Antonelli : la F1 est une ’mer de requins’
Il veut être le premier champion italien depuis Ascari
Andrea Kimi Antonelli a enchaîné les difficultés à la fin de la première partie de saison – comme si son podium au Canada n’avait été qu’une parenthèse enchantée.
Pour le Corrierre della Sera, le jeune pilote Mercedes F1, mis en danger par la rumeur Max Verstappen, en a révélé plus sur son apprentissage et sa vie en dehors des circuits.
Son modèle comme pilote est Senna. Mais son idole dans tout le monde du sport ? Ce n’est pas un pilote, mais un footballeur, commence-t-il.
« Messi. Je suis né en 2006, je suivais toujours Barcelone parce que j’étais un de ses super-fans. Et en même temps, mon père m’emmenait parfois au stade voir Bologne. »
Andrea Kimi Antonelli est resté très proche de ses parents, qui lui ont transmis des valeurs auxquelles il reste très attaché.
« Ils m’ont instruit, m’ont enseigné les valeurs de la vie, l’importance des sacrifices pour atteindre un objectif, pour suivre une passion. Il a été fondamental d’écouter leurs conseils, surtout sur l’école. »
Andrea Kimi Antonelli a en effet tenu à poursuivre ses études et son bachot même en commençant une carrière de pilote de F1 pour une des équipes les plus prestigieuses.
« J’y tenais. Mais il a été difficile de gérer la Formule 1 et l’école, il y a des moments où je me suis posé des questions : ‘Je continue ou j’abandonne ?’ »
« Cela commençait à devenir une situation pesante en étant toujours à l’extérieur, mais ma mère a insisté et j’ai reçu de l’aide de l’établissement pour rattraper les cours manqués. Mais au final, j’ai décidé que j’allais au moins essayer, et j’y suis parvenu. »
Le jeune Italien est aussi en couple avec Eliska, une ancienne pilote de kart tchèque, d’un an son aînée.
« Elle connaît mon monde, elle sait le temps que ça prend. Elle comprend les sacrifices. Quand elle vient me voir sur les circuits, c’est un plaisir et un soutien : elle sait très bien se débrouiller et je n’ai pas à m’inquiéter, elle ne s’ennuie certainement pas. Vivre ensemble ? C’est encore bien trop tôt. »
Andrea Kimi Antonelli est le pilote italien le plus célèbre aujourd’hui : comment gérer cette célébrité à même pas 19 ans ?
« Mais, je suis un garçon normal. J’avais un bon groupe d’amis à l’école et quand je rentre à Bologne, j’essaie de passer le plus de temps possible avec eux. Ils sont aussi passionnés de Formule 1, ils me suivent toujours. Pour l’instant, j’arrive à maintenir la relation, les relations humaines sont importantes. Dans mon sport, je suis un peu seul. »
« Loin de la famille, loin des amis. Ce n’est pas facile de maintenir certains liens. »
Parlons désormais de sa relation avec Toto Wolff : au vu de l’écart d’âge, son patron est presque comme un deuxième père.
D’ailleurs, il l’appelle parfois Andrea, parfois Kimi. Quel est alors le bon prénom ?
« Quand ça va bien, c’est Kimi, quand ça va moins bien, c’est Andrea, quand ça va très mal, il m’appelle Antonelli. J’ai connu Toto en 2018, il m’a fait entrer dans l’académie, et j’ai grandi avec lui. J’ai eu la chance de le découvrir aussi en dehors de la piste. Je suis heureux d’avoir trouvé un guide, ainsi que de nombreuses autres personnes très importantes dans l’équipe qui m’ont aidé. »
À 18 ans, Andrea Kimi Antonelli défie donc Lewis Hamilton, qu’il a remplacé chez Mercedes F1 et qui a plus de deux fois son âge. L’âge, ça ne compte pas vraiment ?
« Quand on baisse la visière du casque, ça ne compte pas. Personne en piste ne fait de cadeaux, peu importe si l’on a 16 ou 35 ans. »
Pour gérer la pression, Valentino Rossi a donné un conseil : n’écoute pas tout le monde. Un conseil que le pilote Mercedes F1 écoute.
« Oui. En F1, c’est comme nager dans une mer pleine de requins, on tombe vite dans le piège et on se fait manger. Je m’en suis rendu compte à Imola. Là, j’ai compris à quel point il est important de prendre du temps pour soi. Des moments où je reste seul, dans un endroit silencieux où je peux ‘switcher’ mentalement, où je m’isole. »
« Dans le motor-home des ingénieurs, il y a une chambre réservée aux pilotes. J’y vais avant de monter dans la voiture, je visualise et je répète les tours de piste dans ma tête. Pour le faire, il faut être tranquille. Je ne prêtais pas attention à ces aspects, je les considère fondamentaux pour essayer de donner 110 %. »
Le premier champion italien depuis 70 ans ?
Le dernier champion du monde de F1 remonte aux années 50 avec Ascari : Andrea Kimi Antonelli ambitionne-t-il d’être le prochain ?
« L’objectif est celui-là. Au Canada, le premier podium était magnifique, mais à vrai dire, j’étais aussi un peu déçu. Parce que nous avions la voiture pour gagner et c’est mon coéquipier, George Russell, qui a gagné. Si je n’avais pas fait une petite erreur en qualifications… »
« Tout ne se passe pas toujours bien. Je travaille justement pour ça, chaque course est une leçon. »
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