la fois pour récupérer après une intersaison raccourcie et pour approfondir la compréhension de la MCL40 dans le cadre des nouvelles réglementations 2026.

Entre travail au simulateur et réunions d’ingénierie, l’écurie britannique a mis à profit ce mois d’avril pour affiner ses analyses avant la reprise à Grand Prix de Miami. L’occasion également d’échanger avec son directeur d’équipe, Andrea Stella, sur les débuts contrastés de la saison, les progrès observés et les perspectives à court terme.

Interrogé sur ce démarrage en demi-teinte, Stella identifie deux raisons principales : "Je suis d’accord pour dire que le début de saison a présenté certains défis, essentiellement pour deux raisons."

"La première, c’est qu’il a fallu plus de temps que prévu pour apprendre à exploiter tout le potentiel offert par l’unité de puissance que nous fournit Mercedes. De plus, nous avons souffert de divers problèmes de fiabilité dans ce domaine, qui ont eu un impact significatif non seulement sur les résultats, mais aussi sur la vitesse de notre apprentissage."

Le second facteur remonte à la conception même de la monoplace.

"La deuxième, c’est que la phase de conception de la MCL40 a été affectée à la fois par le fait que nous étions encore en lutte pour le championnat jusqu’à la dernière course en 2025 et par une approche de conception différente."

"Nous voulions nous assurer que la spécification de lancement de la voiture soit une base saine pour le développement. Comme on le sait, il y a encore beaucoup de chemin à parcourir avec les nouvelles règles 2026."

Un contexte qui explique le retard initial face à la concurrence : "Ce sont, en résumé, les raisons pour lesquelles nous nous sommes retrouvés derrière des rivaux comme Mercedes et Ferrari, qui étaient mieux préparés que nous lors de la première course de la saison."

Des signes encourageants malgré tout

Si Stella reconnaît ce "côté sombre," il insiste également sur les points positifs : "Il y a eu de nombreux aspects positifs. Le premier, c’est le caractère montré par l’équipe et les pilotes, dans la continuité de ce que nous avons vu en 2025 lorsque nous avons remporté les deux titres."

"Une fois de plus, nous avons fait face aux difficultés de manière unie et cohérente, tant en interne qu’avec nos partenaires chez Mercedes," ajoute-t-il.

Les premiers progrès ont d’ailleurs été visibles en piste : "Nous avons vu à Suzuka les premiers signes d’amélioration, où nous avons obtenu notre premier podium de la saison grâce à la deuxième place d’Oscar."

Stella souligne également une dynamique prometteuse en coulisses : "En arrière-plan, nous avons aussi constaté que le rythme de développement de la voiture semble très prometteur. Il reste du travail sur la fiabilité et l’optimisation des performances, mais je pense que nous avons pris la bonne direction."

Des évolutions attendues en Amérique du Nord

La pause a permis de travailler de manière plus structurée selon Stella.

"Il y a eu l’opportunité de travailler de façon plus cohérente et linéaire avec ces 4 semaines pleines sans course."

"Nos plans hivernaux prévoyaient que les courses de mai en Amérique du Nord, d’abord à Miami puis à Montréal, verraient l’introduction des premières évolutions de la voiture par rapport à sa version initiale."

"Nous prévoyons d’introduire un ensemble complet de solutions aérodynamiques, qui sera déployé progressivement entre les deux Grands Prix."

Malgré les contraintes du format Sprint, Stella se veut confiant.

"Il ne sera certainement pas simple de les introduire sur deux week-ends Sprint, étant donné le temps limité pour effectuer des comparaisons avec seulement une heure d’essais libres à chaque fois, mais nous sommes confiants que ce que nous apporterons en piste offrira les performances attendues."

"Mais les dix autres équipes ont eu la même opportunité de travailler sur leurs évolutions. Je ne m’attends pas à des bouleversements révolutionnaires dans la hiérarchie."

"Nous visons à réduire l’écart de performance avec les équipes de tête lors des prochaines courses, tout en capitalisant sur les progrès continus réalisés dans l’exploitation de l’unité de puissance grâce au travail mené avec Mercedes."

"J’ai vraiment hâte d’arriver à Miami pour voir qui a le mieux travaillé."

Un statut d’équipe cliente assumé

Malgré trois titres mondiaux remportés en deux ans, Stella n’est pas surpris par ce début de saison en demi-teinte.

"Non, ce n’était pas une surprise, car nous savions à quel point les changements réglementaires allaient redistribuer les cartes."

"Nous sommes une équipe cliente, face à des équipes d’usine soutenues par certains des plus grands constructeurs, dans l’un des sports les plus compétitifs au monde."

"Il était plausible que ceux qui pouvaient concevoir à la fois la voiture et l’unité de puissance aient un avantage, surtout au début d’un nouveau cycle réglementaire," poursuit-il.

"Ne pas être une équipe d’usine a ses avantages et ses inconvénients, mais les résultats de McLaren ces deux dernières années montrent qu’une équipe cliente peut gagner, pas seulement des courses mais aussi des championnats."

"Nous avons déjà montré récemment, en 2023 ou 2024, que nous étions capables de développer la voiture à un niveau suffisant pour combler des écarts de performance importants. Cela peut prendre du temps, mais nous avons tout ce qu’il faut pour réussir à nouveau en tant qu’équipe cliente."

Un duo de pilotes solide et harmonieux

Enfin, le directeur d’équipe salue le travail de ses pilotes, Oscar Piastri et Lando Norris.

"Tout d’abord, je suis très satisfait de la manière dont Oscar et Lando travaillent, à la fois avec l’équipe et entre eux."

"Ils sont coéquipiers depuis plus de trois ans, et je n’ai jamais vu une atmosphère aussi détendue entre eux, ce qui n’est jamais acquis dans ce sport."

"Oscar, notamment, qui sortait d’une fin de saison assez compliquée et a commencé celle-ci avec deux contretemps [en Australie et en Chine, pas de départ en course], fait preuve d’une maturité et d’une volonté de progresser qui m’impressionnent vraiment."

Quant à Norris, fraîchement sacré champion du monde, il ajoute : "Devenir champion du monde et réaliser son rêve d’enfant ne l’a pas changé le moins du monde, ce qui est très important, à la fois pour lui et pour l’équipe."

"Du point de vue des pilotes, nous savons que nous pouvons continuer à compter sur un duo extrêmement fort, individuellement mais aussi collectivement."

"Cela a toujours été un élément clé de l’approche que Zak Brown et moi avons suivie au fil des années. Nous avons démontré par nos résultats que l’on peut gagner de cette manière, en laissant les deux pilotes se battre librement."

"Aujourd’hui, nous montrons que nous pouvons continuer à travailler en harmonie, même après que l’un d’eux a remporté le titre mondial."


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