Coulthard révèle pourquoi Dennis lui préférait Häkkinen chez McLaren F1
Un lien spécial né après l’accident du Finlandais à Adélaïde
David Coulthard a révélé qu’il avait fallu des années pour que Ron Dennis s’ouvre sur le lien émotionnel profond qu’il entretenait avec Mika Häkkinen. Un lien qui trouvait son origine dans l’effroyable accident du Finlandais à Adélaïde, qui avait laissé le patron de McLaren F1 au chevet de celui qui s’était blessé dans une de ses monoplaces.
Coulthard et Häkkinen ont été coéquipiers chez McLaren de 1996 à 2001. Coulthard avait rejoint l’équipe après que la campagne de 1995 s’était achevée sur une note très éprouvante pour McLaren et Häkkinen, le Finlandais ayant subi un énorme choc à Adélaïde à la suite d’une crevaison.
Lors de son passage dans le podcast Red Flags, Coulthard a expliqué comment Ron Dennis a fini par se confier sur l’impact de cet accident, et notamment sur le fait que Häkkinen semblait être avantagé par Dennis.
Les consignes d’équipe de McLaren au Grand Prix d’Australie 1998 avaient particulièrement fait sourciller, Coulthard ayant cédé la victoire à Häkkinen en vertu d’un accord conclu avant la course. Mais l’Ecossais se rappelle d’une admission faite par son patron de l’époque.
"Je pense qu’il a fallu de nombreuses années à Ron, et je suis resté neuf saisons là-bas, ce qui est long pour une seule équipe, il lui a fallu peut-être cinq ou six ans pour finir par s’ouvrir et me dire ’écoute, je me sens proche de Mika parce que j’étais à son chevet à l’hôpital d’Adélaïde en 95. Il était branché de partout, dans un coma artificiel, et il venait d’avoir un accident dans l’une de mes voitures. Je ne savais pas si j’étais debout au chevet de son futur lit de mort ou s’il courrait de nouveau un jour’."
"Je comprends cela aujourd’hui. Je ne le comprenais pas à l’époque car, pour moi, c’est Mika qui avait eu l’accident. Je courais pour Williams. On entendait dire qu’il était mal en point, puis qu’il se remettait. Je savais que j’allais rejoindre l’équipe, mais j’ignorais s’il serait toujours mon coéquipier."
"Il a récupéré, il est revenu, et la suite appartient à l’histoire : il a gagné deux championnats du monde. Mais de manière égoïste, je ne craignais pas pour Mika. Je pensais à mon avenir."
"Le sport n’est pas l’endroit où aller si vous êtes mal à l’aise avec les gens égoïstes. Nous sommes égoïstes. L’échec de l’autre est notre opportunité. On ne souhaite jamais de mal physique à personne, mais je ne vais pas pleurer si le moteur de mon coéquipier explose."
"Je me sentais bien quand son moteur lâchait, surtout s’il était devant moi... quand le mien avait explosé par la suite, je me sentais beaucoup moins bien ! Mais c’est une étrange appellation, ’team mate’. Ce n’est pas votre ami, c’est votre plus grand rival."
Interrogé sur sa vision des consignes d’équipe et sur ce qu’il ferait s’il était patron d’écurie, Coulthard pense qu’il préférerait en appliquer que laisser ses pilotes se battre : "C’est pour cela que, dans bien des cas, vous avez une équipe avec un numéro un et un numéro deux clairs."
"Quand vous avez deux numéros un égaux, cela finit généralement par un affrontement et ça ne marche pas. Mais pour répondre à votre question, je voudrais les deux meilleurs pilotes possibles dans la voiture et je laisserais la nature suivre son cours, car c’est ce que j’aime regarder."
"J’aimais regarder ça étant enfant, et j’aime regarder ça aujourd’hui à la retraite. C’est gênant quand le numéro deux est tellement ’numéro deux’ que, vous savez, il est pratiquement en train de faire ses besoins tout en conduisant."
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