’Le V8 est une affaire réglée’ : la F1 prépare sa prochaine révolution... sans Audi ?

Les divergences concernent essentiellement la présence ou non d’un turbo

’Le V8 est une affaire réglée’ : la F1 prépare sa prochaine révolution... sans Audi ?
Auteur : Franck Drui
14 juin 2026 - 09:29

La bataille autour des futurs moteurs de la Formule 1 est déjà lancée. Alors que la FIA pousse ouvertement en faveur d’un retour à une architecture V8 atmosphérique hybride à partir de 2030 ou 2031, Audi campe sur ses positions et continue de défendre la suralimentation, ouvrant un nouveau front politique et technique dans le paddock.

Le débat sur l’après-réglementation 2026 prend de l’ampleur. Présent aux 24 Heures du Mans, le président de la FIA, Mohammed Ben Sulayem, a clairement affiché sa volonté d’orienter la discipline vers des groupes propulseurs plus simples, plus légers et moins coûteux, tout en tournant la page des motorisations lancées en 2026, largement critiquées.

"Le V8 est une affaire réglée. La décision a été prise," a affirmé Ben Sulayem.

Le dirigeant émirati estime que la discipline doit réduire drastiquement les coûts de développement des motoristes.

"Un V8 est durable. Quand nous parlons de recherche et développement, nous parlons de plus de 200 millions d’euros. Red Bull a investi plus de 1,3 milliard d’euros dans le moteur actuel : c’est absurde."

Il précise toutefois que l’abandon total de l’hybridation n’est pas envisagé.

"Il y aura une partie hybride, mais légère et simple."

La FIA a déjà rééquilibré la réglementation en faveur du moteur thermique dès 2027 et 2028. À plus long terme, Ben Sulayem imagine même des monoplaces considérablement allégées.

"Avec un V8, 10 % d’hybridation et du carburant durable, nous obtenons 760 chevaux dans la version de base, environ 880 avec l’hybride. Pas de turbocompresseur. Un turbocompresseur ajoute du poids et des coûts."

Le président de la FIA a ensuite détaillé les arguments qui motivent cette orientation.

"La mission est la simplicité, le contrôle des coûts et une sonorité agréable pour le public. Nous avons consulté les six motoristes et ils préfèrent la légèreté et la simplicité, avec des coûts moteur réduits de 1,5 million à environ 700 000 euros pièce."

Cependant, tous les constructeurs ne partagent pas cette vision. Audi reste fermement attaché à la suralimentation. Ben Sulayem ne cache pas son désaccord avec cette approche.

"Beaucoup de gens disent que nous avons besoin d’un turbo. Mais alors nous retrouvons un excès de poids."

"Si vous installez un turbo, vous avez besoin d’une wastegate, d’un intercooler, de durites... Tout cela représente du poids. Et cela coûte de l’argent."

Cette position place directement la FIA en opposition avec la direction du constructeur allemand. À Monaco, le directeur général d’Audi, Gernot Döllner, avait réaffirmé les préférences de la marque aux anneaux.

"Nous préférons la suralimentation en raison de son efficacité. Pour Audi, l’aspect le plus important est de préserver le concept de durabilité et de garantir que l’efficacité énergétique reste un pilier essentiel du règlement de la F1."

Audi privilégierait même une architecture biturbo inspirée du système utilisé sur sa nouvelle supercar Nuvolari.

Malgré cette divergence, Ben Sulayem assure que les discussions restent ouvertes.

"Bien sûr, il est bon d’échanger des idées. La FIA écoute les souhaits des fabricants de groupes propulseurs. Nous en avons actuellement six. Mais si cela ne dépendait que de nous, nous privilégierions un faible poids, une conception simple et moins de temps nécessaire pour effectuer des modifications."

Le président de la FIA souhaiterait introduire ces nouvelles règles dès 2030 avec l’accord des constructeurs. À défaut, l’instance pourrait imposer sa propre vision à partir de 2031.

Les pilotes semblent d’ailleurs largement partager les critiques formulées contre la direction prise par la réglementation 2026. Lance Stroll n’a pas caché son scepticisme.

"Nous devrions revenir aux V8 dès l’année prochaine, si vous voulez mon avis, mais je comprends que tout avance très lentement."

"Toute personne qui connaît un minimum les voitures vous aurait dit que ces voitures sont affreuses à piloter."

"C’était prévisible. Tout ce qui ajoute du poids, comme la batterie, les systèmes de récupération d’énergie et la manière dont il faut gérer l’énergie électrique sans l’utiliser complètement..."

"Je ne sais pas, cela ne devrait pas être comme ça, mais nous sommes dans cette situation et c’est ainsi."

Fernando Alonso irait même encore plus loin que les propositions actuellement étudiées par la FIA. L’Espagnol souhaiterait supprimer totalement la composante électrique.

"J’aimerais supprimer complètement la partie électrique. La partie électrique apporte peu de valeur ajoutée à la compétition. Il existe déjà une catégorie entièrement électrique avec la Formule E, et là-bas ils poussent vraiment cette technologie à ses limites."

"Ces voitures sont puissantes et offrent beaucoup de spectacle. Pour la Formule 1, il n’est pas nécessaire de suivre la même voie."

À quatre ans de l’échéance visée, le débat est donc déjà lancé. Entre la volonté de la FIA de revenir à une philosophie plus simple et plus légère, et la défense de l’efficacité énergétique incarnée par Audi, la prochaine grande bataille réglementaire de la Formule 1 a déjà commencé.


Comment suivre au mieux l’actualité de notre site ?

Vous appréciez nos actus ? Alors sélectionnez Nextgen-Auto.com comme source privilégiée sur Google, pour voir davantage de news F1 de ce site dans vos résultats d’actualités. Vous ne manquerez plus aucune information et serez parmi les premiers à lire nos interviews et analyses.

S’abonner est simple : il vous suffit de cliquer sur ce lien et de cocher les sources Nextgen-Auto.com.

Vous pouvez aussi vous abonner à notre chaîne WhatsApp Nextgen-Auto.com pour recevoir en temps réel les "breaking news" et quelques informations exclusives avant leur publication !

Nous suivre sur notre Profil Google afin que nos news vous soient présentées en priorité dans votre fil d’informations sur votre smartphone ! Il suffit de cliquer sur "Suivre sur Google".


Partage

sulayem_2_.jpg