F1 2026 : le test du moteur à 130°C pourrait manquer sa cible

Température trop basse, avantage conservé pour Mercedes ?

Auteur : Franck Drui
20 avril 2026 - 09:41
F1 2026 : le test du moteur à 130°C pourrait manquer sa cible

À l’approche de l’entrée en vigueur d’un nouveau test technique sur les unités de puissance, une question agite déjà le paddock : la FIA parviendra-t-elle réellement à encadrer les gains potentiels liés au taux de compression des moteurs en Formule 1 ?

C’est en tout cas le doute soulevé par Bernie Collins, ancienne figure de McLaren et d’Aston Martin, désormais consultante pour Sky Sports F1.

À partir du 1er juin, la FIA introduira un nouveau test dit "à chaud" du taux de compression des moteurs, réalisé à une température de 130°C. L’objectif : mieux refléter les conditions réelles d’utilisation des groupes propulseurs.

Mais pour Collins, cette mesure pourrait passer à côté de l’essentiel. Elle souligne en effet que les moteurs de F1 fonctionnent en réalité à des températures bien plus élevées, comprises entre 250 et 300°C. Un écart significatif qui pourrait limiter la portée du test et laisser subsister certaines optimisations.

La question du taux de compression est devenue un sujet brûlant en amont de la saison, avec Mercedes particulièrement dans le viseur. Les Flèches d’Argent auraient trouvé un moyen de respecter le test réglementaire actuel – fixé à un ratio de 16:1 à température ambiante – tout en augmentant ce taux une fois le moteur en conditions de fonctionnement.

Le gain potentiel évoqué varie fortement selon les sources, allant de négligeable à plusieurs dixièmes de seconde au tour. Dans les faits, Mercedes a parfaitement lancé sa saison : pole positions à Melbourne, Shanghai et Suzuka, et trois victoires en trois courses, malgré la pression exercée par Ferrari et, plus récemment, McLaren.

Reste désormais à savoir si le nouveau test FIA aura un impact sur l’ordre établi.

"La première chose à dire, c’est que ce n’est pas nouveau en F1, et c’est l’un des aspects que j’adore dans l’ingénierie et l’innovation en Formule 1. Tout le monde lit le règlement et se demande : que disent les règles, mais surtout, que ne disent-elles pas, et comment puis-je passer les tests ?"

"Les vérifications sont faites avec certains tests. C’est comme pour l’aileron arrière. Nous avons eu cela l’an dernier, où nous avons modifié le test en cours de saison, en ajoutant une charge supplémentaire pour limiter la flexibilité. Le taux de compression, c’est la même chose."

"Avec le moteur, vous prenez un mélange d’air et de carburant, vous le comprimez, et c’est ce qui produit l’explosion. Plus vous le comprimez, plus l’explosion est importante et efficiente. C’est assez simple."

"L’idée est que Mercedes le comprime davantage."

Le point clé réside dans la différence entre les conditions de test et celles en piste.

"La mesure initiale se faisait à froid, puis une fois que le moteur chauffe, ils trouvent un moyen de comprimer un peu plus. Ces moteurs fonctionnent à des températures très, très élevées. Nous introduisons donc un test à 130°C, mais j’estime que les moteurs tournent plutôt autour de 300 °C. C’est une énorme différence."

Difficile, dans ces conditions, d’anticiper les effets concrets de cette nouvelle directive technique.

"Nous ne savons pas quel impact ce test va avoir. Mercedes a déclaré à plusieurs reprises que cela ne les affectera pas. Un peu comme avec les changements sur les ailerons arrière, nous ne savons pas comment cela va influencer chaque équipe."


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