’Ce moteur Red Bull sera une merde !’ : Horner ressort une prédiction de Wolff

L’ancien patron précise aussi ses propos sur Ferrari

’Ce moteur Red Bull sera une merde !’ : Horner ressort une prédiction de Wolff
Auteur : Franck Drui
13 octobre 2026 - 09:28

Christian Horner n’a visiblement rien perdu de son goût pour la confrontation avec Toto Wolff. L’ancien directeur de Red Bull a profité des premières victoires d’un groupe propulseur Red Bull-Ford en Formule 1 pour adresser une nouvelle pique à son ancien rival chez Mercedes, rappelant les critiques particulièrement sévères que celui-ci aurait formulées sur le projet moteur de l’écurie autrichienne. Dans un entretien accordé au Guardian, le Britannique est également revenu sur l’influence de Wolff sur McLaren, l’importance des rivalités en sport et ses récentes déclarations concernant Ferrari.

La première victoire à Sepang du groupe propulseur Red Bull-Ford, suivie d’une autre à Singapour, constitue une étape importante pour le programme moteur lancé sous l’impulsion de Christian Horner. Même s’il ne dirige plus l’écurie de Milton Keynes, le Britannique reste étroitement associé à la naissance de ce projet industriel, dont la réussite avait suscité de nombreuses interrogations au moment de son lancement.

Horner avait décidé de créer la division Red Bull Powertrains après l’annonce du retrait de Honda en tant que constructeur de groupes propulseurs à la fin de la saison 2021. Le motoriste japonais a depuis fait son retour officiel en Formule 1 cette année, dans le cadre de son nouveau partenariat avec Aston Martin.

À l’époque, Red Bull avait exploré différentes possibilités pour assurer son avenir sur le plan moteur, mais Mercedes avait systématiquement refusé de lui fournir ses groupes propulseurs.

Cette situation avait contribué à pousser l’équipe autrichienne vers la conception de son propre moteur, un défi technique et industriel considérable pour une structure qui n’avait jusque-là jamais développé intégralement son groupe propulseur.

Et selon Horner, Toto Wolff n’avait guère confiance dans les chances de réussite de cette initiative.

Interrogé par The Guardian après le succès du groupe propulseur Red Bull-Ford, l’ancien dirigeant britannique a affirmé que son homologue de Mercedes avait prédit un échec retentissant au projet.

"Il avait dit que ce moteur Red Bull serait une véritable merde et un désastre," a déclaré Horner.

Une affirmation particulièrement virulente qui illustre la persistance de la rivalité entre les deux hommes, même après le départ de Horner de Red Bull.

Le Britannique considère cette première victoire comme une réponse aux doutes exprimés par Wolff sur la capacité de Red Bull à devenir un motoriste compétitif.

Le projet Red Bull-Ford représentait en effet un changement majeur dans l’histoire de l’écurie, qui devait acquérir des compétences industrielles et techniques entièrement nouvelles pour rivaliser avec des constructeurs disposant de plusieurs décennies d’expérience dans le développement de moteurs de Formule 1.

Horner a admis avoir été particulièrement blessé de ne pas être présent lorsque le moteur conçu par Red Bull a enfin remporté une victoire.

"J’ai ressenti une grande peine et un sentiment d’injustice de ne pas avoir eu l’occasion de voir ce moteur Powertrains gagner."

Après la récente victoire de Max Verstappen, Horner a indiqué avoir envoyé un message à son ancien pilote.

"J’étais très fier de voir ce que cela représentait pour tout le monde. Cela m’a confirmé que si l’on réunit les bonnes personnes, la bonne culture et les outils nécessaires, tout est possible."

Mais Horner ne s’est pas limité à rappeler les critiques de Wolff. Il a également évoqué la position actuelle du directeur de Mercedes dans le paddock, estimant que celui-ci bénéficiait d’une situation relativement confortable face à ses principaux concurrents.

Pour Horner, Toto Wolff ne rencontre plus aujourd’hui le même niveau d’opposition personnelle et politique que durant les années de confrontation entre Mercedes et Red Bull. Il estime notamment que Zak Brown, le PDG de McLaren Racing, ne dispose pas d’une liberté totale pour s’opposer frontalement au patron de Mercedes.

Bien que McLaren ait remporté les deux derniers titres mondiaux des constructeurs, l’équipe britannique utilise toujours les groupes propulseurs fournis par Mercedes, ce qui créerait, selon Horner, une forme de dépendance susceptible de limiter les tensions entre les deux dirigeants.

"Toto a la vie plutôt facile en ce moment. Zak Brown est dans une position délicate parce qu’il utilise le moteur de Toto, donc il ne peut pas faire de vagues."

Horner considère que les confrontations entre personnalités fortes sont pourtant essentielles à l’intérêt du sport et peuvent également devenir un outil de motivation à l’intérieur d’une équipe. Il a ainsi comparé sa rivalité avec Wolff à plusieurs oppositions célèbres du football, notamment celles entre Alex Ferguson et Arsène Wenger, ou entre José Mourinho et Pep Guardiola.

"Tous les sports ont besoin de rivalités, qu’il s’agisse de Ferguson et Wenger, ou de Mourinho et Guardiola. Cela se diffuse et polarise les opinions. J’ai utilisé cette rivalité pour fédérer des personnes talentueuses et les pousser à affronter Mercedes."

Christian Horner a aussi multiplié les entretiens ces dernières semaines à l’occasion de la promotion d’un livre à paraître. Ses différentes prises de parole ont notamment relancé les spéculations sur son avenir en Formule 1, en particulier après des déclarations concernant son éventuel intérêt pour la direction de Ferrari.

Certains de ses commentaires avaient été interprétés comme l’expression d’une volonté de prendre les commandes de la Scuderia, actuellement dirigée par Frédéric Vasseur.

Mais Horner assure que ses propos ont été sortis de leur contexte et qu’ils ne doivent pas être considérés comme une critique du travail accompli par le Français.

"Fred Vasseur est quelqu’un d’expérimenté. Il a fait du bon travail. Mais je sais mieux que quiconque quelles sont les pressions liées à la direction d’une organisation compétitive. Mes propos ont été sortis de leur contexte."

Horner a toutefois précisé que sa priorité irait vers un autre type d’opportunité.

"J’ai accumulé des ressources considérables pour envisager ma prochaine étape dans ce sport. Cela impliquerait d’être propriétaire, or Ferrari ne compte pas vendre d’actions. Je suis donc prêt à rester en retrait et à voir quelles opportunités se présenteront dans les mois ou années à venir."

"Je ne reviendrais jamais juste pour faire de la figuration."

Horner a également réaffirmé n’avoir jamais reçu d’explication claire sur les raisons de son éviction par Red Bull.

"Je pense qu’il y avait le sentiment que j’avais trop de pouvoir entre les mains. Mais on ne m’a pas vraiment donné de raison précis."

Interrogé sur le rôle éventuel de la famille Verstappen, il a répondu : "Non, c’était une décision de Red Bull. Après le décès de Dietrich, la direction a changé."

Il a néanmoins laissé entendre que Red Bull avait changé depuis son départ.

"Red Bull a toujours été l’écurie rebelle. Son credo était d’être anticonformiste, de jouer les trublions. C’est un peu différent aujourd’hui."

Quant aux performances de son remplaçant, Horner a commenté : "C’est moi qui ai recruté Laurent Mekies, mais je ne peux pas juger sa façon de travailler."

Horner a enfin confié que "les gens, l’équipe et la compétition en Formule 1 me manquent, mais pas les voyages et la politique."

"Mais pour l’instant, la seule chose qui me motive et me passionne vraiment, c’est la Formule 1."


Comment suivre au mieux l’actualité de notre site ?

Vous appréciez nos actus ? Alors sélectionnez Nextgen-Auto.com comme source privilégiée sur Google, pour voir davantage de news F1 de ce site dans vos résultats d’actualités. Vous ne manquerez plus aucune information et serez parmi les premiers à lire nos interviews et analyses.

S’abonner est simple : il vous suffit de cliquer sur ce lien et de cocher les sources Nextgen-Auto.com.

Vous pouvez aussi vous abonner à notre chaîne WhatsApp Nextgen-Auto.com pour recevoir en temps réel les "breaking news" et quelques informations exclusives avant leur publication !

Nous suivre sur notre Profil Google afin que nos news vous soient présentées en priorité dans votre fil d’informations sur votre smartphone ! Il suffit de cliquer sur "Suivre sur Google".


Partage

redbull_58_-2.jpg