Le GP des Pays-Bas F1 arrêté... avec un dividende de 20 millions d’euros qui interroge

Zandvoort invoque l’incertitude mais puise massivement dans ses réserves

Auteur : Franck Drui
2 février 2026 - 10:51
Le GP des Pays-Bas F1 arrêté... avec un dividende de 20 millions d’euros qui interroge

La décision de mettre un terme au Grand Prix des Pays-Bas après 2026 fait l’objet de nouvelles interrogations. En cause : la révélation selon laquelle les actionnaires du projet de Zandvoort se sont versé un dividende de 20 millions d’euros, alors même que des incertitudes financières étaient invoquées pour justifier la non-prolongation du contrat avec la Formule 1.

La F1 se rendra cette année à Zandvoort pour la dernière fois, du moins à court terme, mettant fin à une série de six éditions très populaires depuis le retour de l’épreuve en 2021. Les organisateurs ont à plusieurs reprises expliqué que la hausse des coûts, le risque d’une baisse de fréquentation et l’absence de subventions gouvernementales rendaient la poursuite de l’événement économiquement non viable au-delà de 2026.

Cependant, selon des informations révélées par le média néerlandais RTL Z, les actionnaires du Grand Prix ont procédé en 2024 à une distribution de 20 millions d’euros prélevés sur les réserves financières de l’événement. Une somme conséquente, représentant une part importante du matelas de sécurité, alors que la viabilité à long terme du GP était publiquement remise en question.

Le directeur de course, Robert van Overdijk, avait précédemment souligné que la rentabilité de l’épreuve reposait sur une fréquentation maximale et régulière.

"Trois éditions consécutives à guichets fermés sont essentielles pour que nous restions rentables," expliquait-il.

"C’est un équilibre très fragile. Une baisse ponctuelle n’est pas dramatique, mais nous ne pouvons pas nous permettre d’attirer systématiquement moins de visiteurs."

D’après les documents financiers consultés par RTL Z, l’organisation du Grand Prix en 2024 aurait coûté environ 70 millions d’euros. Malgré cela, les réserves disponibles en fin d’exercice ne s’élevaient plus qu’à 3,8 millions d’euros, conséquence directe du versement des 20 millions aux actionnaires.

Face aux critiques, l’organisation du GP des Pays-Bas a tenu à défendre cette décision, estimant que le dividende était proportionné aux risques assumés.

"En ce qui concerne le risque entrepreneurial, le versement de dividendes – qui n’a eu lieu que pour la première fois – est dérisoire en comparaison des coûts annuels et des risques liés à l’organisation du Grand Prix des Pays-Bas," a déclaré un porte-parole.

Les organisateurs ont également précisé que ces 20 millions d’euros couvraient l’ensemble des éditions jusqu’à et y compris celle de 2024, tout en refusant d’indiquer si un nouveau dividende avait été versé au titre de l’édition 2025.

Même si le Grand Prix tenu à Zandvoort n’a bénéficié d’aucune aide publique et sa relance a été entièrement gérée par des fonds privés, un tel dividende qui représente presque le prix du plateau à acquitter auprès de la FOM pose question. Rapporté à chaque édition, cela fait un bénéfice d’environ 3,5 millions d’euros par an en moyenne pour les actionnaires qui ont pris le risque de relancer la course. Justifié ou contestable selon la position que l’on prend...


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