Vasseur se dit ’abattu’ et ne décolère pas : ’comment on peut perdre cette course...’

"Il me faudra du temps pour digérer Mexico"

Vasseur se dit ’abattu’ et ne décolère pas : ’comment on peut perdre cette course...’
Auteur : Franck Drui
2 novembre 2026 - 11:13

Frédéric Vasseur peine toujours à accepter la victoire perdue par Ferrari au Grand Prix de Mexico. Alors que Lewis Hamilton et Charles Leclerc occupaient les deux premières places au début de la course, leur affrontement au virage 4 a ouvert la porte à Max Verstappen, finalement vainqueur. Le directeur de la Scuderia ne cache pas son amertume, d’autant que Ferrari venait de confirmer les progrès réalisés ces dernières semaines. Au-delà de l’incident, Vasseur insiste sur la responsabilité de ses pilotes envers les employés de Maranello et refuse de considérer les particularités du circuit comme une excuse. Il apporte également des précisions sur les raisons pour lesquelles Leclerc n’a pas immédiatement rendu sa position à Hamilton.

Après ses réactions à chaud hier, Frédéric Vasseur est revenu sur le Grand Prix de Mexico avec des sentiments contrastés. S’il a tenu à saluer le sacre mondial de Kimi Antonelli, le directeur de Ferrari reste profondément frustré par le résultat de son équipe, qui a dû se contenter des deuxième et quatrième places avec Lewis Hamilton et Charles Leclerc.

"Félicitations à Kimi et Mercedes, Kimi a fait de belles courses de la première à la dernière et c’est un titre mondial parfaitement mérité."

Mais les félicitations ont rapidement laissé place à l’amertume. Ferrari estime avoir franchi un cap important en matière de performance au cours des dernières courses, au point de se retrouver en position de remporter le Grand Prix de Mexico.

"De notre côté, c’est très difficile à digérer car on a fait un très bon travail, un gros pas en avant en performance depuis plusieurs courses. C’est la troisième ou quatrième course consécutive durant laquelle on marque plus de points que toutes les autres équipes."

Vasseur ne comprend toujours pas comment ses deux pilotes ont pu laisser échapper une victoire alors qu’ils occupaient les deux premières positions au début de l’épreuve.

"Aujourd’hui, on était premiers et deuxièmes et je ne comprends pas comment on peut perdre cette course. C’est difficile en termes de respect pour nous, pour l’équipe, pour le travail des gens à l’usine qui travaillent jour et nuit, et il faut garder ça à l’esprit."

Vasseur peine à accepter une victoire perdue

Pour le directeur de Ferrari, la frustration ne se limite pas au résultat sportif. Elle concerne également le travail accompli par l’ensemble de la Scuderia pour permettre à ses pilotes de disposer d’une monoplace capable de se battre aux avant-postes.

"Je pense qu’il s’agit simplement d’une question de respect, comme je l’ai dit après la course. Le respect envers la marque, les sponsors, l’équipe, et les personnes qui travaillent d’arrache-pied à l’usine. Je crois que nous sommes en train de progresser en termes de performance ; nous avons franchi une étape importante, fruit du travail acharné, jour et nuit, de nos équipes sur place, et, honnêtement, il m’est difficile d’accepter de laisser échapper une victoire de cette manière."

Vasseur a confirmé qu’il entendait discuter avec ses pilotes, mais reconnaît avoir encore besoin de temps pour digérer ce qui s’est passé.

"J’aurai l’occasion d’en discuter avec eux, mais, très honnêtement, je suis un peu abattu. Il me faudra du temps pour digérer tout cela."

Interrogé sur la colère de Lewis Hamilton, qui a ouvertement critiqué l’attitude de Charles Leclerc et réclamé des discussions sérieuses en interne, Vasseur a reconnu comprendre sa frustration.

Il refuse toutefois de commenter publiquement les reproches formulés par l’un ou l’autre de ses pilotes.

"Oui, mais je discuterai des propos de Lewis avec Lewis, et de ceux de Charles avec Charles."

Charles Leclerc a notamment estimé que les caractéristiques du circuit mexicain avaient contribué à leur incident, les deux pilotes ayant quitté la piste aux virages 4 et 5 en se disputant la tête de la course.

Vasseur reconnaît que la configuration du tracé, notamment les limites de piste, peut compliquer certaines situations. Mais il refuse d’en faire une justification.

"Non. Le tracé du circuit n’aide pas, c’est certain, avec les limites de piste et tout ça, on a d’ailleurs rencontré ce genre de problème ces dernières années, mais cela ne peut en aucun cas servir d’excuse."

Le directeur de Ferrari considère donc que les circonstances du premier tour ne doivent pas faire oublier la responsabilité des pilotes dans la gestion de leur affrontement.

Pourquoi Leclerc n’a pas rendu sa position à Hamilton

Vasseur a également apporté des précisions sur la décision de Charles Leclerc de ne pas restituer immédiatement sa position à Lewis Hamilton après avoir coupé le virage 5.

Le Monégasque avait expliqué avoir envisagé de laisser repasser son coéquipier, mais la situation s’était compliquée lorsque Max Verstappen s’était intercalé entre les deux Ferrari.

Vasseur révèle qu’un autre facteur a joué : le décalage entre les images de la retransmission télévisée et la situation réelle en piste.

Selon lui, ce délai a considérablement réduit le temps disponible pour analyser l’incident et prendre une décision avant la limite fixée par la direction de course.

"Ce n’était pas très clair. Nous avons discuté avec la direction de course, mais il faut agir avant le virage 11. Il y a un décalage de cinq secondes entre les images télévisées et la réalité. Cela signifie que, lorsque l’on s’en rend compte, la voiture est déjà au niveau du virage 11."

"Le règlement est pourtant clair : dans ce genre de situation, la position doit être rendue avant le virage 11. Nous avions convenu, avant la course, que les pilotes devaient gérer cela par eux-mêmes ; par exemple, pour une infraction commise au virage 1, la position doit être rendue avant le virage 4. Or, au moment où la voiture atteint le virage 4, nous n’avons même pas encore vu l’incident à la télévision."

Ces explications permettent de mieux comprendre pourquoi Ferrari n’a pas demandé immédiatement à Leclerc de céder sa place, même si elles ne remettent pas en cause la pénalité de cinq secondes finalement infligée au Monégasque.

Pas besoin de nouvelles règles, mais de respect

Depuis le Grand Prix d’Italie à Monza, Hamilton réclame l’établissement de règles d’engagement plus précises pour encadrer les affrontements entre les deux pilotes Ferrari.

Après Mexico, le Britannique a de nouveau insisté sur la nécessité de clarifier les limites à ne pas dépasser lorsqu’une victoire est en jeu.

Mais Vasseur ne semble pas convaincu que la solution consiste à multiplier les consignes préalables.

Pour le directeur de la Scuderia, les pilotes doivent avant tout comprendre que les intérêts de l’équipe passent avant leurs ambitions individuelles.

"On pourrait en débattre pendant des heures, mais ce n’est pas le genre de chose dont on discute en amont, pour savoir s’il faut se placer à droite ou à gauche. Pour moi, tout se résume à une seule chose : le respect."

"Ne pas faire passer leurs objectifs personnels avant ceux de l’équipe, c’est précisément ce qu’implique le respect : ils ne travaillent pas pour eux-mêmes, mais pour un collectif, pour de nombreux partenaires, et pour les 2 000 employés de l’entreprise. Ces personnes ont travaillé jour et nuit pour développer les évolutions techniques ; il ne faut jamais l’oublier."

Au-delà des discussions à venir, Vasseur revient toujours au même constat : Ferrari possédait une occasion majeure de remporter le Grand Prix de Mexico et l’a laissée échapper.

Il rappelle que les deux voitures occupaient les premières places au virage 4, sur un circuit où les dépassements sont particulièrement difficiles.

Pour le Français, cette position aurait dû permettre à la Scuderia de contrôler la suite de la course.

"Ce que je retiens, c’est le résultat. Le résultat, c’est que la victoire était à notre portée ; nous occupions les deux premières places au Mexique, alors qu’il n’y avait sans doute pas eu de dépassement à cet endroit-là depuis 1972 ! Honnêtement, je suis un peu frustré, car nous avons réalisé une réelle progression en termes de performance lors des dernières courses. Nous occupions les deux premières places au virage 4. Quand on est premier et deuxième au virage 4, on n’imagine pas ne pas remporter la course. Et pourtant, c’est ce qui est arrivé."

"Nous discuterons de ce qui s’est passé au sein de l’équipe et veillerons à ce que tout soit clair pour la suite. Nous mettons désormais le cap sur São Paulo, où nous tenterons de décrocher la victoire. À cet égard, il est positif que la prochaine course arrive si rapidement."


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