Mercedes F1 détaille le fonctionnement de l’aéro active et des modes moteur

Plusieurs systèmes pour provoquer des dépassements en 2026

2 février 2026 - 14:33
Mercedes F1 détaille le fonctionnement de l’aéro active et des modes moteur

Mercedes F1 a lancé officiellement sa saison 2026 ce lundi avec une présentation de la W17, que l’on avait vue dans des visuels 3D avant qu’elle prenne la piste à Barcelone. L’accomplissement d’une quantité colossale de travail, puisque la voiture a un nouveau châssis, un nouveau moteur, et un fonctionnement aéro différent.

Pour James Allison, le directeur technique de l’équipe, ce changement est en tout cas le plus important qu’il ait connu, et il a ainsi fallu travailler d’arrache-pied pour comprendre comment développer au mieux cette nouvelle monoplace.

"Je ne sais pas si c’est le plus gros changement de l’histoire en F1, mais c’est le plus gros changement que j’ai vu depuis 35 ans que je fais cela. Un nouveau moteur, un nouveau châssis, de nouveaux pneus, et un changement sur l’unité de contrôle électronique" a déclaré Allison.

"Du côté du châssis, il fallait améliorer l’efficience du châssis en réduisant son poids, en amenant de l’aéro active pour améliorer son efficience. C’est un énorme changement. Normalement, on ne fait qu’une chose à la fois, châssis, moteur ou pneus, mais tout à la fois, c’est un énorme travail."

"Cela a engendré une période intense de conception et de développement au cours des 12 à 18 derniers mois. La voiture peut sembler globalement similaire à un œil non averti, mais sous cette apparence, c’est une machine totalement nouvelle."

"La pression pour retarder la validation finale et poursuivre la conception aussi longtemps que possible est immense. Parallèlement, le calendrier nous met la pression : les essais hivernaux commencent plus tôt et comprennent plus de séances que ces dernières années, si bien que les délais de production ont pesé lourd sur l’hiver."

"C’est une véritable course avant même le début de la compétition. Nous espérons avoir fait preuve du courage et de l’engagement nécessaires à la réussite de ce projet. Nous avons pris les meilleures décisions possibles lors de la phase de conception, et nous continuerons d’innover sans relâche maintenant que les voitures sont en piste."

Malgré la quantité de travail abattue pour lancer cette réglementation, Allison a apprécié cette période : "Personnellement, j’apprécie ces moments. Les changements de réglementation sont le moteur de l’innovation en Formule 1."

"Ils remettent en question toutes nos certitudes, nous obligent à penser différemment et récompensent le travail d’équipe et l’ingéniosité. Ils sont source de stress intense, mais aussi d’opportunités. Si nous sortons de cette transition avec une voiture compétitive, ce sera l’une des plus grandes satisfactions que l’on puisse espérer."

Cependant, le travail sur le moteur n’a pas débuté à une date précise, car le règlement a été mis en place au fil du temps par les équipes, la Formule 1 et la FIA, et c’est ce qui a lancé progressivement ce projet.

"Tout n’arrive pas d’un coup, les réglementations arrivent via un processus évolutif, et on en discute, on contribue à ces changements, et quand la réglementation se cristallise, on voit où il faudra travailler pour que tout s’accumule jusqu’au lancement."

Comment fonctionne l’aérodynamique active ?

Allison a également décrit le fonctionnement de l’aérodynamique active sur les nouvelles voitures, et sur la manière dont le déclenchement des ailerons se fera. Le grand principe est une liberté totale d’utilisation, mais aussi un aileron avant mobile qui permet de déclencher bien plus tôt l’abaissement des ailerons.

"C’est une des choses qui vont attirer de la discussion autour de la voiture. Ce sera très visuel, visible dans chaque ligne droite, donc on va en discuter. Et le plus facile d’en parler, c’est de se pencher sur l’ancienne réglementation."

"Car la manière dont ça fonctionne à l’arrière n’est pas très différente du DRS. Il y a une ailette qui s’abaisse et qui offre moins de résistance. Mais ce qui change le plus, c’est la manière dont c’est utilisé."

"Avec le DRS, on ne pouvait l’utiliser qu’à une seconde de la personne qu’on suivait et seulement sur certaines lignes droites. L’aéro active peut être utilisée à chaque ligne droite, sur chaque circuit, à chaque tour, et avec chaque voiture. Ce n’est pas dépendant d’être près d’une autre voiture."

"Cela permet d’améliorer l’efficience le maximum. A l’avant, ça ne change pas vraiment la traînée quand on baisse les ailettes. Mais quand on baisse l’aileron arrière, cela change l’équilibre, et en baissant l’avant, le point de pression où l’appui fonctionne, donc la maniabilité de la voiture, ne change pas."

"Cela permet donc de baisser ces ailerons plus tôt dans les lignes droites, par rapport à ce qu’on aurait fait avant. Quand il n’y avait que l’aileron arrière, on devait attendre que la voiture aille vite et qu’elle soit stable pour le supporter. Si vous les faites baisser ensemble, vous pouvez le faire plus tôt et vous gagnez en efficience."

Overtake, boost : les moteurs 2026 évoluent

Mais l’aérodynamique ne sera pas le seul variateur sur les performances de la voiture, puisque le moteur sera aussi possible à faire évoluer au fil du tour. Pas de liberté en revanche de ce côté, car il faudra être à une seconde de la voiture qui précède, ce qui n’est pas sans rappeler l’ancien DRS.

"Le mode dépassement est un peu comme un DRS dans un sens, mais totalement différent dans un autre. Ce qui est similaire, c’est qu’on ne l’a que quand on chasse une voiture et qu’on est à moins d’une seconde."

"Ce qui est différent, c’est que ça n’a rien à voir avec l’aérodynamique, mais que ça concerne le système hybride et la gestion d’énergie. Cela donne l’opportunité, si l’équipe le peut, d’accumuler davantage d’énergie en ligne droite, et de l’utiliser pour attaquer la personne devant."

"C’est une chose utile pour dépasser, ce n’est pas aussi utile que le DRS mais il y a d’autres choses utiles pour dépasser dans la voiture. Il y a une chose appelée le boost, et si le pilote appuie dessus, ça annule toute la gestion automatisée de la voiture, et ça lui donne l’ensemble de la puissance électrique, en parallèle de la puissance du moteur thermique."

"Bien sûr, on peut payer ensuite un prix plus tard dans le tour en ayant fait ça car vous n’avez plus d’énergie alors que votre rival en a accumulé. Mais ça fera partie des choses que les pilotes devront apprendre."

Mais malgré de telles nouveautés, la Formule 1 a accouché d’une copie très impressionnante au global, puisque les équipes ont pu aligner des milliers de kilomètres à Barcelone la semaine dernière.

"La plus grosse surprise, et je pense que c’est vrai pour nos rivaux, est le niveau de fiabilité que l’on a vu sur toute la grille. Avec le niveau de changement, on s’attendait à voir une symphonie de drapeaux rouges et de véhicules fumants, mais ça n’est pas arrivé."

"La fiabilité de ces voitures a été très bonne, voire meilleure que les essais de l’an dernier alors que les voitures étaient plus matures. C’est une très bonne surprise, et cela signifie que l’on peut commencer la saison en se concentrant sur la compétition, plutôt que sur le fait de devoir corriger des problèmes."


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