’Impossible de lui parler’ : Hill raconte Frank Williams

Le champion 1996 dévoile les coulisses d’une relation glaciale

Auteur : Franck Drui
22 mars 2026 - 16:18
’Impossible de lui parler’ : Hill raconte Frank Williams

Damon Hill n’a jamais caché la complexité de sa relation avec Frank Williams. Champion du monde 1996 avec l’écurie britannique, le pilote anglais a pourtant reconnu qu’il lui avait été quasiment impossible d’avoir une véritable conversation avec celui qui dirigeait l’équipe.

Dans un entretien accordé au Guardian, Damon Hill est revenu sur cette relation pour le moins atypique avec le cofondateur de Williams F1.

"Je n’ai jamais réussi à avoir une conversation avec Frank," confie Hill.

"Les gens disaient qu’ils avaient parlé avec lui et que c’était très agréable, et moi je répondais : ’Vraiment ?’ Je n’arrivais pas à lui arracher deux mots, ça s’arrêtait net et il fixait sa tasse de thé. Je finissais par demander : ’Vous voulez que je parte maintenant ?’ Vraiment..."

Un contraste saisissant avec l’image publique d’un dirigeant respecté et admiré dans le paddock, mais dont la communication interne pouvait se révéler déroutante, y compris pour ses propres pilotes.

Arrivé en Formule 1 avec la modeste équipe Brabham, Hill rejoint Williams comme pilote d’essais avant d’être titularisé en 1993. Un choix qui s’avérera payant : il décroche le titre mondial en 1996, avec 21 de ses 22 victoires en Grand Prix obtenues sous les couleurs de l’écurie britannique.

Mais paradoxalement, cette saison couronnée de succès sera aussi sa dernière chez Williams. L’équipe choisit en effet de se séparer de lui pour recruter Heinz-Harald Frentzen, appelé à épauler Jacques Villeneuve.

Avec le recul, Hill adopte une vision nuancée de cette décision.

"On ne peut pas condamner quelqu’un pour ce genre de choix quand il dirige une énorme entreprise."

Si la séparation a été difficile, Hill révèle que Frank Williams a fini par reconnaître, a posteriori, qu’il s’agissait d’une erreur.

"Je pense qu’il ressentait quelque chose – pas des remords, mais un certain malaise d’avoir fait ça," explique Hill.

"Plus tard, il m’a dit quelque chose comme : ’On aurait dû te garder’. C’était un peu tard, mais j’ai apprécié."

Et surtout, le Britannique a reçu un compliment qu’il considère comme particulièrement significatif venant de son ancien patron.

"Il a dit de bonnes choses sur moi après mon départ. Il m’a qualifié de ’dur à cuire’, ce qui est un compliment venant de Frank."

Après son départ de Williams, Hill rebondit en 1997 chez Arrows, avant de rejoindre l’équipe d’Eddie Jordan.

C’est avec cette dernière qu’il signe l’un des moments forts de la fin de sa carrière, lors du Grand Prix de Belgique 1998. Hill y mène un doublé historique pour Jordan devant son équipier Ralf Schumacher, sommé de conserver sa position.

Un épisode qui déclenche d’ailleurs une vive tension en coulisses, lorsque Michael Schumacher – déjà furieux après son accrochage avec David Coulthard – se confronte à Eddie Jordan dans le motorhome de l’équipe pour avoir donné un tel ordre à son frère !


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