L’asphalte est-il la clé pour voir des F1 rouler sous la pluie ?
Alonso et l’ingénieur en chef de Pirelli se rejoignent sur ce sujet
Alors que Pirelli est souvent pointé du doigt pour les problématiques de roulage sous la pluie, la qualité de l’asphalte devient aussi un sujet important. Il convient tout d’abord de relativiser le problème de la pluie en F1, puisque c’est surtout en Belgique qu’il y a des retards et interruptions à répétition.
Fernando Alonso avait expliqué après le GP à Spa-Francorchamps que les nouveaux asphaltes, plus sombres, provoquent un effet miroir quand ils sont mouillés qui n’aide en rien les pilotes à avoir une bonne visibilité.
"Je pense que les pneus larges ont clairement réduit la visibilité. Et probablement que certains asphaltes des circuits sont un peu différents de ce qu’ils étaient par le passé. Parce que nous avons couru avec beaucoup d’eau à Sepang [Malaisie] et que cela s’est toujours bien passé" avait déclaré Alonso.
Le double champion du monde oubliait néanmoins l’édition 2009, arrêtée après 33 des 56 tours prévus initialement pour cause de pluie trop forte, et jamais relancée puisque la pluie n’avait pas cessé avant la tombée de la nuit.
"Et maintenant, cette nouvelle génération d’asphalte, qui est très noir et très adhérent par temps sec, est comme un miroir par temps humide. Et oui, la visibilité n’est pas bonne. Mais je ne sais pas ce que nous pouvons faire là-bas ni ce que les pneus peuvent faire sur un revêtement très rugueux."
"Et même sur certaines autoroutes, j’ai dit à plusieurs reprises que certaines autoroutes ne produisent aucune projection. Donc, si nous mettons en place ce revêtement sur tous les circuits comme règle normale, nous n’aurons aucune projection."
"Cela entraînera probablement une dégradation importante dans des conditions sèches, je ne sais pas. Mais nous pourrons alors travailler à partir de ce thème et avoir un point de départ. Mais je ne suis qu’un pilote."
L’ingénieur en chef de Pirelli, Simone Berra, explique que l’asphalte des circuits pourrait jouer un rôle plus important que celui qu’est le sien actuellement. Il préconise des rainures dans la surface pour drainer l’eau hors de la piste.
"Lorsque nous avons discuté avec les fournisseurs de tarmac de la porosité de la surface de la piste afin de mieux évacuer l’eau, je pense que la situation n’est pas pire que par le passé. En général, je pense que la situation s’est légèrement améliorée" a déclaré Berra.
"Évidemment, lorsqu’il pleut fortement, il n’y a rien que l’on puisse faire pour réduire le niveau d’eau. Mais je pense qu’il y a encore des choses à faire pour améliorer l’écoulement de l’eau stagnante dans certaines parties des pistes."
"Par exemple, à Interlagos et à Spa, sur la ligne droite de départ/arrivée, il y a des rainures qui améliorent considérablement la situation. Mais le problème avec ces rainures, c’est qu’elles ne permettent pas vraiment de créer des fréquences élevées, car cela provoque un comportement du pneu qui peut le faire surchauffer."
L’Italien est toutefois clair sur le fait qu’en ce qui concerne la contribution des pneus au problème des projections d’eau, il n’y a rien à faire pour améliorer la situation, car réduire la quantité d’eau évacuée par les pneus pluie ne ferait qu’augmenter le risque d’aquaplaning.
"La FIA a testé les garde-boue lors de certains essais, mais la visibilité ne s’est pas améliorée. La FIA est donc consciente que ce n’est pas la solution, et que l’eau ne provient pas seulement des pneus, mais aussi du sol."
"Du point de vue des pneus, notre objectif est d’éviter tout aquaplaning. Il est donc évident que nous ne pouvons pas vraiment développer un pneu qui risquerait de subir un aquaplaning dans les lignes droites."
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